‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 229 sur 259 · Mei\kle, op, cit. p · texte numérisé non relu

Mei\kle, op, cit. p

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Et pourtant, puisqu'il s'agissait de formuler un point d'une importance si considérable, je crois qu'on aurait mieux fait de mentionner l'hébreu, le grec et le latin, et de déclarer authentique l'édition que le concile aurait ordonné de faire, emendata ad fidem ^eterum exeniplarium ^. »

Le même jour, le cardinal Farnèse, président de la Congrégation du Concile à Rome, écrivit aux légats : c{ Sa Sainteté fait examiner les décrets par tous les cardinaux. Je vous dirai plus tard ce qu'ils en pensent. Dès maintenant, je puis vous avertir qu'au jugement de plusieurs, recevoir la Vulgate comme authentique, sans parler de la revoir et de la corriger, pourra prêter le flanc au blâme et à la critique. 11 est clair qu'il s'y trouve des fautes qu'on peut malaisément attribuer aux imprimeurs. Cette remarque n'a sans doute pas échappé à vos Seigneuries Révérendissimes et à tant de savants prélats. Sa Sainteté recevra volontiers quelque éclaircissement sur ce sujet. »

Le cardinal de Sainte- Croix, légat du Pape au concile, écrivit le 24 avril à Maffei, secrétaire du cardinal Farnèse : « J'apprends que la dernière session n'a s atisfait ni les commissaires ni le Sacré Collège. Leur peu de contentement me cause un vif déplaisir, et j'en attends les motifs. Affirmer dans un décret public que notre Bible, celle dont se sert l'Église romaine, est incorrecte eût été une faute impardonnable, surtout en un temps où l'Église est si calomniée. »

Le 26 avril, les légats répondirent officiellement aux observations du cardinal Farnèse. Ils rappellent que les fautes de la Vulgate n'ont pas échappé à l'attention des Pères, mais que, néanmoins, ils n'avaient pas jugé

i. Celte lettre se trouve dans Vercellone, Dissertazioni accademichey Homa, p. 81, ainsi que les lettres suivantes.

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opportun d'en faire mention expresse dans le décret, pour ne pas donner aux hérétiques roccasion de décrier encore davantage cette vénérable version. Et puis, comment déclarer la Vulgate seule autorisée et avouer au même moment qu'elle est fautive?

Le 29 mai, le cardinal Farnèse répondit : « Pour le Décret relatif à la Vulgate, les Députés ne voient point de biais qui évite tous les inconvénients, et ils seraient bien aises qu'il n'eût pas été fait. Quant on aura ôté les fautes dues au temps, aux imprimeurs et aux copistes, le remède ne sera que partiel. Si l'on veut aller plus au fond et corriger celles de l'auteur même, on se jette dans une entreprise longue et mal définie, qui entraîne après elle mille difficultés. »

Les légats expliquèrent alors quelle avait été la pensée des Pères, ainsi que la raison d'être du décret : « On ne pouvait laisser d'approuver la Vulgate sans aller contre le désir de tous les évêques et de nombreux théologiens, présents au concile. En peu de temps, les catholiques n'auraient su où chercher la vraie Bible, tant chaque jour on en voit surgir de nouvelles, différentes les unes des autres en des points importants, et propres non seulement à fomenter les erreurs actuelles, mais encore à fournir un aliment aux hérésies futures. Notre vieille Vulgate, au contraire, ne fut jamais suspecte d'hérésie, ce qui est l'essentiel dans les Livres saints. L'expérience a montré d'ailleurs qué, plus les manuscrits grecs et hébreux sont anciens, plus ils se rapprochent de notre Vulgate. Quant aux termes équivoques, impropres, barbares ou peu intelligibles, il n'est interdit à personne de les expliquer par des commentaires, des notes ou même des traductions nouvelles. Cette liberté peut contenter les plus difficiles sans qu'on veuille encore troubler et bouleverser toute la foi de nos Pères. »

