Stroyn. VU
coup plus es écrits canoniques que les autres, en les désignant très nettement comme Écriture ou divinement inspirés, ce qu'il ne fait que rarement pour les écrits extracanoniques. Donc, il attribuait aux écrits canoniques une autorité supérieure et définitive ^
§ 5. — L^Ëglise syrienne du nord.
Le Diatessaron de Tatien. — Ainsi qu'il nous le dit lui-même ^, Tatien était né en terre assyrienne, vers 110 ; païen de naissance, il reçut une culture hellénique, fut initié aux mystères grecs et passa de nombreuses années de sa vie à étudier les différentes écoles philosophiques. Il fut converti à Rome par saint Justin et devint son disciple. Après le martyre de son maître, 165, a Tatien, nous dit saint Irénée ^, se sépara de l'Église. Il imagina des éons invisibles, semblables à ceux qu'on trouve dans les fables de Valentin ; comme Marcion et Saturnin, il appela le mariage une corruption et une débauche; de lui-même il soutint qu'Adam n'était pas sauvé ». Il aurait encore professé d'autres erreurs : comme Marcion, il distinguait le Démiurge de l'Ancien Testament du Dieu du Nouveau Testament; il prescrivait l'abstinence du vin et de tout animal. Étant donnés les témoignages de TertuUien, saint Hippolyte, saint Irénée, Clément d'Alexandrie, Origène, saint Epiphane, Eusèbe, qui le nomme le premier chef des Sévériens, il est bien difficile de nier Thétérodoxie de Tatien, dont paraît douter
1. On trouvera dans le travail de P. Dausch, Der neuiestamentliche Schri/'tkanon und Clemens von Alexandrien, Freiburg iin Breisgau, 4894, un exposé très complet de la question que nous venons de traiter. Toutes nos citations sont empruntées à cet ouvrage.