‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 39 sur 86 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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sa perfection, puisse jamais en sortir pour créer le monde? Comment M. Ravaisson s'y prendra-t-il pour concilier l'activité purement interne de la nature divine avec l'opération extérieure de la création : problème qui a fait le tourment de Malebranche, de Leibniz, de Lamennais, de tous les philosophes ou théologiens qui ont voulu éviter recueil du panthéisme? Voici tout ce que M. Ravaisson peut imaginer pour dissiper les ombres d'un pareil mystère : « Dieu a tout fait de rien, du néant, de ce néant relatif qui est le possible : c'est que ce néant, il en a été d'abord l'auteur, comme il l'était de l'être; de ce qu'il a annulé en quelque sorte et anéanti de la plénitude de son être (se ipsum exinanivit), il a tiré, par une sorte de réveil et de résurrection, tout ce qui existe * . » Dieu auteur du néant, la création expliquée par une sorte d'anéantissement suivi d'un réveil et d'une résurrection, voilà, que M. Ravaisson nous permette le mot, de cçs subtilités par trop alexandrines, qui doivent rendre l'école spiritualiste indulgente pour toutes les énormités du panthéisme. Plus clair du moins pour l'imagination, sinon pour l'intelligence, le grand Leibniz avait résolu le mystère de la création dans une métaphore, en faisant de l'acte créateur un éclair de la lumière divine, fulguratio.

Que fait donc ici M. Ravaisson, l'éminent penseur moderne, sinon replonger la pensée contemporaine dans les obscurités de la théologie orientale? C'est ce qu'il avoue, du reste, en véritable alexandrin. « Ce fut dans presque tout l'Orient, et depuis un temps immémorial, un symbole ordinaire de la Divinité que cet être mystérieux, ailé, couleur de feu, qui se consumait, s'anéantissait lui-même pour renaître de ses

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