‹ Le nouveau spiritualismeChapitre 71 sur 86 · Essai de philosophie religieuse, p · texte numérisé non relu

Essai de philosophie religieuse, p

pleine possession de l'existence absolue 1 : mystère cette éternité sans durée; mystère cette immensité sans étendue; mystère cette vie divine, une et simple dans son infinité, qui pense, veut, agit en dehors de toutes les conditions de la pensée, de la volonté, de Faction. Quand la philosophie en est là, c'est pour elle un signe certain qu'il faut changer les termes du problème, si elle veut aboutir à une solution intelligible.

Si le philosophe qui a si bien connu, expliqué, jugé Spinosa, vivait encore, il est à croire qu'il eût abandonné, avec plusieurs de ses amis de l'école spiritualiste, toutes ces obscurités vraiment scolastiques pour la pleine et féconde lumière de la science. On ne discute plus guère, dans le sein de cette école, la distinction de l'éternité, de l'immensité divine, et de l'éternité, l'immensité, cosmique. On n'imagine plus une éternité sans durée, une immensité sans étendue, une infinité sans succession. On regarde comme des abstractions inintelligibles cette éternité, cette immensité, cette infinité concentrées en un point indivisible. Mais il est à croire qu'il fût resté fidèle à la doctrine qui comprend tout dans l'idée de perfection.

Le génie propre du spiritualisme est de se concentrer dans l'intuition du monde intérieur, tandis que le génie propre de l'idéalisme est de se livrer à la contemplation de l'être universel. Le spiritualisme de tous les temps a donc laissé à l'école idéaliste le concept de l'infini pour s'attacher de plus en plus au concept du parfait. C'est, en effet, dans la conscience seule que le spiritualisme trouve le type de la perfection. Je dis le type et non l'idéal, lequel est conçu sur le type de l'être imparfait, mais intelligent et libre qui nous est révélé par le sens intime. Toute la théologie de cette

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