In 2» 2*, disp. 3, a
408 DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
« Pour justifier cette appréciation de Pontius, nous pourrions, dit Tabbé Thomas ^ , apporter ici une longue | série de témoignages où figureraient les grands noms de la théologie de ce temps; il faudrait citer chacun avec une certaine étendue pour distinguer les nuances f accessoires qui ne permettent pas de les ranger tous 14 sur le même plan; ce serait monotone, mais surtout m pénible. » | Il suffira de résumer avec Mariana^ les opinions des ^ tenants des deux écoles. Le concile de Trente, disaient fl les partisans de Topinion étroite, a défini la canonicité 1 de la Vulgate jusque dans ses moindres détails. Il ne i devait y avoir dans la Bible latine aucune erreur même i de détail, puisque, d'après saint Augustin, il n'y a |' aucun mensonge dans les saintes Écritures. L'Eglise latine, dépositaire de la vérité, devait posséder une Bible exempte de toute erreur comme l'étaient les textes originaux des Écritures. Dans l'Écriture tout étant de foi, il n'y a pas lieu de distinguer entre les vérités qui sont de foi et celles qui ne le sont pas. Enfin, tout écrit inspiré dont nous n'avons pas le texte original serait d'autorité incertaine, si l'on fait remarquer que la Vulgate présente les mêmes imperfections que toute autre traduction.
« Mariana, dit Loisy^, répond qu'un mot, une simple phrase ne sont pas précisément des parties de l'Écriture, de même qu'on n'appelle pas un cheveu une partie du corps ; et que le concile de Trente en canonisant les livres et parties de livres voulait garantir surtout les livres et fragments contestés par les hérc^ tiques ; que si l'on ne veut pas admettre dans la Bible
1. Mélanges d'histoire et de littérature religieuses, p. 322.
2. Diss. pro editione Vulgata, 1609. Migne, Cursus Sacrae Scripturae^ t. I.
L'ÉGLISE CATHOLIQUE
de l'Église la plus légère imperfection, Ton doit convenir qu'il s'y trouve des fautes de copistes; que l'Eglise romaine possède l'Ecriture dans la Vulgate, mais qu'elle la possède comme il est possible de l'avoir dans une version, en sorte que la Vulgate a lautorité des originaux, quand elle leur est conforme, et n'a pas l'autorité d'Ecriture divine dans la mesure où elle s'en écarte, l'intérêt de la religion étant d'ailleurs parfaitement sauf, puisque le texte ecclésiastique ne contient aucune erreur en matière de foi et de mœurs ; que tout sans doute est vrai dans l'Ecriture, mais que, dans quantité de passages où aucun dogme particulier n'est exposé, l'interprète a pu se tromper comme tout homme, sans aucun dommage pour la foi; enfin, que, pour les anciens livres dont l'original ne s'est pas conservé, l'ancienne traduction grecque tient lieu d'original. »
Pallavicini \ riiistorien du concile de Trente, sait qu'il est des personnes qui croient que la traduction de la Vulgate est conforme à l'original dans toutes ses parties, jusque dans les moindres et les plus indifférentes, qu'elle ne s'est éloignée du sens propre du texte, pas même en prenant soit un arbre, soit un animal pour un autre^ mais, ajoute-t-il, l'Eglise] ne condamne pas ceux qui n'adoptent pas cette croyance.
Les esprits étaient excités au point que les théologiens les plus considérables n'osaient pas donner leur opinion par écrit, car, disait Banez^ : « Quod si nos catholici semel aliquos in Vulgata errores esse fateamur, facile imperitum vulgus haereticorum dogmati consentient. »
L'opinion étroite eut aussi des représentants en de-
4. Histoire du Concile de Trente^ VI, 17, 10 ; éd. Migne, II, col. 103. 2. Commentaire sur la Somme de saint Thomas, 1584; /n quaestA art. 8.
410 DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS. i
hors de TEspagne. Le P. Antoine ^ soutenait : « Quia ad specialem Dei providentiam circa Ecclesiam pertinebat ut Deus... provideret Ecclesiae latinae latinam versionem... in omnibus etiam levissimis conformem Scripturae originali. »
A la fin du xvi^ siècle l'opinion étroite paraît prédominante. Bientôt cependant l'opinion large devient plus générale. Vers la fin du xvii^ siècle le dominicain Noël Alexandre la soutint contre le franciscain Claude Frassen et l'opinion se rangea du côté du premier.
