‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 2)Chapitre 98 sur 259 · Gesch* des nt. Kanons, I, p · texte numérisé non relu

Gesch* des nt. Kanons, I, p

leurs désigné dans la littérature chrétienne primitive, ainsi qu'il appert des ouvrages de saint Irénée. De plus, Jean est exhorté par ses évêques ; par conséquent, par les évêques qu'il avait établis et qui étaient sous ses ordres. Cette prééminence ne peut convenir qu'à Jean l'apôtre, duquel la tradition nous apprend le séjour à Ephèse et à qui elle attribue le gouvernement de l'église d'Asie.

La suite du texte, introduit par et ideo, n'a aucun rapport avec ce qui précède et avec ce qui suit le développement terminé par futuriim est. On dirait que nous avons ici une enclave apologétique qui n'est placée là, après la mention des quatre évangiles, que pour répondre à ceux qui attaquaient la valeur historique des évangiles, sous prétexte qu'il existait entre eux des divergences. Elles sont tout extérieures, afïïrme le Muratorianum : les évangiles racontent les mêmes faits principaux de la vie de Jésus, sous l'impulsion d'un seul et souverain esprit.

« Et c'est pourquoi, bien que des doctrines diverses soient enseignées dans chacun des livres des évangiles, licet çaria singulis evangeliorum libris principia ^ doceantur, il n'y a cependant aucune différence pour la foi des croyants, nihil tameii differt credentium fidei^ puisque dans tous (les évangiles) sont exprimées [declarata] par un seul et souverain esprit toutes choses sur la naissance, la passion, la résurrection, la vie intime, conversationey du Seigneur avec ses disciples, sur son double avènement, de gemino ejus adventu^ le premier, méprisé dans l'humilité, qui est arrivé, primo in humilitate despecto quod fuity le second

\. Principia, neutre pluriel, a le sens de principes, fondement, règles, lois morales. C'est dans ce sens qu'il a été employé ici. Quelques critiques ont cru cependant qu'il est fait allusion aux commencements différents des évangiles.

magnifique dans le pouvoir royal du prince qui est à venir, secundo potestate regali principis praeclaro quod futurum est. »

De ce passage ressort nettement la position unique et incontestée qu'occupaient les évangiles dans TÉglise chrétienne. Au nombre de quatre et tous également inspirés, ils sont la règle de la foi pour tout ce qui concerne Notre-Seigneur soit pour le passé, soit pour le futur. 11 n'est pas question d'autres évangiles.

Après cette digression , l'auteur revient au témoignage de saint Jean. « Qu'y a-t-il donc d'étonnant si Jean pu.blie, expose, avec tant de fermeté (de persévérance), tam constanter, chaque chose, même dans ses épîtres, disant de lui-même : Nous vous avons écrit ce que nous avons vu de nos yeux et entendu de nos oreilles et ce que nos mains ont touché ^ Car il professe ainsi qu'il a été non seulement le témoin oculaire du Seigneur, mais aussi l'écrivain de toutes ses œuvres merveilleuses dans leur ordre. » L'auteur du Muratorianum répond dans ce passage à ceux qui niaient l'authenticité et la valeur historique du IV® évangile. L'auteur est bien Jean l'apôtre qui a vécu avec le Seigneur et qui a vu tous les actes du Seigneur et entendu ses paroles, le même qui a écrit une épître dans laquelle il déclare qu'il a écrit ce qu'il a vu et entendu.

Il est question ensuite des Actes des apôtres, mentionnés ici pour la première fois par leur titre, si ce fragment est antérieur à saint Irénée.

Acta autë omniû apostolorum siib unu libro scribta sunt Lucas obtime theofi le comprindit quia sub praesentia eius singula gerebantur sicute et semote passioné pétri

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