‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 4 sur 259 · London · texte numérisé non relu

London

2. Geschichte des neutestamentlichen Kanons : I. Das Neue Testament vor Origenes^ Leipzig, 1888-1889. II. Urkunden und Belege zum ersten und dritten Band, Leipzig, 1890-1892.

3. Forschungen zur Geschichte des Ntl, Kanons und der aUkirchlichen Literatur. 7 voL Leipzig.

4. Grundriss der Geschichte des Ntl, Kanons, Leipzig, 1904. î>. Das Neue Testament um das Jahr 200, Freiburg, 1889.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

n'écrivit pas beaucoup dans les premiers temps, mais ce qui était écrit fut de bonne heure rassemblé et répandu. Ainsi apparurent dans les diverses églises des collections homogènes. L'autorité des écrits qu'elles contenaient était très grande et très faible, suivant le point de vue où Ton se plaçait. Elle était très grande, car tout ce qui était annoncé au nom du Christ était saint, surtout quand cette prédication venait des apôtres, des prophètes et des docteurs, et très faible aussi, car ces écrits ne s'élevaient pas jusqu'à l'Ancien Testament, le livre saint depuis la plus haute antiquité, ou jusqu'à la parole du Seigneur, et chaque nouvelle manifestation de l'Esprit pouvait interpréter ou rejeter dans l'ombre la manifestation précédente. Il ressort des témoignages de la fin du ii^ siècle que le Nouveau Testament n'est pas le produit d'une réunion, mais la réduction de toute la littérature chrétienne primitive, y compris les Apocalypses juives. C'est pour répondre aux hérétiques de l'époque, gnostiques et marcionites, que l'Eglise a déterminé les livres qui, à côté de l'Ancien Testament, en formeraient un nouveau.

Nous aurions encore à citer les travaux sur le canon du Nouveau Testament que l'on trouvera dans les encyclopédies : Schmidt, Realencyklopàdie de Herzog- Hauck, 2® éd.; Zahn, Ib. 3® éd.; Schmiedel, Allg. Encyklopàdie der Wiss, und Kunste; Vigouroux, Dictionnaire de la Bible; Stanton, Hastings' Dic^ tionary of the Bible; Armitage Robinson, Cheyne's EncycL biblica.

La plupart des Introductions au Nouveau Testament, celles de Cornely, Vigouroux, Belser, Holtzmann, B. Weiss, Jûlicher, contiennent un chapitre sur le canon. Relevons enfin les études récentes de Loisy, Stanton, Leipoldt, Lietzmann, Gregory»

Loisy^ a passé en revue les documents et cité les témoignages des écrivains ecclésiastiques, afin démontrer comment a été préparé, puis défini le canon. Son point de vue est historique. Stanton ^ croit que les quatre évangiles ont été déclarés inspirés à l'exclusion des autres évangiles, parce qu'on reconnut que seuls ils contenaient l'enseignement traditionnel sur la vie et les enseignements de Jésus; c'est pour répondre aux écoles gnostiques qui acceptaient ou rejetaient des écrits auxquels les chrétiens croyaient, ou en admettaient qui étaient contraires à la foi de l'Eglise, que l'on fixa définitivement quels étaient les écrits acceptés par toute l'Eglise.

Lietzmann ^ pense que les premiers chrétiens acceptèrent tout d'abord comme ayant une autorité divine les livres de l'Ancien Testament et les paroles du Seigneur. Les livres, qui contenaient ces paroles, possédèrent la même autorité que celles-ci. Les épîtres pauliniennes, lues dans les communautés chrétiennes, furent placées sur le même rang. C'est par la lutte avec les hérésies du ii^ siècle que l'on précisa les livres qui étaient inspirés.

Leipoldt^ établit d'abord que, pour les premiers chrétiens, l'Ancien Testament était seul inspiré, comme émanant de l'esprit de Dieu; par analogie, on tint pour inspirées les apocalypses, les seuls restes de l'esprit prophétique qui avait fleuri aux premiers jours de l'Église. Cependant, les paroles de Jésus que transmettait la tradition orale étaient regardées comme divines, mais ce n'est qu'au milieu du ii^ siècle que les évangiles,

2. The Gospels as historical documents ; the early use of the Gospels, Cambridge, 1903.

3. fVie wurden die Bûcher des Neuen Testaments heilige Bûcher^ Tubingen, 1907.

4. Geschichte des neutestamentlichen Kanons, Leipzig, 1907-1908.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

qui les contenaient, furent cités comme Écriture sainte. Leipoldt croit que le mouvement antignostique produisit la canonisation des Actes et des épîtres, mais non celle des évangiles qui fut antérieure à cette réaction.

