Adv. Marc, IV
communio ejus inter nos et Marcionem de veritate disceptat, adeo antiquius Marcione est, quod est seeundum nos ut et ipse illi Marcion aliquando crediderit... Si enim id Evangelium quod Lucae refertur pênes nos (viderimus an est pênes Marcionem) ipsum est quod Marcion per antithèses suas arguit ut interpolatum a protectoribus judaïsmi ad concorporationem Legis et prophetarum qua etiam Christum inde configerent, utique non potuisset arguere nisi quod invenerat. »
L'œuvre de Marcion était donc, ainsi que le dit Zahn, une œuvre artificielle, Tœuvre d'un législateur despotique. Nous trouvons très exacte la conclusion de Batiffol^ : « Nous ne nous refusons donc pas à dire que le canon publié par Marcion est le premier canon dont il y ait souvenir. Mais nous ajouterons aussitôt que ce canon en suppose un préexistant. Car la critique de Marcion est une réaction précisément contre la tendance à mettre le Nouveau Testament sur le même pied que l'Ancien Testament et cette critique suppose qu'un bloc est déjà formé contre lequel elle n'a rien pu. »
D'ailleurs, nous allons voir apparaître subitement dans les écrits presque contemporains de Marcion la collection des évangiles — le tétramorphe, nommé par saint Irénée — des épîtres de saint Paul et de quelques autres écrits, ce qui prouve bien que cette collection existait, bien que nous n'en ayons pas la preuve appuyée sur un document.
En définitive, le choix qu'a fait Marcion prouve qu'il existait, à son époque, d'autres livres tenus aussi pour Ecriture. De plus, malgré l'extension de la secte et les attaques des Marcionites contre ces livres, l'Église conserva intacte la collection d'écrits qu'elle possédait.
Remarquons, en terminant, qu'on ne trouve chez
i. Revue biblique, Paris, 1003, p. 2G.
Marcion aucune citation d'évangile apocryphe. L'épître aux Laodicéens qui, dans sa collection, est jointe aux épîtres pauliniennes, n'est pas l'épîlre de ce nom qui eut cours au moyen âge, ainsi que nous le dirons plus loin, mais Fépître aux Ephésiens.