Loci communes, Basel, 1560, p
LES PREMIERS RÉFORMÉS
de rÉcriture est fondée sur le témoignage intérieur du Saint-Esprit. De ce principe, il déduit son jugement sur les divers livres du Nouveau Testament. « Partout, dit Reuss ^ Calvin se laisse guider par cette espèce d'intuition religieuse... de manière que la tradition ecclésiastique n'est consultée que très subsidiairement et ne prévaut jamais contre l'autre critère. »
Ainsi, bien qu'il ne croie pas que Fépître aux Hébreux soit de saint Paul et qu'il reconnaisse qu'elle a été très discutée autrefois, Calvin^ affirme qu'on ne peut lui refuser une pleine autorité canonique. De même pour l'épître de saint Jacques, quoiqu'il ne sache pas quel en est l'auteur, il la tient pour canonique, parce qu'il ne voit aucune raison dogmatique pour la rejeter^. Pour la seconde épître de saint Pierre ^ il affirme qu'il n'y a rien en elle qui soit indigne de l'apôtre Pierre ; l'excellence de son contenu l'incline à croire qu'elle est canonique. Il pense qu'elle a été écrite par un disciple de l'apôtre Pierre sur l'ordre de celui-ci. L'épître de saint Jude^ est canonique aussi « parce qu'elle est utile à lire et que rien ne s'y éloigne de la pureté apostolique ». 11 ne parle pas des deux petites épîtres de saint Jean, ni de l'Apocalypse. S'il n'a pas commenté ce dernier livre, c'est qu'il le tenait pour un livre obscur, qu'il ne comprenait en aucune manière. Cependant, il l'a cité plusieurs fois comme Écriture dans son traité V Institution chrétienne^ en l'attribuant à l'apôtre Jean.
Pour les petites épîtres de saint Jean, il ne les tenait probablement pas pour canoniques, car en parlant delà