Hisl. eccl. IV, 2G, d
fait supposer qu'il connaissait un Nouveau Testament.
Cette hypothèse estappuyée sur des conjectures inadmissibles. Les évangiles, que nous qualifierons d'extracanoniques, parce qu'ils n'ont jamais été admis dans le canon du Nouveau Testament, tels que l'évangile selon les Hébreux, l'évangile selon les Egyptiens, ont eu en effet une circulation très limitée ; ils étaient indigènes et adoptés dans leur patrie d'origine. Ils n'étaient pas lus, à l'exclusion des évangiles canoniques, car il n'est pas prouvé qu'ils aient existé avant ceuxci. Les évangiles des hérétiques étaient lus par les membres seuls de la secte. La situation n'est plus la même pour les évangiles canoniques ; dès l'origine, nous les trouvons répandus partout. Nous avons établi ce fait précédemment. Ils ne sont pas nés d'ailleurs dans une église particulière, indépendamment les uns des autres. Il a été prouvé par l'étude de leur contenu que les trois synoptiques, au moins, sont intimement liés.
Il est, en outre, difficile d'admettre que l'Église a adopté comme officiels nos quatre évangiles dans le but de lutter contre les hérésies gnostiques et montanistes. Comment, dans ce cas, eût-on admis d'un commun accord dans le recueil des évangiles, l'évangile de Jean qui avait reçu un accueil si favorable de la part des gnostiques et qui, depuis Basilides jusqu'à Valentin, était employé dans leurs écoles, au point que ce fut probablement dans leur sein qu'il fut commenté pour la première fois ? On n'aurait pas non plus adopté l'évangile de saint Luc, car Marcion l'avait fait sien. Donc, l'Eglise n'aurait pas reçu comme inspirés nos quatre évangiles, puisque chacune des hérésies de ce temps s'était approprié l'un d'eux. D'après saint Irénée^ les Ebionites se servent de l'évangile selon saint