Revue biblique^ 1907, p
était lié à un texte écrit qu'on trouve chez saint Jean. »
On fait observer qu'en admettant que saint Ignace d'Antioche ait connu les évangiles de saint Matthieu et de saint Jean, il ne leur accordait pas une autorité particulière, car il rapporte une parole qu'il attribue nettement à Jésus — ce qu'il ne faitpas pour les paroles citées ailleurs, empruntées cependant aux évangiles canoniques — et cette sentence ne se trouve pas, dit-on, dans les évangiles canoniques. Smyrn, III, 2 : Kal ô'ts TupoçToùçTtepi néxpov *^XÔ£v, IcpT) auTOÎç •AaêeTE, '^YjXacpviaaTs (xs y.al ÏSeTs, oTi oux dfxt §ai[ji.(oviov à(Toj[jLaTov. Eusèbe ^ remarque qu'il ne sait pas d'où saint Ignace tire ces paroles. Saint Jérôme^ affirme qu'il les a prises dans l'évangile qui est appelé selon les Hébreux, que lui-même a traduit, semble-t-il, le premier. Mais saint Ignace n'a pas dû connaître cet évangile araméen. Origène^, au contraire, les attribue à l'apocryphe Kt^puyfAjc IIsTpou. S'il en était ainsi, comment Eusèbe ne l'aurait-il pas dit? Il nous semble plus simple de croire, malgré l'affirmation de Funk^^ que saint Ignace a cité, suivant sa méthode ordinaire, c'est-à-dire très largement, la parole de Jésus à ses apôtres, Lmc,XXIV, 38, 39 : Ka\ eÎTTEv auToTç* Wr\kaL'^r\(sct.'zi jjt.e xai iSets, oti 7rv£U(xa cràpxa xalÔŒxéa oùx îjz% xaÔw; ôswpeÎTS l/^ovTa. L'idée est la même ; une expression assez rare, ijyyiXacpr^aTs, y est employée, et la littéralité du texte est aussi approchée qu'ailleurs. Remarquons cependant l'emploi de aawfjiaTov, mot inconnu au Nouveau Testament, et de §at(j(.oviov, dans un sens neutre ou un bon sens, comme dans le grec classique, tandis que le Nouveau Testament l'emploie toujours au sens péjoratif.