Cheyne, Encyclopœdia biblica, I, col. 648; London
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
sens propre, a des significations très diverses : tige de roseau, d'où en général toute barre de bois, longue et droite, bâton droit, bâton ou règle à mesurer, ligne droite en parlant des rayons du soleil, les bâtons qui maintiennent le revers du bouclier, Tensuble du tisserand, les fléaux d'une balance, les colonnes d'un lit, etc. De l'idée de bâton à mesurer on passa à celle de chose mesurée. Les xavoveç 'Kr^^\^.oL'vo<^ désignaient une étendue de terrain mesurée. Du sens propre on arriva naturellement au sens métaphorique de mesure, règle, qui reçut chez les Grecs les diverses applications de règle, type, modèle, principe. Euripide parle du canon du beau, du jugement; Démosthène des canons des choses bonnes. Le Doryphore du statuaire Polyclète ayant été regardé comme un type de beauté, ses proportions devinrent la règle et l'on parla du canon de Polyclète. De même, il y eut le canon de la musique, [xou<7ixo; xavwv, appareil monocorde, qui servait de diapason ; le canon de la grammaire, modèles de conjugaison et de déclinaison. On appela ypovixol xavovEç les époques principales de l'histoire qui servent de points de repère pour les événements. Les grammairiens alexandrins appelaient xavovs; les collections des anciens écrivains grecs qu'ils regardaient comme des modèles.
On peut présumer que c'est de ces listes appelées xavoveç qu'est venue l'idée d'appeler xavwv la liste des écrits sacrés.
Dans la Bible, le mot est employé tantôt au sens propre, tantôt au sens métaphorique. Dans Michée, VII, 4, on lit : paSi^wv Itti xavovoç ev ^^jfxépa <jxo7ria;, marchant vers le compte à rendre dans leur jour d'espionnage. Dans Judith, XIII, 6, xavoiv signifie la colonne du lit d'IIolophcrne (Septante). Dans Psaume XVIII, 6, et Job, XXXVIII, 5, Aquila a ivaduit qaç, ligne,
SIGNIFICATION DU TERME CANON
règle par xavwv. Dans IV Macchabées, Vil, 21, il est parlé du canon de la philosophie, tov t^ç cptXoŒo^i'aç xavova. Le mot est ici employé au sens métaphorique. Dans le Nouveau Testament, xavwv a des sens analogues, propres ou métaphoriques. Paul emploie le mot xavwv au sens d'espace assigné à quelqu'un pour Tévangélisation ou bien de direction donnée à l'apôtre dans sa mission, ou encore de règle d'évangélisation. Cf. II Co?\ X, 13, 15, 16. « Nous espérons, dit-il, que nous nous étendrons parmi vous beaucoup plus loin selon notre partage, xaxi tov xavova -^kjlwv, sans nous glorifier de ce qui a été déjà fait dans le partage des autres, Iv àXXoTpi'w xavovt. » Dans Gai. VI, 16, xavwv signifie règle établie pour la vie nouvelle du chrétien. « Etre une nouvelle créature est tout. Et pour tous ceux qui s'attacheront à cette règle, tw xavovt TouTw, paix sur eux ». Dans Phil, III, 16, d'après le Textus receptus, le mot xavoiv est employé au sens de règle de conduite.
Chez les écrivains ecclésiastiques, le mot xavtov fut employé le plus souvent au sens objectif de règle. Saint Clément Romain, I, 3, parle de la règle de l'obéissance, 6 xav(!)v TYjç ÔTTOTayrîç, de la règle de notre sainte vocation, ty;; aytaç xXTqaewç xavtov, et d'une règle déterminée du culte, ô wpi(j|jL8voç ttJç XeiTOupyiaç xavtov.
Hégésippe précise davantage le sens du mot xavtov quand il parle de ceux qui essayent d'altérer la pure règle, TOV uyivi xavo'va, de la prédication du Sauveur. Pour Tauteur des Homélies Clémentines il y a un canon de l'Église, le canon de la vérité, le canon prophétique, le canon de l'union, ô Xoyoç tou TrpocpviTixou xavovoç, ô xavtov t^ç (iuÇuy^''^Ç»
Nous retrouvons ces mêmes expressions dans les écrivains du temps : 'O xavwv t^ç IxxXyjaiaç, dans Clément d'Alexandrie^ cV^r. VII, 16, 105; dans Origène,
NOTIONS PRÉLIMINAIRES
De Princip. IV, 9; dans la lettre du pape Corneille à Fabien d'Antioche au sujet de Novatus, Eusèbe, Hist. eccl, VI, 43, 15; dans saint Irénée, Ad^. Haer, 1,9, 4; XXII, 1; dans Novatien, De Tnn, 21 ; ô xavwv TYlç TTidTewç, dans la lettre de Polycrate d'Ephèse au pape Victor ^ . Pour Clément d'Alexandrie ^ le canon ecclésiastique, xavwv IxxT^YjatadTDcoc;, c'est l'accord harmonieux de la Loi et des prophètes avec le testament donné, quand le Seigneur était présent.
Peu à peu, le mot canon fut employé dans l'Eglise pour une chose concrète, pour une décision déterminée. Au synode d'Antioche, 266, la doctrine de Samosate fut déclarée étrangère au canon ecclésiastique. On retrouve la même expression dans les édits de Constantin, 311, dans le Synode d'Ancyre, 315, dans le Concile de Nicée, 325, pour désigner la doctrine générale de l'Eglise. Le premier concile qui donna à ses décisions le nom de canons, xavovsç, est celui d'Antioche, 341.
On employa aussi ce terme au sens plus particulier de règle qui obligeait les ministres sacrés : ITpsdêuTepot, dit le concile de Nicée, Can, 16, vi Siaxovoi, ^ oXcoç Iv tw xavovi £$eTaÇo[ji.£voi. Au sens passif, le mot canon désigna les règles de la liturgie.
Nous rencontrons le mot xavwv appliqué aux saintes Ecritures pour la première fois dans saint kmphiloque d'Iconium (-j- 395) :
Kotvwv av eiVj twv ÔEOTrveudTWv ypacpwv.
Tel est, dit-il, le canon des écrits inspirés de Dieu, qui serait le moins trompeur ^. Mais on trouve les