En résumé, notre Nouveau Testament est, d'après lui, le résultat d'une histoire compliquée. Des collections d'évangiles et de lettres apostoliques furent faites de bonne heure^ avant la fin du i^^ siècle. Mais il s'écoula un long espace de temps avant que ces collections obtinssent l'autorité canonique. Relativement assez tôt, vers le milieu du ii^ siècle, on apprit à traiter comme Écriture les apocalypses et les évangiles. Mais les épîtres pauliennes, les épîtres catholiques et les Actes ne furent regardés comme Écriture qu'une ou deux générations plus tard. Une longue période de temps s'écoula avant que fût créé un Nouveau Testament unique, qui fût la possession commune de toutes les églises. Notre canon actuel se trouve complet pour la première fois au iv^ siècle dans Athanase, Damase, Augustin. Les causes qui promurent son établissement ont été diverses. Une des premières fut la valeur des livres du Nouveau Testament, reconnue par la lecture dans les offices publics de l'Église. Une autre cause fut la nécessité de combattre les hérésies et d'établir les dogmes. Aucune théorie n'est suffisante pour expliquer ce processus. Ce fut par un développement naturel que furent élevés au rang d'Écritures canoniques des évangiles et des épîtres dont on se servait souvent, qui étaient lus fréquemment et vénérés depuis l'origine.

Gregory ^ donne comme résultat de ses recherches qu'au sens où l'on entend aujourd'hui le terme canon,

i. Canon and Texl of the New Testament, Edinburgh, 1907. — Einleitung in das Neue Testament : I, Kritik des Kanons, Leipzig, 1909.

il n'y eut jamais un canon du Nouveau Testament. A aucune période de l'histoire du christianisme la nécessité ne fut apparente pour toute TEglise de dire quels sont exactement les livres qui sont Écriture et ceux qui ne le sont pas. Les livres du Nouveau Testament furent en grande majorité écrits avant l'an 100. Les évangiles et les épîtres de Paul formaient les deux grandes divisions de cette collection. Un ou plusieurs évangiles ou une combinaison des quatre, quelques lettres de Paul étaient dans toutes les communautés de l'Église longtemps avant Tan 200. On ne voit pas comment se formèrent ces collections et comment elles se répandirent. Ce que nous savons de la communication des épîtres d'Ignace martyr entre les communautés de Philippes, de Smyrne et d'Antioche est une indication. L'Église ne jugea pas à propos de porter un jugement sur ces livres. Finalement, on dressa des listes de livres bons, de moins bons et de mauvais. Peu à peu, les listes se complétèrent. La liste qui a été nommée de Gélase et plus tard d'Hormisdas pourrait être intitulée : Liste des livres qui forment la bibliothèque du chrétien. Il n'y eut pas d'établissement du canon en ce sens qu'un concile général fixa la question. Le nombre des livres du Nouveau Testament augménta peu à peu. Quand on avait à décider du caractère sacré d'un livre on se demandait s'il était d'un apôtre ou non, ou s'il pouvait être rattaché à un apôtre. D'autres raisons d'adoption jouèrent un rôle à des époques et en des lieux différents. Il n'y eut aucune règle générale pour déterminer la bonté d'un livre. Il faut donc rejeter cette idée que durant le ii® siècle, l'esprit de Dieu rassembla les livres en un Testament Nouveau, tel que nous le possédons et que, depuis ce temps, l'Église chrétienne s'est tenue exactement à ce livre.

NOTIONS PRÉLIMINAIRES

Nous n'avons pas à discuter ici les divers points de vue auxquels se sont placés les auteurs sus-mentionnés, ni les opinions qu'ils ont émises; leur justesse ou leur fausseté ressortira de l'exposé objectif que nous allons présenter des faits que relève Thistoire du Nouveau Testament dans l'Église chrétienne.

g 3. — Les citations et formules de citàtion chez les premiers écrivains chrétiens.

Remarquons tout d'abord que la façon de citer des écrivains anciens n'était pas la même que la nôtre, en ce qui concerne la littéralité. Leurs écrits n'étaient pas d'ailleurs disposés de façon à ce que l'on pût facilement les consulter pour trouver un texte ; aussi l'on s'en rapportait plutôt, dans la citation qu'on en donnait, au souvenir qu'on en avait. Les livres du Nouveau Testament ont été cités par les anciens écrivains ecclésiastiques de la même manière que les autres livres de l'antiquité, c'est-à-dire assez peu exactement. Il faut, de plus, tenir compte d'abord, pour les évangiles, de la tradition orale des paroles de Notre- Seigneur qui avait pu modifier les termes, exprimant les sentences, et ensuite de l'existence des récits parallèles dans les trois synoptiques, lesquels influaient les uns sur les autres. Nous ne devrons donc pas rejeter toute citation qui ne serait pas littérale ou presque littérale; il faudra se rappeler, surtout pour les premiers écrivains chrétiens, jusqu'à saint Justin inclusivement et même pour d'autres écrivains postérieurs, leur habitude de ne pas s'astreindre à la littéralité dans leurs citations. Les écrivains plus récents sont plus soucieux de citer littéralement; cependant, on rencontre encore souvent dans leurs ouvrages des

