CHAPITRE II
LES ÉGLISES DE LA REFORME
Nous avons à passer rapidement en revue les opinions des théologiens de la Réforme sur le canon du Nouveau Testament depuis la fin du xvi® siècle jusqu'à nos jours.
§ 1. — Les égalises luthériennes.
Tous les théologiens luthériens, en particulier les plus anciens, se rattachent plus ou moins à Érasme ou à Luther. Les modernes marchent plus indépendants.
Matbias Flacius lUyrikus (f 1575), un des Centuriateurs de Magdebourg, répartissait les livres de la Bible en trois classes : les écrits canoniques, les douteux, les apocryphes. Les douteux sont ceux dont l'authenticité a été rejetée, à savoir l'épître aux Hébreux, la seconde de saint Pierre, celle de saint Jacques, celle de saint Jude, la seconde et la troisième de saint Jean et l'Apocalypse. Les apocryphes sont les livres de l'Ancien Testament, que nous qualifions de deutérocanoniques : « Apocryphi quibus nulla eximia autoritas tribuitur sunt : Sapientia Salomonis, etc. Hi libri licet biblico canoni nunc addantur, tamen nuUius
DU CONCILE DE TRENTE A NOS JOURS
autoritatis apud intelligentes scriptores habentur ^ » Les Centuries de Magdehourg, — Les CenturiateursdeMagdebourg, Flacius, loannes Vuigandus, Matthâus ludex et Basilius Faber, divisèrent les livres du Nouveau Testament en deux groupes : Au premier appartenaient les livres qui n'ont jamais été discutés dans rÉglise. Dans le second étaient les livres sur lesquels on a émis des doutes à différentes époques : Tépître aux Hébreux, les épîtres de saint Jacques, seconde de saint Pierre, celle de saint Jude, deuxième et troisième de saint Jean et l'Apocalypse. Les Centuriateurs prennent la défense de quatre livres de la seconde classe ou les rejettent moins absolument. Ils acceptent l'authenticité de la seconde épître de saint Pierre et sont disposés à lui attribuer une autorité canonique. Le style de la seconde et de la troisième épître de saint Jean est à peu près le même que celui de la première qui n'a jamais été contestée. Quant à l'Apocalypse, elle a en faveur de son authenticité les écrivains, sauf Denys d'Alexandrie. En outre: « Si ad ava^oyiav fidei eam examinarunt, non potuerunt aliquid inuenire doctrinae Apostolicae contrarium... Postremo si ad praesentes Ecclesiae res aut praeteritas attenderunt, ab euentu coniectare potuerunt, eam a Spiritu sancto esse profectam, nec apostolo loanne indignam^. »
Ils déclarent ensuite que Tépître de saint Jacques est en opposition avec la doctrine apostolique, principalement en ce qui regarde la justification, que l'épître de saint Jude n'est pas apostolique, que l'épître aux Hébreux n'est pas paulinienne et qu'elle a des enseigne-* ments contraires à la prédication apostolique ^.
En résumé, le principe de canonicité des Centuria-