‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 25 sur 259 · Cf. Histoire des livres du N. T, t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Histoire des livres du N. T, t. I, p

en insérant tov tou 'Iscraat et àvopa, termes inconnus à Samuel et aux psaumes. Mais, pour la finale, il s'ac- i corde avec le psaume et non avec les Actes. Il est \ possible que les Actes et saint Clément aient cité ici un texte extrait d'un florilège des prophéties messia- |: niques. j

On ne peut douter que saint Clément ait connu la i première épître de saint Pierre. Les ressemblances! entre : CL VII, 2, 4 i= Pr\ 18, 19; CL XXX, 1, 2 := Pr. II, 1; V, 5; CL XLIX, 5 = P?\ IV, 8, etc., sontj trop frappantes pour qu'il y ait simple coïncidence. Nous avons déjà remarqué ^ que saint Clément reproduit les expressions les plus caractéristiques de l'épître de saint Pierre et que même quelques-uns des &Tzoil XeYOfjLEva de ce dernier, se retrouvent dans saint Clément, àYaôOTTOua, àSsXcpOTY)^, uTrovpaixfJLOç, etc.

Nous pourrions citer encore d'autres passages de son épître où saint Clément semble avoir été influencé par les écrits du Nouveau Testament; les constatations précédentes suffisent pour établir que, de son temps, la majorité des livres du Nouveau Testament étaient connus et jouissaient déjà d'une très grande autorité, puisqu'il s'en est servi pour appuyer ses exhortations aux Corinthiens, presque à l'exclusion de de tout autre livre, ainsi que nous l'avons déjà remarqué.

$2. — Les épîtres de saint Ignace martyr.

Par ordre de date à peu près certaine, nous avons maintenant les épîtres de saint Ignace d'Antioche. Elles ont dû être écrites vers l'an 110-117, d'après Ilarnack, peut-être même un peu plus tôt, vers 98, 104,

i. Histoire des livres du N, T, t. III, p. 279.

PÉRIODE POST-APOSTOLIQUE

106,107, d'après d'autres historiens.Acceptantropinion de la très grande majorité des critiques, nous tenons pour authentique la collection des sept lettres, telles qu'elles ont été publiées en 1646 par Vossius.

Remarquons tout d'abord que saint Ignace cite toujours de mémoire et plus inexactement encore que les autres écrivains chrétiens de son époque, dont nous possédons les œuvres. Cette façon de citer s'explique par les circonstances de la composition de ces épîtres. Saint Ignace les écrivit pendant quelques-unes des haltes de son voyage vers Rome où il devait subir le martyre. Il n'avait ni le temps ni les moyens de vérifier ses citations ou de copier des textes. L'Ancien Testament lui-même n'est pas cité littéralement. Saint Ignace s'y réfère d'ailleurs assez rarement, six fois seulement d'après Funk. Il y aurait, au contraire, dix passages de ses lettres qu'on peut regarder comme* des citations du Nouveau Testament, et une quarantaine qui présenteraient une certaine ressemblance avec des textes néotestamentaires \

Saint Ignace s'est souvent inspiré de l'évangile de saint Matthieu et lui a emprunté des expressions : TralL XI, 1; Philad, III, 1 z= Matth, XV, 13; Smyn VI, 1 = Matth, XIX, 12, et même des sentences : Polyc. II = Matth. X, 16; Eph. XIV, 2 :=z Matth. XII, 33; Luc^ VI, 44. Il explique la nécessité du baptême de Jésus par Jean, Smyrn. I, 1 : BeêaTma- |A£vov uTTo 'Iwàvvou l'va TcXY)ptoôyj iraaa ^ixaioauvy) utt' aùxou, de la même façon que ilfa^^A. III, 15 : Outwç yàp irpsTrov Idxiv •^{xtv 7rXy)pwcrai irScffav âixatoŒuvvjv, qui, seul des évangélistes, a donné ce motif. Il parle, Eph. XIX, 1, 2, de l'étoile,

1. Pour les citations et réminiscences du Nouveau Testament dans saint Ignace, voir Zaiin, Ignatius von Antîochieri, Gotha, 1873, p. 594- 616 ou LiGHTFOOT, The apostolic Fathers, S, Ignatius, vol. II, sect. 2, p. 1111-1112, London, 1885.

Matth, II, 2, 9, qui s'alluma dans le ciel et par laquelle le Christ fut manifesté. Il connaît la virginité de Marie, Eph. XIX, 1 — Matth, I, 18.