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2® La discussion étant close sur Futilité du décret Insuper^ une autre discussion s'ouvrit sur l'interprétation des termes du décret. Fallait-il l'entendre au sens strict, c'est-à-dire soutenir qu'il n'y avait aucune faute dans la Vulgate et qu'elle était de tous points conforme aux textes originaux, ou l'interpréter en un sens plus large, et admettre qu'on y relevait des fautes de copiste et qu'elle n'était conforme qu'en substance à ces mêmes textes? La question a été posée en termes très nets par Bellarmin, écrivant le 1" avril 1575 au cardinal Sirleto : « Yenio nunc ad quaestiones meas quarum prima ac praecipua illa est quid sibi Tridentina synodus voluerit cum in 4» sessione latinam et vulgatam editionem pro autlientica habendam esse declaraverit. Video enim de re tanta summorum virorum dissimillima esse judicia, cum alii palam affirment ipsam latinam et vulgatam editionem ita esse a concilio approbatam ut non liceat ullo pacte nunc asserere aliquam esse in hac editione sententiam quae vel falsa sit, vel mentem primi auctoris non contineat ; qui etiam malint hebraicorum graecorumque codicum authoritatem contemnere quam ullum in antiquo interprète lapsum agnoscere ; ac demum verum et germanum scripturae sensum non minus in hac editione habere nos doceant, quam si ipsa sacra primorum scriptorum autographa haberemus; alii vero contra, nihil unqùam taie aconcilio decretum esse contendant, sed illud solum, hanc veterem et vulgatam editionem ut omnium optimam esse retinendam, nec ulli fas esse aliam aliquam vel in gymnasiis, vel in concionibus tractare, vel in sacris publicisque officiis legendam aut canendam introducere, quin etiam nihil omnino in hac editione reperiri quod fidei puritati vel morum honestati sit adversum : caeterum negari non posse quin interpres latinus hujus editionis author, nonnunquam

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more caeterorum hominum, dormitaverit et non semel a vero Scripturae sensu aberraverit ^ . »

11 a été soutenu que l'opinion stricte prévalut tout d'abord. Pour le prouver, on a mis en avant une déclaration de la Congrégation du Concile, en date du 12 janvier 1576, ainsi conçue : « Censuit generalis congregatio nihil posse asseverari, quod repugnet Vulgatae édition!, etiamsi esset sola periodus, sola clausula vel membrum, vox sive dictio sola, vel syllaba iotaveunum. » Richard Simon ^ croit que cette déclaration n'a jamais fait loi même à Rome, puisque le cardinal Pallavicini y est tout à fait contraire dans son Histoire du Concile de Tienie, et qu'il a suivi exactement l'opinion de Vega, laquelle est condamnée en termes exprès dans cette même déclaration. L'authenticité de cette déclaration a été mise en doute par le cardinal Franzelin^ qui déclare avoir cherché ce document dans les archives romaines sans le trouver nulle part. Cornely ^ pense qu'elle a existé, car il la retrouve en substance dans un commentaire manuscrit des décrets du concile de Trente, écrit par le cardinal Antoine Carafa 1591), premier préfet de la Congrégation du Concile. Expliquant la proposition « cum omnibus suis partibus » , Carafa s'exprime ainsi ^ : « Propter hujusmodi verba S. Congregatio Concilii censuit incurri in poenas vel si sola periodus, clausula, membrum, dictio, syllaba iotaveunum quod répugnât Vulgatae editioni immutatur ; acriterque reprehendendum Vegam, lib. XV, de justificatione audacter hac de re

1. Citation de Thomas, Mélanges d'histoire^ p. 312, d'après Batiffoi,, La Vaticane de Paul JII à Paul V.

2. Histoire critique du Vieux Testament^ p. 268; Amsterdam, 1685.

3. De divina Traditione et Scrtptura, ed. lY*, Roma, 1896, p. 519.

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