CITATIOiNS CHEZ LES PREMIERS ÉCRIVAINS CHRÉTIENS. 11

passages des saintes Écritures modifiés, tronqués, arrangés. Origène lui-même, à qui certes on ne saurait refuser une connaissance approfondie des livres saints, n'est pas exempt de reproches à ce sujet. « Origène, dit Paulin Martin', cite le Nouveau Testament avec la plus grande liberté, on pourrait dire avec la plus grande licence, retranchant, ajoutant, substituant, transposant sans règle ni mesure, à tel point qu'il donne quelquefois trois ou quatre leçons différentes sur le même point... 11 n'est pas le seul Père qui ait cité le Nouveau Testament avec une extrême liberté : tous les Pères grecs l'avaient fait avant lui et beaucoup ont continué à le faire après lui. »

Nous reconnaîtrons cependant que les premiers écrivains chrétiens, du moins quelques-uns, ont cité plus littéralement les livres de l'Ancien Testament que les écrits du Nouveau, sans cependant reproduire toujours exactement les textes. Saint Clément Romain, dans son épître aux Corinthiens, cite exactement lorsque le passage est long, IV, X, et surtout les citations des psaumes : XXVII, XLVI, XLVII, L, etc. ; les différences avec les Septante peuvent provenir des manuscrits des Septante. Quand les sentences sont courtes, elles sont citées assez inexactement. La Didachè possède deux citations presque textuelles : Did. XIV, 3 = MaL I, 11 QiDid. XVI, 7 = Zach. XIV, 5. Dans d'autres passages, on a seulement des réminiscences. Saint Ignace d'Antioche cite l'Ancien Testament de mémoire et toujours inexactement. Saint Polycarpe a plutôt des réminiscences fondues dans le texte que des citations de l'Ancien Testament. Le Pasteur d'Hermas ne contient aucune citation directe de l'Ancien Testament.

1. Les plus anciens manuscrits grecs du Nouveau Testament; Revue des Questions historiques, t. XXVI, p. 82, 83, Paris.

KOTIONS PRÉLIMINAIRES.

Saint Barnabé cite presque littéralement les psaumes et Isaïe; pour les autres livres, il cite de mémoire et prend des libertés avec les textes, même lorsqu'il les fait précéder de la formuleXsyst, et qu'il indique le livre : Ae^et auTOÏç Iv Tto Aeuxepovojjn'w* Kai 8ia67^<yo[jLat Tcpoç tov Xaov TouTov Ta Si)taiw{j(.aTà [jlou, et la suite, passage qui n'est pas une citation, mais un résumé de Deut. IV, 1-23. Nous avons un exemple analogue dans la pseudoépître de saint Clément aux Corinthiens, VI, 8 : Asyet 02 xat ^ YP^'Ï^ Tw 'le^sxiv^X, on eotv avadTrj Nws xai 'Iwê xat Aavt/jX, ou ^uaoviai toc xéxva aùtwv Iv ty) aî/jjLaXwTia, compilation très large d'Ezéchiel, XIV, 14, 18, 20. Saint Justin cite aussi très inexactement, le plus souvent de mémoire et sans nommer ses sources. Exceptons cependant un long passage d'Isaïe, LXV, 17-25, dans le Dialogue avec Tryphon, 81. Saint Irénée est plus exact et plus précis ; souvent il indique le livre ou l'écrivain auquel il emprunte ses citations.

Signalons cette caractéristique générale des citations, soit dans le Nouveau Testament, soit dans les écrivains chrétiens, qui consiste à fondre ensemble des textes d'un même auteur ou d'auteurs différents et à accumuler des textes extraits de livres différents. Saint Paul nous en fournit de nombreux exemples. Ainsi, Rom. III, 10-18, nous avons des citations de Ps. XIV, 1-3 ; LUI, 2-4; V, 10; CXL, 4; X, 7; haïe, LIX, 7, 8; Ps. XXXVI, 2. Cf. Rom, XV, 9-12; II Cor. VI, 16-18. Comme simples sentences composites nous citerons : Rom. III, 4 = Ps. CXVI, 11 ; LI, 6, ou Rom. IX, 33 ;

IX, 8 ; I Cor. XV, 54, 57, etc. Nous retrouvons ce procédé dans les autres écrivains du Nouveau Testament : I Pr. II, 6-10 = Isaïe, XXVIII, 16; Ps. CXVIII, 22; Isaïe, VIII, 14; XLIII,20; i?^. XIX, 16; XXIII, 22; — Apoc. XV, 3,4 = Deut.X\Xll, 4; Ps. CXI, 7; Jérémie,

X, 6, 7, ainsi que dans les écrivains chrétiens : Barn.

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