‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 69 sur 86 · Essai de philosophie religieus*, p · texte numérisé non relu

Essai de philosophie religieus*, p

lions d'une intelligence imparfaite, plus de borne, plus d'espace, plus de temps, plus de succession ; par conséquent, ni mémoire, ni raisonnement, ni induction, ni aucun de ces intermédiaires tout humains, entre la vérité infinie et une pensée finie, ni aucune de ces opérations laborieuses qui sont le tourment et la confusion de notre raison. 11 n'y a plus que la pure essence de la pensée, la pensée adéquate à l'être, l'intuition ayant conscience de soi , la pensée saisissant l'être et se saisissant elle-même. D'une part, une virtualité indéfinie tendant vers l'acte, sans pouvoir l'atteindre ; de l'autre, l'acte absolu, infini, excluant toute virtualité, tout effort, toute mesure, tout degré, tout intervalle entre lui et sa fin. Ce n'est pas là une différence de degré, mais de nature et d'essence : c'est la différence du temps à l'éternité, du fini à Tinfini, du relatif à l'absolu ! . » Et il termine son explication par cette pensée d'un ancien sage : « Non, par Jupiter, on ne me persuadera pas aisément que la pensée, l'âme, le mouvement et la vie n'appartiennent pas à l'être absolu, que cet être ne vit ni ne pense, et qu'il demeure immobile, immuable, étranger à l'auguste et sainte intelligence ! »

L'explication d'Emile Saisset lui a été visiblement inspirée par la formule d'Aristote : la pensée divine est la pensée de la pensée; et par toute la doctrine du maître, qui se résume dans cette autre formule : l'acte pur est l'être parfait. Spiritualisme profond qui, cherchant dans l'expérience le secret de l'essence des choses, mesure leur degré de perfection à leur degré d'action. Seulement, je n'ai jamais pu comprendre, autrement que comme une abstraction, la pensée, même parfaite, sans sujet pensant. Emile Saisset ne

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