Histoire des livres du N, T, II, p. 37.^», 6« éd
EusÈBE, Hist, eccl. 111,39= 3. * ,
ce que sera son livre. Du peu qui nous en reste dans saint [renée et Eusèbe nous voyons, ainsi que Fa démontré Lightfoot, qu'il consistait en un texte, qui représentait nos évangiles, et une iaterprétation du texte, appuyée sur des traditions orales, qui lui venaient des disciples des apôtres et qu'il préférait aux explications que les écrivains gnostiques, Basilide et Valentin, donnaient dans leurs écrits. C'est ces livres-là qu'il rejette et non les évangiles écrits. C'est bien l'exégèse des textes qu'il a ici en vue et non les textes eux-mêmes. Ces livres qu'il rejette « ce sont les écrits de ceux qui se plaisent à dire beaucoup de choses et qui mêlent à leur enseignement des commandements étrangers qui n'ont point été donnés à la loi par le Seigneur ^ ». Il est impossible qu'il en soit autrement. Comment Papias aurait-il pu rejeter des évangiles qu'il reconnaît lui-même avoir élé écrits par un apôtre ou sous l'inspiration d'un apôtre, pour adopter des enseignements oraux, issus des mêmes apôtres ou de disciples du Seigneur? Il a donc visé les interprétations de ceux qui, suivant l'expression de saint Irénée^, dénaturant les paroles du Seigneur, ^aSioupYouvrc; toc Xoyia Kupiou, sont de mauvais exégètes des clioses bien dites, l^r.YTrjTïl xaxoi xwv kolImç £ipYiuL£vo)v yi^oH^E^oi» C'est presque le titre du livre de Papias. Il existait à cette époque des gens qui, encore au dire de saint Irénée ^, essayaient de l'onder leurs interprétations sur les écrits évangéliques et apostoliques, mais pervertissaient les traductions, èpîJLy)V£(a<, et faussaient les interprétations, les explications, Ta; EÇYiYvîdetç. On s'explique très bien que Papias n'ait pas voulu accepter les exégèses de ces gens-là. Eusèbe ne nous a conservé aucun témoignage de