Eccl. Historia
LES ÉGLISES DE LA RÉFORME
teurs est le même que celui de Luther : La conformité des doctrines de ces livres aux enseignements de la foi sur Jésus-Christ et la justification du pécheur.
Martin Chemnitz (f 1586) se posa la même question que Brenz ^ et il la résolut dans le même sens pour les mêmes raisons. Contre la définition du concile de Trente sur le canon des Ecritures il pose la question suivante^ : « An ea scripta, de quibus antiquissima ecclesia pr opter quorundam contradictionem dubitatum fuit, ideo quod testificationes primitivae ecclesiae de his consentirent, an inquam praesens ecclesia possit illa scripta facere canonica, catholica et paria illis, quae primi ordinis sunt? » Et il répond nettement : Non, car, d'après lui, les livres de la sainte Écriture reçoivent leur autorité de trois sources : le Saint-Esprit, leur auteur humain et l'Église primitive. « Pontifîcii, continue-t-il, hanc autoritatem usurpant, sed manifestissimum est ecclesiam nullo modo habere; eadem enim ratione posset etiam vel canonicos libres rejicere vel adultérines canonisare. Tota haec res pendet e certis testificationibus ejus ecclesiae quae tempore apostolorum fuit. » Mais l'exigence d'un témoignage de l'Église primitwey pour établir la canonicité des écrits apostoliques, peut paraître une condition fort difficile à remplir. Chemnitz en jugeait autrement : selon lui, Jean avait vu et approuvé les trois premiers évangiles ; il avait fait approuver le sien par l'Église d'Éphèse, XXI, 24-25. Paul avait mis un signe particulier à ses épîtres, et Pierre, II III, 15, les avait vues et recommandées^.
Les théologiens luthériens continuèrent tout d'abord à traiter d'apocryphes les sept livres deutérocanoniques et à déclarer qu'ils ne pouvaient pas être utilisés au