‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 7 sur 86 · lbid · texte numérisé non relu

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C'est ainsi que Jacobi croit réfuter l'idéalisme de Fichte et de Kant, comparant les philosophes spéculatifs à des magnétiseurs qui cherchent à nous plonger dans un sommeil artificiel. « Celui à qui ses idées et les idées de ses idées font perdre de vue la réalité commence à rêver. L'homme peut former des abstractions, et leur donner une apparence d'existence en leur imposant des noms. Mais ces créations n'ont rien de commun avec celles qu'évoqua du néant la parole de l'Éternel. En nous attachant à ces fantômes, nous nous éloignons de la source de toute vérité, nous perdons Dieu, nous perdons la nature, nous nous perdons nousmêmes. La puissance d'abstraction s'accroît avec l'exercice, et il en résulte une clarté tellement éblouissante, que les choses elles-mêmes en sont éclipsées 1 . »

Contre cette espèce de somnambulisme spéculatif, Jacobi ne se contente pas d'invoquer le sens commun, le sentiment et la foi elle-même ; il finit par en appeler à la philosophie des monades, comme à la grande conjuratrice des fantômes idéalistes. Dans un dialogue où 1 interlocuteur de Jacobi, étonné de cette invocation, demande si le grand Leibniz n'a pas rêvé lui-même, notre philosophe lui répond : c L'harmonie préétablie repose sur un fondement très solide, à mon avis, et j'accorde une grande confiance aux monades, ainsi qu'aux idées innées. » Mais ceci n'est qu'un engouement passager pour des doctrines que la philosophie critique avait traitées avec quelque dédain. Le fond de la doctrine de Jacobi, si Ton peut donner ce nom à ce qui n'est guère qu'une éloquente protestation du sens commun, c'est une sorte d'empirisme élevé qui dérive toute connaissance du sentiment. Jacobi répète sans cesse que toute réalité nous est donnée par un mode quelconque

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