Hist. ecclAU
informé et n'exprime pas exactement la réalité des faits. Sur l'épître aux Hébreux, il ne tient pas compte de la tradition occidentale, qui n'acceptait pas cet écrit. Son catalogue est donc, avant tout, comme dit Loisy ^ , un relevé des opinions qui s'étaient produites ou qui avaient cours dans le monde grec sur les Écritures du Nouveau Testament.
« Quelle est maintenant, dit Reuss^, la conclusion à tirer de tous ces faits ? Devrons-nous placer dans notre canon du Nouveau Testament les Actes de Paul et l'épître de Clément ou en retrancher celle de Jacques et l'Apocalypse? Pas le moins du monde. Mais le récit d'Eusèbe, si positif, si impartial, si riche en renseignements qui, sans lui, seraient perdus, nous fait voir clairement que l'Église, au milieu du iv^ siècle, ne possédait point encore de collection officielle, nettement définie, close et cautionnée par une autorité quelconque; que l'usage différent selon les localités, voire selon les goûts individuels, décidait encore de beaucoup de questions, et que ce n'était ni l'authenticité littéraire, ni le nom des auteurs qui réglait exclusivement les habitudes ou justifiait l'acceptation ou le • rejet d'un livre. »
Signalons en terminant la position qu'a prise Eusèbe au sujet des parties contestées du Nouveau Testament. Son témoignage sur la finale de saint Marc, XVI, 9-20, est caractéristique, et cela d'autant plus qu'il discute ex professa ces douze derniers versets. Dans son traité Oepi Stacpwviac; twv EuaYYeXi'wv, Eusèbe se demande comment le Sauveur a pu, d'après saint Matthieu, XXVIII, 1, être ressuscité, à^ï Se (laggàTwv, tandis que, d'après saint Marc, XVI, 9, il l'aurait été