Dans la même épître, VII, 2 ; XVIII, 2, il relate la conception virginale de Jésus : 'O yàp 0£oç i\\t.M^ 'Iy)<jou<; ô XpiŒTOç exuocpopv^ôy) utco Mapiaç xar' otxovotxiav ©eou sx cr7rép[jt,a- Toç (X£v Aaulû, TTvsuuiaToç hï aytou, qu'il a dû apprendre de Matthieu, I, 20. Il rappelle, iE'/?A. XVII, 1, l'onction de l'huile parfumée sur la tête de Jésus, Matth. XXVI, l\Marc^ XIV, 'è\ Jean^ XII, 3. Lès ressemblances avec saint Marc et saint Luc sont peu nombreuses, Eph, XVI, 1 — Marc, IX, 43 : Smyrn, X, 2 =z= Marc, VIII, 38; Smyrn. X, 2 = LucAX, 26] Marc, VIII, 38, et sont assez vagues. Cependant c'est de saint Luc que saint Ignace, Smyrn, I, 2, a appris que Jésus avait été attaché à la croix sous Ponce Pilate et Hérode le tétrarque.

Saint Ignace est pénétré des expressions et des enseignements du IV® évangile ^ Citons comme identiques à des expressions johanniques les termes suivants : ayaTTy], àyaTcav, li^top Çîov, apTo; tou ©eou, ô ap'/^tov tou atwvoç (xodfxou, Jean) toutou, ou presque identiques, Tpocpv) cpÔopàç, auToç wv 6upa tou TraTpoç.

La théologie de saint Ignace, surtout en ce qui concerne Jésus-Christ, rappelle de très près celle du IV® évangile. Cf. Magn. VIII, 2 — Jean, I, 1-17; VIII, 29 ; XVII, 3, 6 ; Rom. VII, 1-3 = Jean, XIV, 30 ; IV, 1 ; VII, 37-39, etc. Les deux passages suivants ont été inspirés par des textes du IV^ évangile, bien qu'ils ne soient pas de tout point concordants :

1. Sur les réminiscences de saint Jean dans saint Ignace voir Dutz, Die Tiricfe des Ignatius und das Johannesevangelium, dans les Thcologische Studicn und Kritikcn, Gotha, 490o, p. 503-603.

PÉRIODE POST-APOSTOLIQUE

JeanAXyiO, 14,23 -.SùàvvÎTyi- (xa; aÙTOvxac sôwxsv av cyot v)S(op (^â)v... t6 ûStop ô Scoc-to a-jTto Y£'''"^i" Gzxai £v aÙTÔ TTYi^Yi uoaTo; àXÀo{j.£vou £cç CwYjv alwviov... y.ac ifàp 6

III, 8 : T6 irvEOu-a ô-îtou ôsXsi

Ignace, ad Rom. VII, 2 : O jx

6è ^ûv y.al AaXouv èv è(JLOi ëawOév ^01 Xe'yov Aeîjpo upo; tov TcaTepa.

AdPhilad. VII, l : T6 Tiveyjxa o'j TrXavaTai, àTcb 0£Ov ôv * oTÔ£v yàp Tcoôsv £py STai xai ttou uTrayEi, y.al là y.puTwxà éXéyx^^-

Pour d'autres passages ressemblants, cf. Jean^ VIII, 21, 29 1= Magn. VII, 1; VIIL 2; /e^^, VI, 33 == Eph. V, 2;/?o/?2. VII, 3.

On peut se demander si saint Ignace a connu par le IV^ évangile les paroles de Jésus, auxquelles il fait allusion, et les doctrines christologiques qu'il enseigne, ou s'il les a apprises par l'enseignement oral. On sait que ces paroles de Jésus et ces doctrines étaient le fond de la prédication de saint Jean à ses disciples; par conséquent, les unes et les autres ont pu se répandre et même être consignées par écrit et parvenir à saint Ignace, qui vivait à Antioche. Si saint Ignace a connu le IV^ évangile, commentdans son épîtreauxSmyrniens, III, 2, au lieu de se référer à un apocryphe inconnu, n'a-t-il pas cité le chapitre XV de saint Jean, où le fait est raconté? Cependant, dit Ladeuze^ :« Il ne semble pas douteux que l'évêque d'Antioche ait utilisé assez souvent le texte même du IV^ évangile. Qu'on lise Rom. VII; Eph. IX, 1; Magn. VIII; Philad, VII, 1, on trouvera dans ces passages accumulés dans un même contexte des figures extraordinaires, qui sont aussi réunies dans un même contexte de l'évangile johannique, ou bien encore des incises inutiles, des manières de parler étranges, qui s'expliquent si l'auteur

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