‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 88 sur 259 · Adv, Haer. III · texte numérisé non relu

Adv, Haer. III

la paix aux églises d'Asie et de Phrygie, trouble'es par les hérésies montanistes. Les mêmes martyrs exhortaient le pape à recevoir Irénée, leur frère et compagnon, comme un zélateur du testament du Christ ^

De cette brève esquisse, on peut déduire que saint Irénée était un représentant autorisé de la tradition des églises d'Orient, de Rome et des Gaules, en d'autres termes, de presque toute l'Église chrétienne. Il avait été instruit par les disciples immédiats ou médiats du Seigneur et il avait reçu une bonne culture hellénique, car, dans ses écrits, il cite les poètes et les philosophes grecs, Homère, Hésiode, Pindare, Thalès, Pythagore, Démocrite, Aristote et surtout Platon, dont il analyse les doctrines en plusieurs passages de son traité ; il déclare ce dernier plus religieux que les hérétiques^. TertuUien a dit de lui avec justesse qu'il était omnium doctrinarum curiosissimus explorator^ ,

Ses ouvrages sont nombreux. Le plus important est le Traité contre les Hérésies, qui porte en tête le titre suivant : ''EXsyx.o; xai avaipoTir) t7]c; '^£uS(ovu(jt.ou y^^^^^^^- Il aurait été écrit, d'après Harnack, entre 181 et 189. Nous n'en possédons plus qu'une traduction latine, et de longs fragments grecs que l'on a extraits des Philosophoumena^ des œuvres d'Eusèbe, de saint Epiphane et de Théodoret. La version latine, très littérale et d'un latin barbare, a peut-être été faite du vivant de saint Irénée; en tout cas, elle est très ancienne, car Tertullien parait avoir connu VAdi^ersus Haej-eses; il est vrai qu'il a pu le lire en grec. Cette traduction est certainement antérieure à saint Augustin, qui l'a citée.

C'est de ce traité contre les hérésies que nous tirerons tous nos renseignements sur l'usage que saint

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