Richard Simon examine dans le ch. XIV du livre 11 de son Histoire critique du Vieux Testament^ la question de savoir en quel sens la version latine a été déclarée authentique. 11 remarque d'abord « qu'il y a très peu de personnes qui aient compris entièrement la pensée du concile de Trente, lorsqu'il a prononcé que cette ancienne traduction latine était authentique » (p. 264). « On ne peut pas prendre ce terme authentique dans la plus ancienne et plus propre signification, qui est de marquer le premier et véritable original d'une chose, pour le distinguer d'une copie... » (p. 265). Les textes hébreu et grec ne peuvent prétendre à ce genre d'authenticité, puisque nous n'en avons que des copies. « 11 y a donc une seconde manière d'expliquer ce mot authentique, laquelle se trouve dans les livres des jurisconsultes et des conciles » (p. 265). Cette authenticité consiste dans la fidélité de la copie. 11 en est ainsi de la version latine, qu'on nomme ordinairement Vulgate, que les Pères du concile déclarèrent authentique à l'exclusion de toutes les autres : « Ce qui ne la rend pas pourtant infaillible et exempte de toutes sortes de fautes ; puisque le même concile ordonna qu'on la cor-
1. De fidCj art. VI. litrum Vulgata nostra latina cditio sit authentica ?
L'ÉGLISE CATHOLIQUE
rigerait; et ceux de plus qui Font corrigée, n'ont été ni prophètes, ni inspirés de Dieu » (p. 265). <( D'autre part, le zèle indiscret de quelques catholiques qui ne veulent point reconnaître d'autre Écriture que l'ancienne Version latine et qui croient que le concile de Trente, en la déclarant authentique, Ta exemptée des moindres fautes, a donné occasion à plusieurs protestants d'attribuer cette opinion à l'Église romaine, sans considérer que les plus savants théologiens de la Communion de Rome la condamnaient » (p. 268).
Bossuet protesta contre cette affirmation de Richard Simon que le décret n'avait été fait que pour le bon ordre et pour empêcher toutes les brouilleries qu'auraient pu apporter les différentes versions... C'est penser trop indignement de ce décret que d'en faire un simple décret de discipline ; il s'agit principalement de la foi; et le concile de Trente a eu dessein d'assurer les catholiques que cette ancienne édition Vulgate... représentait parfaitement le fond et la substance du texte sacré par rapport aux dogmes de la foi ^ Il reconnaît cependant que le décret du concile n'enlève pas aux textes originaux, aux anciennes versions leur vérité et leur autorité ^.
Ellies Dnpm^ddinssesProlégomènessur la Bible, 1. 1, Impartie, liv. l,ch. VII, Paris, 1701, affirme que le concile, en déclarant la Vulgate « authentique » , n'a point défini pour cela qu'elle fût faite par l'inspiration du Saint- Esprit ni qu'elle fût conforme en tout aux originaux.
On trouvera la controverse entre les théologiens des xvi^, XVII® et XVIII® siècles bien exposée dans G. Zall- WEiN, Principia juris ecclesiasticij t. I, c. II, 1. VI et ss. Augsburg, 1764.
1. Première Instruction sur le N. T. de Trévoux, rem. partie. Y- pass.
2, ^ Declaratio fidei orthodoxae^ c. IV, art. 1.
