Emile Saigey, La physique moderne, p
consiste dans l'énergie de m 1 .» Un chimiste éminent, Henri Sainte-Claire Deville, a déclaré que, lorsque les corps réputés simples se combinent les uns avec les autres, ils sont individuellement anéantis. M. Berthelot affirme que les atomes des corps simples pourraient tous avoir la même matière, avec la seule diversité des mouvements qui les animent. La théorie chimique des équivalents, fondée sur l'expérience, ne donne-t-elle pas raison à cette opinion? La loi des proportions est telle, qu'avec des éléments différents elle maintient les mêmes propriétés. Ne devient-il pas de plus en plus évident que les corps simples ne diffèrent pas substantiellement, et que les particularités qui les distinguent peuvent être attribuées, soit à la proportion, soit à la direction des molécules élémentaires? Il n'est donc pas nécessaire de maintenir la différence essentielle des propriétés pour expliquer la diversité des phénomènes. Quelle simplification pour la science de la nature !
Tel est Téther, véhicule certain des phénomènes lumineux, cause probable des mouvements de l'attraction universelle? C'est une force impondérable dont on ne connaît jusqu'ici que la prodigieuse mobilité. Ne serait-il pas le type de toute matière, le vrai principe matériel dont toute matière pondérable ne serait que la condensation? On n'en aura jamais la preuve par l'expérience ordinaire, Téther n'étant pas une substance qui puisse se peser dans la balance , si délicate qu'on l'imagine. Ce qui est certain, c'est que cette hypothèse semble une conséquence naturelle du principe de l'unité des forces. Elle n'est pas moins conforme à cette loi de concentration progressive qui fait qu'en toutes ses créations la Nature procède uniformément du simple au composé, de l'abstrait au concret, comme