Ib, I, 4, C
PÉRIODE DES PÈRES APOLOGISTES
Papias sur l'évangile de saint Luc, non plus que sur l'évangile de saint Jean. On ne peut conclure de ce silence qu'il ne les a pas connus, ou qu'il ne les plaçait pas sur le même pied que les évangiles de saint Matthieu et de saint Marc; il est probable, ainsi que nous l'avons déjà établi ^ qu'Eusèbe n'a pas rapporté le témoignage de Papias sur ces deux écrits, parce qu'il n'offrait rien de particulier. 11 serait étonnant d'ailleurs que Papias eût ignoré le IV^ évangile puisque, d'après Eusèbe 2, il s'est servi de témoignages tirés de la première épître de saint Jean et de la première épître de saint Pierre. S'il fallait en croire l'argument placé en tête du IV^ évangile dans les Codex Vaticanus, ix® siècle, Toletanus, siècle, Papias aurait écrit à la fin de son ouvrage que l'évangile de Jean avait été donné aux églises par Jean encore vivant. La valeur historique de ce témoignage est très affaiblie par le fait qu'il rapporte des détails erronés, à savoir que Papias aurait écrit le IV^ évangile sous la dictée de Jean, que Marcion était contemporain de Jean. Nous remarquerons cependant avec Loisy ^ qu'il est très possible que Papias ait connu l'évangile de saint Jean mais qu'il ne s'en soit guère servi parce que la forme des discours du Seigneur dans les Synoptiques convenait mieux au but qu'il se proposait en écrivant son livre.
Dans son commentaire sur l'Apocalypse, Andréas S évêque de Césarée de Cappadoce, vii^ siècle, rapporte que Papias a cité deux passages de l'Apocalypse. Arethas^, successeur d'Andréas sur le siège de Césarée, donne aussi deux passages que Papias aurait empruntés à l'Apocalypse.