412 DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
La question resta sans être posée de nouveau jus«^| qu'au milieu du siècle dernier, où elle fut traitée pai^^ le barnabite C, Vercellone^ Voici le résumé de scsH arguments d'après Corluy^; on les trouvera exposés ' plus au long dans Franzelin ^ : « Il soutient que le décret du concile ne suppose aucune distinction entre les textes dogmatiques et ceux qui ne le sont pas ; il assure même que, après le concile, les éditeurs romains de la Vulgate y ont introduit des corrections et des changements, même dans les textes dogmatiques. D'après ce savant, on pourrait, sans contrevenir aux décrets du concile de Trente, admettre dans la Vulgate des interpolations, même de textes dogmatiques. Le docte barnabite va plus loin encore. Selon lui, lorsque le Concile ordonne, sous peine d'anathème, d'admettre les livres canoniques avec toutes leurs parties, les Pères n'ont voulu désigner par ce mot de parties que certains passages rejetés alors comme apocryphes par les protestants, tels que les fragments deutérocanoniques d'Esther et ceux de Daniel, etc. ; ils n'ont entendu rien préjuger sur d'autres endroits . dont alors les hérétiques ne contestaient pas l'authenticité. Ainsi, même après le concile, une sage critique aurait en cette matière toute liberté d'opinion, tant ; que l'Église n'aurait pas, par un nouveau jugement, I fixé la croyance des fidèles. »
Dans son Manuel biblique^ 12^ édition, 1906, p. 237, Vigoureux affirme qu'on peut soutenir l'opinion du ! P. Vercellone.
1. Sulla autenticita délie singole parti délia Bibbia Volgata, Roma,
"2. Uint<^gritè des évangiles en face de la critique; Éludes religieuses, Paris, novembre 1876, p. 627-630.
3. Tractatus de divina Traditionc et Scriptura, ed. IV', Roma, 1896, p. 498.
L'ÉGLISE CATHOLIQUE
Le cardinal Franzelin combattit les théories du P. Vercellone dans son Tractatus de dwina traditione et Scriptura, Rome, 1896. Il y soutient l'opinion des théologiens qui « contendebant , vi definitionis Tridentinae conformitatem versionis cum textu primitivo indiscriminatim in omnibus incisis et particulis tenendam esse » (p. 485). Il défend sa proposition, après avoir établi qu'il y a dans les saintes Écritures des vérités révélées « propter se » et d'autres révélées « per accidens vel propter aliud » (p. 487). 11 explique sa proposition de la façon suivante : « Quandodicimus, decreto Tridentino declaratam esse conformitatem editionis çulgatae in textibus per se dogmaticis, non affirmamus, exemplar aut codicem aliquem fuisse designatum, in quo sit tenenda haec conformitas; sed decretum respicit editionem çetereniy prout a longo toi saeculorum usu in ipsa Ecclesia probata est. Textus itaque per se dogmaticus qui est in editione Clementina utique ex multis rationibus praesumitur esse ^eteris editionis^ pi out in Ecclesia longo saeculorum usu legi consuent; sed si de aliquo tali textu posset demonstrari, non esse ex çulgari çulgata editione, ejus conformitas cum Scriptura primitiva non posset dici per decretum Concilii declarata. Qui ergo textum ita admittit vel non admittit, prout exstat vel non exstat in i^eteri i^ulgata editioncy quae longo saeculorum usu in Ecclesia probata est, is nihil agit contra decretum concilii.
« Neque affirmamus, conformitatem in singulis textibus per se dogmaticis declaratam esse in gradu suprême perfectionis ; sed sufficit, quod dogma expressum in vulgata fuerit etiam expressum in Scriptura primitiva. Unde dicimus : a) dogma quod expressum exstat in editione veteri vulgata, non deerat in Scriptura primitiva; b) adeoque etiam non erat expressum aliud dogma in textu, et aliud in loco respondente
DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
editionis vulgatae; c) multo minus dogma quod invulgata affirmatur, ibi erat negatum, aut vicissim. Sed \\ non dicimus; d) vi decreti concilii credendum esse j dogma in vulgata eodem modo expressum, ut erat in | Scriptura primitiva, neque dicimus, e) in hujusmodi locis nullum posse esse errorem versionis, dummodo non sit hujusmodi, qui substantiam dogmatis mutet, velobliteret ita, utetiam adhibitis praesidiis necessariis et opportunis intelligi nequeat. Sic non censendus ^ esset contra decretum Tridentinum, rejicere authen- ■ tiam Vulgatae, qui veram lectionem in textibus quibus-^Bj dam etiam per se dogmaticis putaret esse aliam, quatl idem quidem dogma, sed non eodem modo ut in vulgata enuntiaretur » (p. 489-439). Et il donne quelques exemples de différences modales entre le texte original et celui de la Vulgate.
