‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 210 sur 259 · Op. cit. p · texte numérisé non relu

Op. cit. p

LES PREMIERS RÉFORMÉS. 373

Martin Luther. — Pour Martin Luther, le christianisme tout entier était contenu dans la thèse de la gratuité du salut, de la justification du pécheur par la foi en Jésus-Christ, indépendamment du mérite des œuvres. L'inspiration d'un livre et Tautorité qu'il lui accordera seront en fonction de cette thèse. « Critique, dit Reuss ^ , exégèse, jugement historique, toute sa science enfin se subordonnait à cet axiome... La canonicité d'un livre se reconnaissait aux doctrines qu'il enseignait sur le Christ et le salut des hommes. » Ce principe l'entraînait à d'étranges conséquences : « Ce qui n'enseigne pas Christ, dit Luther, cela n'est pas apostolique, quand bien même saint Pierre ou saint Paul l'eût enseigné ; par contre ce qui prêche Christ serait apostolique, quand bien même Judas, Hannas, Pilate et Hérode l'eussent fait 2. »

S'appuyant sur ce critérium, Luther a divisé les livres du Nouveau Testament en trois groupes : 1^ Les meilleurs livres sont parmi les évangiles, l'évangile de Jean. Il renferme en effet de nombreuses paroles de Jésus, tandis que les trois autres évangiles racontent surtout les miracles de Jésus qui ne peuvent nous aider en rien. Parmi les meilleurs sont aussi les épîtres de Paul; principalement celle aux Romains et la première épître de Pierre sont le véritable noyau et la moelle entre tous les livres... En résumé, « l'évangile de saint Jean et sa première épître, les épîtres de saint Paul, principalement celle aux Romains, aux Galates et aux Ephésiens et la première épître de saint Pierre, tels sont les livres qui te montrent Christ et t'apprennent tout ce qu'il t'est nécessaire de savoir pour être sauvé, quand bien même tu n'aurais jamais lu ni entendu aucun livre ^ ».

d. Op. cil, p. 266.

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