‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 23 sur 259 · Cf. Rescii, op, cit. p · texte numérisé non relu

Cf. Rescii, op, cit. p

De plus, saint Polycarpe cite les sentences 1, 2, avec une variante; 5, mais dans la forme de saint Matthieu; 7, avec une variante empruntée à saint Luc. Les mêmes sentences sont aussi dans les Didascalies, mais se rap- 1 prêchent davantage de saint Matthieu et de saint Luc | que de saint Clément. Diverses hypothèses peuvent i être faites. La plus simple serait que saint Clément a cité de mémoire des sentences empruntées tantôt à saint Matthieu, tantôt à saint Luc et que Clément d'Alexandrie lui a emprunté cette citation. Cet emprunt à saint Clément nous paraît improbable, étant donné que Clément d'Alexandrie avait entre les mains les évangiles, qui donnaient exactement ces textes.

Peut-on supposer que ce passage provient des Logia du Seigneur, qu'on croit être une des sources de Matthieu et de Luc? Nous ne le pensons pas, car il faudrait supposer qu'on avait seulement à Rome ce recueil des paroles de Jésus, qu'on en avait une traduction grecque et qu'enfin on suivait encore ce recueil au commencement du iii^ siècle. Cette hypothèse n'explique pas d'ailleurs pourquoi le texte de saint Clément se rapporte tantôt à saint Matthieu, tantôt à saint Luc.

Provient-il de la tradition orale? Ce serait possible si Clément d'Alexandrie ne présentait pas ces sentences dans la même forme et dans le même ordre.

Enfin, ce passage pourrait reproduire une sorte de catéchèse en usage dans l'église romaine. La concision et la forme rythmique des sentences sembleraient indiquer une origine de ce genre. La difficulté est qu'un manuel de cette espèce, qui aurait été analogue à la Didachè, n'a jamais été signalé à Rome et que, de plus, on ne voit pas pourquoi il aurait été utilisé par Clément d'Alexandrie. La question reste ouverte; cependant, étant donné que nous trouvons dans la Didachè et dans Polycarpe un mélange de textes analo-

PÉRIODE POST-APOSTOLIQUE

gues, il est à supposer que, dès Torigine, il exista des recueils de sentences évangéliques, recueils connus en Occident et en Orient, puisque nous avons les mêmes sentences disposées dans le même ordre et exprimées dans les mêmes termes dans la Didachè et le Diatessaron d'une part, dans l'épître de saint Clément Romain, dans celle de saint Polycarpe et dans les écrits de Clément d'Alexandrie, de l'autre.

Au chapitre XLVI, 8, saint Clément cite des paroles du Seigneur Jésus, formées d'un mélange de l'anathème contre Judas, qu'on lit dans Matthieu, XXVI, 24, et de l'anathème contre ceux qui scandalisent un petit enfant, Matth, XVIIl, 6, 7, et Luc, XVII, 1-2. La citation est presque littéralement empruntée à saint Matthieu, sauf pour quelques mots. Au lieu de eva twv (jiixpwv TouTwvTwv 7ri(TT£uovTO}v siç èfjis, dc salut Matthlcu, saiut Clément a £va SX Twv £x>£XTwv. Il a addltiou de quelques termes de saint Luc et dans l'ordre de celui-ci. Un terme employé seulement par saint Matthieu, xaTaTTovTtaô^, se retrouve dans saint Clément. Il est donc possible que nous ayons dans ce passage une citation faite de mémoire.

Chapitre XV, 2, saint Clément cite le texte d'Isaïe, XXIV, 13 : Ce peuple m'honore des lèvres ; mais sa citation est reproduite de Matthieu, XV, 8, sauf pour un mot : aTTsuTiv au lieu de èmi/tx. On pourrait rapprocher de Matthieu, XV, 29, pour l'idée et pour l'emploi de deux mots caractéristiques, le passage de saint Clément, XVI, 17. Enfin, nous avons dans saint Clément, XXIV, 5, la proposition de Matthieu, XIII,

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