‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 97 sur 259 · Hist. of the Canon of the New Testament, p · texte numérisé non relu

Hist. of the Canon of the New Testament, p

Correction du texte, — (Ali)quibus (quibus, W.) tamen interfuit et ita posuit.

Tertium evangelii librum secundum Lucan Lucas iste medicus, post ascensum Christi cum eum Paul us quasi itineris (ut juris, W.) studiosum secum (secundum, W.) Q^dsumsisset, nominesuo exordine (opinione W.) conscripsit ; dominum tamen nec ipse vidit in carne. Et idem, proutassequi potuit, ita et a nativitate Johannis incipit (incepit, W.) dicere.

Le fragment commence par une fin de phrase : Quibus tamen interfuit et ita posuit. Il est probable que, dans les lignes précédentes, l'écrivain avait parlé du premier évangile selon Matthieu et du second selon Marc, et reproduisait ici une tradition analogue à celle qu'avait enregistrée Papias. Avant cette première ligne, il mentionnait donc le second évangile, lequel était selon Marc, si l'auteur du fragment a employé la même forme que pour le troisième. Marc, a-t-il dû dire, aurait rapporté la prédication de saint Pierre. (( Il avait cependant été présent à quelques-uns des faits, quibus tamen interfuit, et les a racontés comme il les avait vus. » Westcott pense que quibus interfuit se rapporterait aux entretiens de Marc avec Pierre, et rétablit ainsi le texte : colloquiis quibus interfuit. Interesse colloquio est de bonne latinité. Mais que signifierait tamen?

« Le troisième livre de l'Évangile est selon Luc. Luc, ce médecin, après l'ascension du Seigneur, lorsque Paul le prit avec lui comme compagnon de route, quasi itineris secundum, écrivit par ouï-dire, ex opi^ nionCy en son nom. Cependant il n'avait pas vu luimême le Seigneur en sa chair et de même, ou luimême, idem \)0\\v ipse, ou c'est pourquoi, ideo, (écrivit) comme il a pu obtenir ses informations, prout assequi

potiiit. Ainsi, il a commencé à écrire, dicere^ depuis la naissance de Jean. »

On ne voit pas bien à quoi se rapporte posl ascensum Chrisii, L'écrivain a-t-il voula dire que Luc avait écrit après l'ascension du Seigneur ou que Paul l'avait pris comme compagnon après l'ascension ? La leçon cum eum au lieu de cum eo est certaine. 11 n'en est pas de même de quasi itineris, au lieu de quasi ut iuris studiosum, Çuàsiitineris est possible paléographiquement et donne un sens plausible. Mais le sens le serait autant si l'on gardait quasi ut juris en traduisant par : Paul le prit avec lui comme attaché à ce qui est juste, ou recherchant ce qui est juste. On pourrait aussi lire virtutis au lieu de ut juris, et Ton aurait le sens : Comme un assistant appliqué à la vertu. Est-ce que le nec ipse fait allusion à Marc dont il est dit plus haut qu'il n'avait pas assisté aux faits de la vie du Seigneur, ou à Paul? Plutôt à ce dernier. La leçon secum est admissible, mais on pourrait garder secundum qui signifierait que Paul a pris Luc comme second, comme assistant. La leçon ex opinionCy par ouï- dire est plausible et vaut mieux que la leçon ex ordine, en ordre, laquelle, il est vrai, rappellerait le xaôs^^ç, ex ordine, de la préface du IIP évangile.

