Voir l'ouvrage cité plus haut
transmis parmi les écrits catholiques et qu'aucun écri vain ecclésiastique ancien ou contemporain ne s'e servi de témoignages extraits de ceux-ci : ''Oti (jl^
Proté{>an(jile de Jacques, — Tel que nous le poss dons, cet évangile est un écrit composite. L'écrit fond mental, d'origine judéo-chrétienne, date de la premiè moitié du ii*^ siècle. Il a été connu d'Origène qui l'appel BiêXoç 'laxtoêou. La seule question qui nous importe e de savoir si cet évangile, dans sa forme primitive, été utilisé et estimé à l'égal des évangiles canoniqu par saint Justin et par Clément d'Alexandrie. Nou avons déjà étudié cette question à propos de saint Justin, et nous y reviendrons quand nous parlerons de Clément d'Alexandrie ^ .
Fragment du Fayoûm et Logia de Behnesa, — Nous mentionnerons seulement le fragment d'évangile découvert au Fayoûm et les Logia du Seigneur, trouvés à Behnesa. Ils intéressent peu notre étude, car leur date de composition est très incertaine et nous ne savons à quel évangile les rattacher, ni quel usage il en a été fait.
Les Actes de Paul et de Thècle. — Cet écrit apocryphe a dû être écrit vers 130-170, ou plus précisément vers 160-170. C'est l'histoire de la vierge Thékla, convertie à Iconium par l'apôtre Paul, et des nombreuses tribulations qu'eurent à subir Paul et Thékla à la suite de cette conversion. Le récit est légendaire, mais il trahit une connaissance très exacte des Actes des apôtres. Un discours, qu'aurait prononcé saint Paul, rappelle le commencement du Sermon sur la montagne de saint
i. Voir sur cet apocryphe les récentes pul)licalions de Abiann, Le Protévanffile de Jacques et ses remaniements latins, Paris, 4910; Michel, Evangiles apocryphes : Protévangile de Jacques, V^riSy 1911.
LES ÉCRITS APOCRYPHES
Matthieu. Les personnages d'Onésiphore, Démas et Hermogène doivent provenir de la 11^ épître à Timothée, I, 15, 16, et IV, 10. Il y a aussi d'autres emprunts aux épîtres de saint Paul ^ .
Les Testaments des douze patriarches, — Cet apocryphe nous fournirait un témoignage très important sur l'usage des écrits néotestamentaires vers le milieu du II® siècle, si l'on pouvait établir qu'il a été écrit à cette époque . Mais la question est adhuc sub judice.
D'après Charles, le dernier éditeur des Testaments^, ceux-ci auraient été écrits : l'original hébreu vers l'an 109-107 avant J.-C. et la version grecque au plus tard en l'an 50 après J.-C. Il relève de nombreuses concordances entre les Testaments des douze patriarches et les évangiles de saint Matthieu, saint Luc, saint Jean, les Actes, les épîtres aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Ephésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Thessaloniciens, à Timothée, à Philémon, les épîtres de saint Pierre, de saint Jacques, de saint Jean, de saint Jude, l'Apocalypse, bref, tous les livres du Nouveau Testament, sauf l'évangile de saint Marc et l'épître aux Hébreux. Quelques-unes sont presque littérales :
Matth. XXV, 35, 36 : 'ETuecvaaa yàp xat èôwxaTE jjloi çayeïv. . . rjdôe- VYi<ja xal eTreffxévj^aaôé [le, èv opuXax^ TÎfXYiv xai ^^Xôaie Trpoç jjls.
Jean^ I, 9 : Toçwç... ô çwiiJlet TuàvTa àvOpcoTiov èpxofjievov eiçxôv
Test. Josejjh, I, 5, 6 : 'Ev XtuiÇ cruv£<rx^^^"^5 "^^^ aOtb; ô Kuptoç ôis- 6pei|;£ jjLS... èv àffôevei'ot ij(JLY]v xai ô Kvpio; èizzGY,i^0Lx6 {xe, èv cpyXax^ ij|XY)v xat ©coç (JLOu èxapiTwaé [lb.
Test. Lévi, XIV, 4 : T6 çw; Tou v6(/.ou To ôo6èv cl; ^coTiapLov TuavTo; àv8p(OTîou.
1. On trouvera une bibliographie complète de cet apocryphe dans Hennecke, Handbuch zu den neutestamentlichen Apokryphen^ p. 359. ïùbingen, 1904.
