Tyndall, Biographie de Faraday
parle la dialectique hégélienne. Le simple et l'abstrait, ce serait l'éther , type primordial de toutes ces forces dont le jeu a fait le Cosmos. Sans parler de cette considération de l'unité , qui ne doit jamais être invoquée comme une raison scientifique , il est difficile de comprendre que les mêmes principes de la mécanique générale ne s'appliquent point aux mouvements des forces impondérables aussi bien qu'aux mouvements des forces pondérables. Et alors, s'il n'y a qu'un code pour les mouvements, comme dit M. Saigey , il ne doit y avoir qu'une seule essence pour la matière. Les molécules de matière ordinaire nous apparaîtraient donc comme des agrégats d'atomes éthérés. C'est sous cette forme qu'il faudrait se représenter les molécules élémentaires des corps simples, du fer, du plomb, de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone. Les molécules de ces corps ne différeraient pas dans leur substance, mais seulement dans l'arrangement des atomes éthérés qui la composent '.
L'atome éthéré est-il le type le plus simple de la force que la pensée puisse concevoir ? S'il est lui-même un centre de forces , comme doivent être conçus les atomes de toute espèce, pondérables ou impondérables, ne peut-on pas supposer une matière encore plus simple qui remplirait l'espace tout entier? C'est un problème pour la solution duquel la science n'a aucune donnée, et qui d'ailleurs offre peu d'intérêt scientifique, puisque l'abstraction inintelligible du néant impose à la pensée l'absolue continuité de l'être. Peu importe donc de quelle manière il est possible de concevoir cette continuité.
Si l'imagination a peine à se figurer une substance éthérée qu'elle tend toujours à confondre avec le vide ; si la pensée , au contraire, dans son élan vers l'absolu ,