Le cardinal examine ensuite ce qu'il faut entendre par ces mots du concile : « cum omnibus suis partibus » : « Concilium libros enumeratos cum omnibus suis partibus determinate sub hac forma çulgatae editionis latinae déclarât canonicos h. e. divinitus inspiratos. Inspiratae autem non sunt nisi partes illae, quae secundum res et sententias, seusecundum sensum habent originem a primo scriptore, qui solus erat inspiratus; neque enim quisquam dicet, interpretem seu interprètes latines fuisse inspiratos. Ergo partes omnes prout in veteri vulgata latina editione habentur, ad quas haec declaratio extenditur, declarantur secundum sensum profectae a primo scriptore inspirato, h. e. secundum sensum primitivae Scripturae. Quaestio igitur tota ad illud revocatur quid in definitione concilii nominé partium librorum intelligatur » (p. 491).
Le cardinal Franzelin répond à la question de la façon suivante : « Omnium librorum omnes partes, quae ex tenorc et contextu decreti merito partes libri
L'ÉGLISE CATHOLIQUE
dici queant, prout in veteri vulgata latina legi consueverunt, declarantur canonicae (p. 493). Nunc dicendiim, quid positive nomine pariium ibi comprehendatur. Non tam ex significatione verborum quam potius ex scopo decreti, quem concilium ipsum expresse déclarât, consequitur ad partes declaratas canonicas pertinere in primis loca omnia prout in veteri vulgata editione habentur^ quae per se « testimonia et praesidia » continent ad « confirmanda dogmata et instaurandos in Ecclesia mores » sive quae per se sunt testimonia de (( rébus fidei et morum ad aedificationem doctrinae christianae pertinentium » (p. 494)... Testimonia omnia in veteri editione vulgata, quae sunt dicto modo per se dogmatica declarata sunt a concilio quoad sensum conformia Scripturae originali ; scu in his omnibus versio habenda est authentica vi decreti concilii » (p. 495).
Le cardinal Franzelin traite ensuite du degré d'extension de l'authenticité de la Vulgate (p. 496 et ss.).
Dans un travail consacré à la même controverse le Père Durand, S. JJ, observe que « les meilleurs théologiens ne font pas difficulté de convenir que des passages appartenant bien au texte original peuvent manquer dans la Vulgate, ou s'y trouver rendus d'une façon obscure, inintelligible même ». line croit pas que l'on puisse expliquer toutes les différences qui existent entre le texte des originaux et celui de la Vulgate en disant que les différences ne sont que modales, c'est-à-dire qu'elles atteignent la forme, mais laissent le fond intact. Et il donne des exemples où cette distinction n'explique pas les différences. Il ne faut pas cependant, dit-il, s'exagérer ni le nombre ni la portée des
4. Encore un mot sur Vautorité de la Vulgate; Études^ t. 75, 20 avril 1898, p. 216-229.
DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
passages où la Vulgate se trouve en défaut. Elle contient donc d'un bouta l'autre, et sans altération, la substance de la parole de Dieu écrite. . . Même aux endroits où elle s'éloigne de l'original, on rencontre toujours l'expression d'une vérité catholique. L'argument tiré des passages non conformes à l'original ne sera pas rigoureusement scripturaire, mais il reposera du moins sur un monument de la tradition chrétienne dix fois séculaire. A ce point de vue, il est tout à fait exact de dire que la valeur doctrinale de la Vulgate est absolue.
L'opinion actuelle des théologiens a été bien résumée par C. Chauvin^ : la Vulgate ne renferme aucune erreur contre la foi ou les mœurs ; elle reproduit avec fidélité dans tous les passages dogmatiques la substance du texte original et conserve à la révélation divine son vrai caractère ; la Vulgate dans tous les textes qui concernent la foi ou les mœurs, est positivement conformeaux textes originaux. La Vulgate ne renferme aucune proposition dogmatique qui ne soit ou, du moins, n'ait été dans le texte primitif. La Vulgate peut à la rigueur ne plus contenir présentement ou même n'avoir jamais contenu une proposition dogmatique qu'on lit néanmoins dans le passage correspondant de l'original. Les passages dogmatiques contiennent substantiellement la même vérité qu'on lit dans l'original, bien que la pensée soit rendue parfois avec des nuances diverses dans les deux textes. La Vulgate et l'original ne se contredisent jamais, en réalité, sur un point quelconque de doctrine. Si cependant le désaccord paraît exister, la présomption du critique demeurera en faveur de la version hiéronymienne^.
