Lettre du 1^ mai
LES ÉGLISES DE LA RÉFORME
thériens n'établissaient plus de distinction entre les livres du Nouveau Testament au point de vue de l'autorité doctrinale, mais il restait néanmoins que les préfaces placées par Luther en tête des quatre livres, l'épître aux Hébreux, l'épître de saint Jacques, celle de saint Jude et l'Apocalypse, qu'il rejetait du canon, étaient maintenues dans les éditions de la Bible mises entre les mains des luthériens. Richard Simon fait ressortir avec force cette contradiction entre la théorie et la pratique. Rappelant une objection de Luther contre répitre de saint Jacques, il ajoute : « Mais cette objection est si faible et si peu sensée, que les Luthériens n'y ont eu aucun égard, non plus qu'à plusieurs autres que leur maître a faites contre l'épître de saint Jacques. Car ils la reçoivent aujourd'hui de la même manière que les catholiques. Ils ne sont pas néanmoins excusables, en ce qu'ils gardent encore dans quelques éditions de leur Bible allemande les Préfaces de l^uther qui sont au commencement de l'épître aux Hébreux et de celle de saint Jacques, après les avoir canonisées. Car ils détruisent par ces Préfaces ce qu'ils autorisent dans le corps de leur Bible * . » Il fait la même observation à propos de l'épître de saint Jude : « Luther en a néanmoins douté, aussi bien que de l'épître de saint Jacques. Mais ceux qui suivent ses sentiments, bien loin de la rejeter, présentement font tout leur possible pour adoucir les paroles de leur maître ^ ». A propos de l'opinion de Luther qui ne considérait pas l'Apocalypse comme prophétique et apostolique, il constate que : « Ses disciples qui reconnaissent tous ce livre comme divin et canonique, ont tâché de le justifier. Ils veulent, sans avoir égard à
1. Histoire critique du texte du Nouveau Testament, p. 190. Rotterdam, 1689.