‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 211 sur 259 · Vorrede aufdas N» T · texte numérisé non relu

Vorrede aufdas N» T

2° A un degré inférieur Luther place les livres qui enseignent le Christ, mais moins expressément et clairement : les trois évangiles synoptiques, les Actes des apôtres, la deuxième épître de saint Pierre, les deuxième et troisième de saint Jean et aussi quelques-unes des épîtres de saint Paul.

3^ Dans le troisième groupe sont les livres qui n'enseignent pas le Christ : Fépître aux Hébreux, celles de saint Jacques et de saint Jude et l'Apocalypse. Luther reconnaît que l'épître aux Hébreux contient beaucoup d'enseignements de valeur, principalement en ce qui concerne le sacerdoce du Christ, mais il y a un passage (nœud) dur, car aux chapitres VI et X elle dénie et refuse la pénitence aux pécheurs après le baptême, ce qui paraît être contraire à tous les évangiles et aux épîtres de saint Paul.

Luther a exprimé à diverses reprises son opinion sur l'épître de saint Jacques. 11 lui reproche d'être en opposition avec les épîtres de saint Paul sur la question de la justification du pécheur, de ne parler nulle part, sauf dans le titre, du Christ, de sa passion, de sa résurrection, de son esprit. Il nomme la loi une loi de liberté, tandis que saint Paul la nomme une loi de servitude, de colère, de mort et de péché. Cette épître ne peut être apostolique ; comparée aux autres livres du Nouveau Testament, c'est une épître vraiment de paille, eine rechte stroherne Epistel^ car elle n'a rien en elle d'évangélique. Luther ne croit pas que l'épître de saint Jude soit de l'apôtre de ce nom. D'ailleurs, elle est inutile, car elle reproduit presque textuellement la seconde épître de saint Pierre, et de plus il n'y est pas question du fondement de la foi. L'Apocalypse ne paraît pas à Luther être un livre apostolique ou prophétique. Les apôtres ne se servent pas de visions; ils parlent clairement et sans figures du Christ. Elle ne

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peut être comparée aux livres des prophètes de l'Ancien Testament, mais plutôt au IV® livre d'Esdras. On ne voit pas qu'elle découle du Saint-Esprit; le Christ n'y est ni enseigné, ni reconnu.

Remarquons avec Reuss, que Luther avait conscience de la nature subjective de ses raisonnements. Il écrit une seconde préface sur l'Apocalypse pour essayer une interprétation de ce livre qu'il avait d'abord avoué ne pas comprendre, interprétation qui lui est dictée, non par une science sûre de ses moyens, mais par ses préoccupations polémiques. Il exalte les bonnes intentions des disciples inconnus qui ont rédigé les épîtres en question et, se servant d'une image empruntée à Paul, I Cor. III, il regrette seulement que la paille et le bois se soient mêlés aux matériaux précieux dans ces travaux d'édification \

Luther ne tenait pas pour canoniques ces quatre livres du Nouveau Testament : épître aux Hébreux, épître de saint Jacques, de saint Jude, Apocalypse; il les place dans sa traduction allemande après les autres livres du Nouveau Testament. Avant l'épître aux Hébreux il a soin de dire : Jusqu'à présent nous avons eu les livres principaux, Hauptbûcher, véritables, certains; mais ces quatre suivants ont eu autrefois une autre autorité, eîn anderes Ansehen, Dans la table des matières, il ne numérote pas ces quatre livres, tandis que les autres le sont. Dans les premières éditions de sa traduction, ils sont, dans la table des matières, séparés des autres livres de la Bible par une ligne en blanc.

Les opinions de Luther sur ces livres du Nouveau Testament ont été vivement attaquées par Johannes Kochlàus (f 1552), Hieronymus Emser (f 1527),

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