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tence, n'en est guère que le néant 1 . C'est ce que M. Ravaisson résume très bien en deux phrases. « Le matérialisme, en s'imaginant arriver, par voie de simplification analytique, de l'accidentel à l'essentiel, ne fait que tout réduire aux conditions les plus générales et les plus élémentaires de l'existence physique, qui sont le minimum de la réalité. L'idéalisme, en voulant arriver, par la généralisation qui élimine comme accidentels les caractères spécifiques et différentiels, à ce qu'il y a de plus élevé dans l'ordre intelligible et à l'idéal de la perfection, ne fait que tout réduire, par une marche contraire à celle qu'il a cru suivre, aux conditions logiques les plus élémentaires, qui sont le minimum de la perfection *. »
A la place de la synthèse dialectique, dont l'impuissance a été constatée par les expériences faites de tout temps, M. Ravaisson propose, avec l'autorité d'Aristote et de Leibniz, la synthèse psychologique comme la seule méthode métaphysique propre à l'intuition du véritable absolu. Rien de plus simple que cette méthode. Cet absolu, qui ne réside réellement ni dans l'élément physique, ni dans l'abstraction logique, où peut-il se trouver sinon dans le parfait? Et qui nous donne le type déterminé de la perfection, sinon la conscience de notre nature intime, c'est-à-dire de notre pensée, ce qu'il y a de plus excellent dans notre nature, ce qui est, comme tel, le principe et la raison de tout le reste, dans l'organisme si complexe de la vie humaine? Mais, si c'est la perfection de notre pensée qui est la cause de tout ce qui se passe en nous, cette perfection relative a elle-même sa cause dans la perfection absolue. « En résumé, c'est par une opéra-
i.Ibid., p. 241-242.