QUARTIEUANGELIORUM.IOHANNIS EX DECIPOLIS

cohortantibus condescipulis et eps suis dixit conieiunate milii odie triduo et quid cuique fuerit reuelatum alieruirum nobis enarremus eadem nocte reue latum andrae ex apostolis ut recognis centibus cuntis lohannis suo nomine cunta discribret et ideo licit uaria sin gulis euangeliorum libris principia doceantur nihil tamen differt creden tium fedei cum uno ac principali spu de clarata sint In omnibus omnia de natiui

196 FORMATION DU CAlNOiN DU NOUVEAU TESTAMENT.

tate de passione de resurrectione

de conuesatione cum decipulis suis

ac de gemino eius aduentu

Primo In homilitate dispectus quod fo

it secundum potetate regali pîs pre

clarum quod foturum est quid ergo

mirum si lohannes tani constanter

singulaetiâ In epistulis suis proferam

dicens In semeipsu que uidimus oculis

nostris et auribus audiuimus et manus

nostrae palpauerunt haec scripsimus uobis

Sic enim non solum uisurem sed auditorem

Sed et scriptorë omnium mirabiliû dns per ordi

nem profetetur.

Correction du texte. — Quartum (quarti, W.) evangeliorum Johannis (Johannes W.) ex discipulis. [Is] cohortantibus condiscipulis et episcopissuisdixit : Conieiunale mihi hodie triduo (triduum, W.) et quid cuique fuerit revelatum, alterutrum nobis enarremus. Eadem nocte revelatum Andreae ex apostolis, ut recognoscentibus cunctis Johannes suo nomine describeret.

Et ideo, licet varia singulis evangeliorum libris principia doceantur, nihil tamen differt credentium fidei, cum uno ac principali spiritu sint in omnibus omnia de[domini] nativitate, de passione, de resurrectione, de conversatione cum discipulis suis ac de gemino eius aventu (advento, W.) primo in humilitate despecto (despectùs, W.), quod fuit, secundo (secundum, W.)potestate regali praeclaro (praeclarum, W.)? quod futurus (futurum, W.) est.

Quid ergo mirum si Johannes tam constanter singula etiam in epistulis suis proférât dicens in semetipsum: « Quae vidimus oculis nostris, et auribus audivimus et manus nostrae palpaverunt, haec scripsimus vobis. » Sic enim non solum visorem se (se ou sed, W.) et auditorem, sed et scriptorem omnium mirabilium domini per ordinem profitetur.

La première ligne consacrée au IV^ évangile a dû être corrompue. Après Quarti e^angeliorum^ il y a un point dans le manuscrit. Faut-il conjecturer Quarti Evangelî lihrum ou simplement Quartum E^^angeliumP Ou bien lire : Quartum es>angelium Johannes ex discipulis; en supprimant le point et en sous-entendant conscripsit, exprimé précédemment? Quelle que soit la lecture adoptée, le renseignement reste le même. L'écrivain veut nous raconter l'origine du 1V« évangile, et il répète une légende courante de son temps. « Jean, d'entre les disciples, ses co-disciples et évêques l'exhortant, dit : Jeûnez avec moi (à partir d'jaujourd'hui, pendant trois jours, et quoi que ce soit qui sera révélé à quelqu'un de nous, racontons-le-nous réciproquement, alterutrum nohis enarremus. La même nuit, il fut révélé à André, l'un des apôtres, que Jean rapporterait toutes choses en son nom, tous reconnaissant la vérité de son récit. »

D'après Zahn^ cette légende provient probablement des Actes apocryphes de Jean. Clément d'Alexandrie, Eusèbe et saint Jérôme rapportent aussi que Jean écrivit son évangile à la prière de son entourage ou des évêques de la province d'Asie.

On remarquera que Jean est appelé disciple, tandis qu'André est qualifié d'apôtre. Faut-il en conclure que le Jean, auteur de l'évangile, est un des disciples de Jésus et non l'apôtre Jean? Il est certain que l'auteur du fragment vise ici Jean l'apôtre, puisqu'il affirme quelques lignes plus loin que celui-ci a été le témoin oculaire et auriculaire de Jésus. Il l'a peut-être appelé Jean le disciple en souvenir du titre que celui-ci se donnait dans le quatrième évangile : l'autre disciple, le disciple que Jésus aimait, titre par lequel il était d'ail-

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