‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 42 sur 259 · Adv, Haer. I · texte numérisé non relu

Adv, Haer. I

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laires, d'Origène, de saint Basile. Ces exemples prouvent que le terme Xoyiov n'était pas restreint au sens de oracle, sentence, surtout au temps de Papias.

Laquelle de ces deux significations de Xoytov Papias a-t-il donc employée? Son livre portait pour titre : Explication des Logia dominicaux : 'E^/iyriaK; Xoy'ojv xuptaxtov. Remarquons, en passant, qu'on a soutenu que le terme êçyiy'O^^^ peut signifier exposition, c'est-à-dire simplement présentation de sentences et non explication. Ce dernier sens serait plus récent. C'est possible, mais Eusèbe l'employait dans cette signification, qui était classique. Et il semble bien que Papias n'avait pas en vue seulement de rapporter les Logia du Seigneur, mais aussi de les interpréter. Donc le mot Logia paraît signifier ici : oracles, sentences, car, dit-on, on n'interprète pas des faits. Cependant, il rapportait des laits dans son livre, ce qui tendrait à prouver qu'il ne faut pas trop s'a])puyer sur la signification des termes. D'ailleurs, ne peut-on pas aussi interpréter des faits? De plus, si Papias, dans son livre, a donné, comme on Ta soutenu V une interprétation des prophéties messianiques concernant le Seigneur, d où le titre : Aoyiojv xupiaxoiv e^r.YYidK;, il n'y aurait pas lieu de comparer le sens que Papias donne ici au terme Xoyiov à celui qu'il lui donne en parlant des Logia que Matthieu a mis en ordre. Mais nous prouverons plus loin que le livre de Papias était autre chose qu'une interp»*étation des oracles concernant le Seigneur. Il semblerait donc établi que Papias a eu en vue un recueil, où les sentences étaient en majorité — de là peut-être le terme choisi — mais qui contenait aussi des faits; par conséquent, il a mentionné ici un évangile de Matthieu. A son époque, Matthieu existait au complet.

1. ScHMiEDEL, art. Gospels, dans Encyclopœdia biblica de Cheyne, col. 1840. London, 1901.

Il est vrai qu'en parlant de Marc, Papias dit que celuici écrivit les choses dites ou faites par le Seigneur et que Matthieu rassembla les Logia (sentences). Il y aurait opposition entre l'œuvre de l'un et celle de l'autre; dans Marc on trouve des paroles et des faits, dans Matthieu des sentences (paroles). Cette observation trancherait la question si les deux textes, rapprochés dans Eusèbe, l'avaient été aussi dans Papias, ce que nous ne savons pas. Il semble, a-t-ondit, que lorsqu'il veut parler de discours il emploie le terme l6yo(; et non XoYiov. « Pierre, dit-il, selon les besoins donnait des enseignements, mais n'établissait pas une mise en ordre des discours du Seigneur, twv xupiaxwvXoywv ^ . » Quoiqu'il en soit, il est probable que Papias n'a pas fait allusion à une mise en ordre de sentences, analogues à celles que l'on a trouvées à Behnesa, mais plutôt à un recueil où les discours dominaient, mais étaient replacés dans leur cadre historique, tel que se présente l'évangile canonique de saint Matthieu.

Cet évangile araméen de Matthieu dont parle Papias est-il l'original du Matthieu grec canonique, qui serait représenté par une des traductions que chacun faisait, selon qu'il en était capable? Nous ne pouvons le savoir. L'évangile grec de Matthieu existait certainement au temps où Papias écrivait. Mais ces traductions dont il parle ne sont probablement pas des traductions écrites, mais plutôt des traductions orales du Matthieu araméen, dites de vive voix et analogues à celles de l'Ancien Testament hébreu, qui étaient en pratique dans les synagogues. Mais ces traductions orales n'étaient déjà plus pratiquées au temps de Papias, car il en

1. Cette observation n'est exacte que si Ton adopte la leçon X^ytov des Mss. ATI. Schwai tz a accepté la leçon Xoycwv des Mss. T'LUBOM, qui parait mieux appuyée.

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parle comme d'un usage du passé, puisqu'il dit que chacun les traduisait, rjptxrjveuaev, suivant qu'il en était capable. L'emploi de Taoriste indique un événement complètement passé, qui ne dure plus.

Il est donc établi d'après Papias que saint Matthieu a écrit un évangile en araméen. Saint Irénée l'affirme aussi très nettement et la tradition subséquente confirme ce fait. Reste donc toujours la question de savoir si le Matthieu grec canonique est la traduction du Matthieu araméen, dont parlent Papias et saint Irénée. On ne peut répondre affirmativement, si l'on accepte les hypothèses actuelles sur la formation des évangiles synoptiques. Et d'abord, le Matthieu grec paraît être une œuvre originale et non une traduction. De plus, les rapports de langue et d'idées entre les trois évangiles grecs prouvent, dit-on, que notre Matthieu actuel est basé sur un original grec. Sur cette question, nous nous en tiendrons à ce que nous avons déjà dit ^ à savoir que de l'examen interne de l'évangile de saint Matthieu il résulte que tout l'écrit original a pu être un Matthieu araméen. D'autre part, la tradition est en faveur d'un Matthieu original araméen. Nous ne pouvons abandonner cette tradition très ferme sous prétexte qu'elle n'est pas en accord avec des systèmes, qu'on peut bien qualifier d'hypothèses. Nous étudierons plus tard à nouveau cette question.

Peut-on affirmer, enfin, que Papias tenait les évangiles écrits en haute estime, puisqu'il affirme dans la préface de son livre ^ qu'il croit que les choses exprimées par une parole vivante et demeurante lui sont plus profitables que celles qui sont dans les livres? Observons que Papias ne met pas ici en opposition les évangiles écrits avec la tradition orale. 11 veut expliquer

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