1. Leçons introduction générale aux divines Écritures, Paris, 1898, p. 375.
2. On consultera avec fruit sur cette question le travail du P. Bajnvel, De Authentia VulgataCy dans son ouvrage : De Scriptura Sacra, Paris, 1910, p. 178.
L'ÉGLISE CATHOLIQUE
$2. — Opinions des écrivains catholiques sur les livres deutérocanoniques du Nouveau Testament.
Il nous reste à examiner quelles furent les positions que prirent les exégètes catholiques au sujet des livres autrefois contestés. La question se posait pour eux seulement au point de vue historique, puisque la canonicité de ces livres avait été définie par le concile de Trente.
Relevons d'abord ce texte de Sixte de Sienne^ où se trouve nettement marquée la distinction entre les divers livres du Nouveau Testament et le jugement qui a été porté sur eux dans l'antiquité, jugement que nous allons voir discuté par d'autres exégètes : « Canonici primi ordinis quos protocanonicos appellare libet, sunt indubitatae fidei libri, hoc est, de quorum auctoritate nuUa unquam in Ecclesia catholica fuit dubitatio aut controversia, sed statim ab initio nascentis Ecclesiae communi omnium orthodoxorum patrum consensu fuerunt recepti et ad confirmandam fidei ïiostrae autoritatemassumpti... Canonici secundi ordinis, qui olim ecclesiastici vocabuntur et nunc a nobis deuterocanonici dicuntur, illi sunt, de quibus, quia non statim sub ipsis apostolorum temporibus, sed longe post ad notitiam totius Ecclesiae pervenerunt, inter catholicos, fuit aliquando sententia anceps, veluti sunt in VeteriTestamento, libri Esther, etc. Similiter et in Novo Testamento Marci caput ultimum, Lucae historia de sudore Christi sanguineo apparitione angeli, Johannis historia de muliere adultéra, epistola ad Hebraeos, Jacobi epistola. Pétri epistola secunda, Johannis epistola secunda et tertia, Judae
'1. Bibliotheca sancta, I, 1. 156().
il8 DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS.
epistola, Johannis Apocalypsis atque alii ejusdem generis libri^ quos olim prisci Ecclesiae patres tanquam apocryphos et non canonicos habuerunt eosque apud solos catechumenos nondum canonicae lectionis capaces, ut in synopsi testatur Athanasius, primum legi permiserunt, deinde précédente tempore, ut Ruffînus in symbole scribit, apud omnes fidèles recitari concesserunt, non ad dogmatum confirmationem, sed ad solam populi instructionem ; et quia publiée in Ecclesia legerentur, ecclesiasticos nuncuparunt ; demum vero inter Scripturas irref ragabilis autoritatis assumi voluerunt. »
Sixte de Sienne parle ensuite des livres apocryphes qui sont de deux sortes : les livres apocryphes dont on ne connaît pas les auteurs ou dont l'auteur est incertain — et quelques-uns des livres canoniques sont apocryphes en ce sens, — et les livres apocryphes d'autorité incertaine, douteuse et que Ton ne sait pas s'ils sont inspirés, et que les Pères n'ont pas voulu admettre à la lecture publique.
Le cardinal Bellarmin présente la même division des écrits néotestamentaires ^, mais il ne veut pas qu'on se serve des expressions « protocanoniques » et « deutérocanoniques » parcequ'elles peuvent engendrer une mauvaise interprétation. Il préfère diviser l'ensemble de ces écrits en trois parties : « Primum enim de iis libris agendum erit de quorum auctoritate nulla unquam fuit inter catholicos ho mines disceptatio. Deinde de iis, qui, tametsi vere prophetici aut apostolici sint, non tamen semper aeque certa et explorata eorum auctoritas fuit. Postremo de iis qui quanquam a nonnullis clarissimis doctissimisqae viris aliquando