LES PREMIÈRES COMMUNAUTÉS CHRÉTIENNES
très un grand nombre de Juifs adhérèrent à la nouvelle doctrine, et que ce nombre augmenta à la suite des prédications de Pierre. Ces disciples du Christ s'assemblaient pour prier et rompre le pain en commun, et souvent dans les Actes il est question de ces réunions de la communauté. A Jérusalem, ces réunions s'organisèrent sur le modèle de celles de la synagogue. Or, au temps de Notre-Seigneur, les livres de TAncien Testament étaient lus dans les synagogues juives ; à chaque réunion, on lisait un passage de la loi et un passage des prophètes, de façon à ce que tous'les livres de la Bible fussent lus dans l'espace de trois ans. Ces livres que Josèphe appelait tgpat piêXoi, piêXia hpa, ispà Ypà(ji|jLaTa, étaient tenus par les Juifs en la plus haute vénération. Ils étaient l'expression de la révélation de Dieu à son peuple ; ils étaient la voix de Dieu et, par conséquent, la source de toute vérité et la règle de la conduite. Ils étaient inspirés de Dieu jusque dans leurs termes mêmes, et ne contenaient aucune erreur. La loi de Moïse avait été préexistante en Dieu et était descendue tout écrite du ciel ; elle est la source du salut de l'homme, son souverain bien, source delà vie, de la lumière, de sanctification, de rafraîchissement. « Celui, dit le traité Sanhédrin, X, 1, qui prétend que la Thora ne vient pas du ciel n'aura point de part au monde à venir. »
Notre-Seigneur s'est servi de l'Ancien Testament, en a parlé et lui a attribué, comme ses compatriotes, l'autorité d'une parole divine. Il nomme la loi et les prophètes, Matth. XXII, 40. Il faut que soit accompli, dit-il, Lucy XXIV, 44, tout ce qui est écrit de moi dans laloide Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. 11 énumérait ainsi l'ensemble des livres bibliques, groupés à cette époque et encore aujourd'hui en trois catégories : la Thora, les Nebiim, les Kethoubim. De ces
NOTIOiNS PRÉLIMINAIRES.
derniers il nomme les plus importants, les psaumes. Il n'est pas venu d'ailleurs pour abolir la loi, mais pour l'accomplir. A chaque page des évangiles se montre le respect de Jésus pour les Livres sacrés. Pour lui ils sontl'Ecriture par excellence, ypacprj, Luc, IV, 21 ; Jearij VII, 38; l'Ecriture ne peut être détruite, Auôvjvai, Jean^ X, 35. Il rappelle les commandements de l'Écriture, ^i^^fXTz-çoLK, pour appuyer ses paroles ou ses actes : Matth. IV, 4, 6, 7 ; XXI, 13; Marc, VII, 6; Luc, X, 26, etc.
Les apôtres eurent pour l'Ancien Testament la même vénération. Pour eux aussi, son texte était la parole de Dieu, la règle infaillible de la conduite. Pour établir que Jésus est le Messie, Pierre dans ses discours des Actes, II, 22 ss., III, 20 ss., etc., s'appuie principalement sur ce fait qu'il a réalisé en lui les Ecritures.
Les épîtres de saint Paul sont un tissu de textes de l'Ancien Testament ; les raisonnements sont, comme cela se pratiquait dans les écoles rabbiniques, constamment établis par des preuves scripturaires. L'Écriture est inspirée de Dieu, irada ypa^v) QeoTiveiKyToç, II Tim. III, 16. « Il n'y a pas le moindre doute, dit Reuss \ que les apôtres et généralement les chrétiens de leur temps n'aient considéré la loi et les prophètes comme divinement inspirés et, par conséquent, les paroles de l'Écriture, non comme des paroles d'homme, mais comme des paroles de Dieu. C'est l'esprit de Dieu qui parle par la bouche des orateurs sacrés, Act. I, 16; III, 18, 21; Hébî\ III, 7 ; IV, 7; IX, 8, etc., et les prophètes en écrivant sont dans une situation toute particulière et exceptionnelle, qui exclut l'idée d'une erreur vulgaire et humaine, Matth. XXII, 43. A cet égard, le roi David, considéré comme l'auteur de tous les psaumes, parti-
i. Ilisloire du canon des saintes Ecritures dans l'Église chrétiemie, p. 13.