‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 218 sur 259 · SIXIÈME SECTION · texte numérisé non relu

SIXIÈME SECTION

S 1. — Actes du Concile.

Le concile de Trente, convoqué par la bulle du Pape Paul III, en date du 22 mai 1542, puis du 17 novembre 1544, fut ouvert solennellement le 13 décembre 1545. Dans une congrégation générale qui se tint le 8 février de l'année suivante, il fut déclaré par le cardinal de Monte : « Cogitavimus optimum esse si imprimis antequam ulterius progrediamur, declarentur a nobis et sancta hac synodo que scripture sint canonice et que non. Nam si hoc fecerimus, scient omnes,quibus armis uti velimus contra adversarios nostros^ » La proposition fut acceptée, bien que le général des Servites eût fait observer que ce labeur était superflu, puisqu'il n'y avait entre les catholiques et les Luthériens aucune controverse sur les saintes Écritures. Quelques-uns d'entre eux émettent des doutes sur l'épître de Paul aux Romains (probablement aux Hébreux) et sur l'épître de saint Jacques, mais ils reconnaissent qu'elles

i. s. Merklk, Coticilium Tridenlinum. Diaria, I, p. 28. Friburgi Brisgoviae, 1901.

ACTES DU CONCILE

sont dictées par l'Esprit-Saint. Ils s'accordent donc avec nous, bien que s'exprimant différemment ^

Les Pères du concile voulaient donc seuleihent spécifier quels étaient les livres de la Sainte Écriture qui étaient canoniques. Malgré cela, dans la congrégation générale du 12 février, le cardinal de Sainte-Croix fit les observations suivantes : « Duo ego subjiciam, quae in mea particulari congregatione tractata fuerunt. Unum est, an facienda sit simpliciter approbatio ipsarum scripturarum, sicut Florentinum et vetusta concilia [fecerunt], an magis distinguere qui sint libri sacri, ex quibus fundamenta nostrae doctrinae eruantur, qui vero sint canonici quidem sed non taies quales priores, sed ideo recepti ab ecclesia, ut ex iis multitude instrui possit, quales sunt liber Sapientiae, liber Proverbiorum et si qui sunt similes. Idque videretur e re esse, quoniam ambiguum est valde nec adhuc ab ecclesia determinatum, quamvis et Augustinus et Hieronymus et alii veteres saepius [de his nonnulla] tradiderint. Alterum est an sicco pede approbatio ista a nobis facienda sit, an vero additis rationibus et solutis argumentis, quibus adversarii maxime innituntur ad confringendas multas ex scripturis sacris. Hae enim, ut nostis, potissimum ab ipsis infringuntur : liber Machabeorum, quem penitus rejiciunt, epistola Pauli ad Hebraeos, una Pétri et altéra lacobi epistula canonica, item Apocalypsis lohannis et alia quaedam^. »

L'évêque de Trente fut d'avis que, bien qu'il acceptât comme canoniques toutes les Ecritures qu'énumère le concile de Florence, il n'y avait pas lieu de les approuver avant que les objections, rationes^ des ad-

\. Merkle, op. cit. p. 29.

2. Merkle, op. cit. p. 30. Cf* Theiner, Acta genuina concilii Tridentini, Zagrabiae, 1874, I, p. 52.

versaires eussent été entendues et réfutées \ L'évêque de Jaën, Andalousie, soutint au contraire que, sans aucune discussion, ces livres fussent approuvés, tels que les avait approuvés le concile de Florence et qu'aucune différence ne fût établie entre les livres. La discussion se poursuivit. Le cardinal de Sainte-Croix conclut ainsi : « De disquisitione facienda mihi placeret summopere, non quidem haereticorum, sed nostri causa, ut scilicet et nos et omnes episcopi interrogati de his possimus reddere rationem omni poscenti ^. »

La discussion fut reprise dans la congrégation suivante, 15 février, sur les trois points suivants : Primum, an libri Veteris et Novi Testamenti omnes recipiendi sunt qui ab aliis conciliis et praecipue a Florentine recepti fuerunt; secundum, an interlibrum et librum sit distinguendum, ut major auctoritas tribuatur uni quam alteri ; tertium, an aliqua disquisitio facienda sit et rationes adversariorum dissolvendae ^. » On était d'accord pour résoudre affirmativement la première question ; on discuta les deux autres et finalement on les résolut par la négative. Cependant, on revint encore à la seconde question, mais la discussion porta sur les deutérocanoniques de l'Ancien Testament.

L'attention du concile fut aussi appelée sur les parties deutérocanoniques du Nouveau Testament par le cardinal Pacheco, évêque de Jaën. Parlant sur le schéma du décret sur les saintes Écritures, qui reproduisait littéralement la bulle d'Eugène IV, il faisait les observations suivantes : « In decreto hoc unum maxime desiderabat, ut scilicet particulae quaedam Novi Testamenti, quae in Luca et lohanne tam ab haereticis

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