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et dont nous avons déjà parlé, p. 137, nous trouvons un précieux témoignage sur Tautorité des écrits apostoliques dans l'Église chrétienne et sur les règles de canonicité des Ecritures. Dans une visite qu'il avait faite à Rhossos, Sérapion avait permis la lecture de l'évangile de Pierre, qu'il ne connaissait pas. Mais, l'ayant lu, il le condamna, parce que tout en contenant beaucoup de choses en accord avec la vraie doctrine du Seigneur, il en renferme d'autres qui ont été ajoutées à cette doctrine. « Car, dit-il, frères, nous recevons Pierre et les autres apôtres comme le Christ; mais nous rejetons, en gens expérimentés, les écrits placés faussement sous leur nom, TOC 8^ ôvd(jLaxi aÙTwv ^J/suSeTTtypacpa, sachant que nous ne les avons pas reçus par tradition, on xàToiauTa ouTrapeXàêo- (jisv. »Pour Sérapion, un livre ne devait donc être lu que s'il était apostolique, transmis par la tradition et conforme aux enseignements du Seigneur.
Version syriaque. — Antioche, capitale de la Syrie, était une ville où dominait la langue grecque; cependant, la population parlant seulement Taraméen était nombreuse. Il est donc à supposer que, dans la seconde moitié du ii® siècle, les écrits du Nouveau Testament furent traduits dans l'araméen du nord, c'est-à-dire en syriaque. Nous n'avons pas à traiter ici cette question en détail. Rappelons seulement avec Gregory * que cette version syriaque primitive devait contenir tous les écrits du Nouveau Testament , à l'exception de l'Apocalypse de saint Jean, des IP et IIP épîtres de saint Jean, de la II® de saint Pierre et de celle de saint Jude. Nous aurons à parler de nouveau des versions syriaques.
i. Einleitung^ I, p. âll.
S 4. — Église Alexandrie.
Dans la seconde moitié du ii® siècle, l'église d'Alexandrie fut très florissante. Son école catéchétique, To Tïi; xaTr,)^r,a£a); §i§a(jîtaÀ£Ïov, eut à sa tête des hommes éminents par le savoir, tels que Pantène et Clément d'Alexandrie.
Pantène. — Ce didascale avait été l'auditeur de (presbytres) qui avaient entendu les apôtres. Nous savons parEusèbe^ que, missionnaire aux Indes, il avait trouvé entre les mains des chrétiens de ce pays l'évangile de saint Matthieu, écrit en hébreu, apporté par l'apôtre Barthélémy. Clément d'Alexandrie^ nous rapporte l'opinion du bienheureux presbytre (Pantène) sur l'origine de l'épître aux Hébreux : Le Seigneur a été envoyé aux Hébreux; Paul, envoyé aux Gentils, n'a pas voulu, par respect pour le Seigneur, s'inscrire comme apôtre des Hébreux, parce que, étant apôtre des Gentils, il a écrit aux Hébreux de sa surabondance. Pantène fut le maître qui enseigna les divines Ecritures à Clément d'Alexandrie^.
Clément d'Alexandrie. — Le successeur de Pantène à la tête du AiâaaxaXsîov fut Clément d'Alexandrie. Né probablement à Athènes, vers 150, Titus Flavius Clemens eut des maîtres divers en Grèce, dans la Grande-Grèce, en Cœlé-Syrie, en Egypte, en Palestine, tous ayant conservé la pure tradition de l'enseignement divin, directement reçu de Pierre et de Jacques, de Jean et de Paul. Il succéda à Pantène peut-être vers 190, ou plus tard vers 200, date donnée par Ehrhard^. Il s'enfuit d'Alexandrie, lors de la persécu-