2. The Testaments of the tivelve Patriarchs, London, 1908; The greek Versions of the Testaments of the twelve Patriarchs, London,
I Thess. Il, 16 : ''Eçôaffsv 8è
I, 32 : O'j (xovov aûxà 7ioioyc"iv àXXà xat GuveuSoxoûaiv
Lévi, VI, 11 : ''E^ôaffg ht a'jToOc i\ ôpYrj tou 0eoO ek xéXo;.
^5cr, VI, 2 : Kal Trpdcd- <70\j(ii To xax6v, xai cruveuSoxoOffi Toîç Trpaorcroudtv.
Les concordances des Testaments avec les épîtres pauliniennes sont très nombreuses et très rapprochées. Comparez encore : Rom. I, 21 = T. Ruberiy III, 8; Rom. VI, 7 = r. Siméon, VI, 1 ; iîo/n. XII, i^T. Léçi, III, 6; iî?/?A. I, 5 = T, Benjamin, XI, 2 ; Eph, V, 6 =3 Nephtali, III, 1 ; Co/. III, 5=7. /«^^, XIX, 1 ; I Tim, I, 13 = T. Juda, XIX, 3, etc. Ce qui est plus significatif c^est qu'on relève dans les Testaments et dans les épîtres pauliniennes des expressions qu'on ne trouve pas dans le reste du Nouveau Testament : ai(j6y)(7t<;, aTrXoTYiç, àpeaxt-ia, iXapoTY)?, 7rXaar|xa, GTspgwuLa, uTTSpexTTSpKJdou, çudiow, ctC. Ctiarlcs COmptC
soixante-douze mots de ce genre et fait observer qu'on pourrait dresser des listes semblables des mots communs aux Testaments des patriarches et aux écrits de saint Luc.
Le témoignage des Testaments serait donc, on le voit, très important si l'on pouvait démontrer catégoriquement que l'auteur a emprunté ses phrases et ses \ expressions aux écrits du Nouveau Testament, mais Charles croit et essaie de démontrer que c'est plutôt les Testaments qui représentent l'écrit original d'où proviendraient les phrases ressemblantes du Nouveau Testament. Cette hypothèse a été combattue par Plummer dans VExpositor, février 1909, et dans son Cornmentai y on the Gospel according to S, MattheWy London, 1909, p. xxxiv et par le P. Lagrange, dans la Res>ue biblique, 1908, p. 442. Il nous semble impossible d'admettre que les écrivains du Nouveau Testament aient pu tous s'inspirer d'un même écrit, et d'autre
LES ÉCRITS APOCRYPHES
part que Tauteur des Testaments ait pu emprunter des sentences à tous les livres du Nouveau Testament, plus ou moins dispersés à cette époque et non réunis en collection. Il est plus simple de penser que certaines phrases ressemblantes viennent d'un même fond traditionnel, auquel auraient puisé les écrivains des deux ouvrages. Quant à celles qui sont littérales, il est possible qu'elles aient été introduites dans les Testaments par un interpolateur. Charles, p. lxi, admet qu'ils contiennent de nombreuses additions chrétiennes et, en effet, celles qu'il cite sont certaines. Ainsi, c'est à un chrétien que serait dû l'éloge où l'on voit une allusion à saint Paul. C'est Benjamin qui parle et qui aurait dit de son descendant : « Et dans les derniers temps il s'élèvera de ma semence un aimé du Seigneur, àyaTryjTbç Kupiou [écoutant sa voix], et faisant le bon plaisir de sa volonté, [éclairant par une science nouvelle toutes les nations, lumière de science, s'avançant contre Israël dans le salut et les dépouillant comme un loup et donnant aux synagogues dt s nations. Et jusqu'à la consommation du siècle, il sera dans les synagogues des nations et parmi leurs chefs comme un chant musical dans la bouche de tous. Et il sera inscrit dans les saints livres pour ses actes et pour ses paroles, et il sera élu de Dieu pour toujours. Et par eux il ira çà et là, comme Jacob, mon père, disant : « Celui-là accomplira ce qui manque à notre tribut »] Nous ne parlerons pas des autres écrits apocryphes ; ils sont tous d'origine plus tardive que l'époque à laquelle nous sommes arrivé. Nous les mentionnerons plus loin, si c'est nécessaire. En tout cas, aucun d'eux n'a obtenu la lecture publique dans les communautés catholiques.
i. Les passages entre crochets sont des additions, qui ne se trouvent que dans le manuscrit B.