Ce texte est une citation libre de I Jean, I
euidenter déclarât Sed profectionë pauli au ur bes ad spaniâ proficescentis
Correction du texte. — Acta autem omnium apostolorum sub uno libro scripta sunt, Lucas optimo (optime, W.) Theophilocomprehendit(comprendit W.), quia sub praesentia eius singula gerebaniur, sicuti et semota (semote, W.) passione (passionem, W.) Pétri evidenter déclarât sed et profectionë (profectionem, W. ' ab urbe ad Spaniam proficiscentis.
« Mais les actes de tous les apôtres ont été écrits dans un seul livre. » Le reste du passage concernant les Actes doit être corrompu. Voici ce qui paraît s'en dégager : a Luc les y a renfermés, comprehendit^ pour l'excellent Théophile, parce que chacune de ces choses a été faite en sa présence, comme il le déclare, excepté la passion de Pierre, ainsi que le départ de Paul partant de la Ville pour l'Espagne. » Ces derniers mots pourraient être interprétés différemment ; il nous suffit de constater qu'il s'agit bien dans ce passage des Actes des apôtres, tels que nous les avons.
Epistulae autem pauli quae a quo loco uel qua ex causa directe sint uoluntatibus inteilegere Ipse déclarant Primum omnium corintheis scysme heresis in terdicens, deinceps b callatis circumcisione Romanis autë ornidine scripturarum sed In principium earum e§e esse xpm Intimans prolexius scripsit de quibus sincolis neces se est ad nobis desputari Gum ipse beatus apostulus paulus sequens prodecessuris suis lohannis ordinë non nisi domenatî semptaë eccleses scribat ordine tali A corenthios prima ad efesius seconda ad philippinsis ter tia ad colosensis quarta ad calatas quin ta ad tensaolenecinsis sixta ad romanus septima Uerum corentheis et desaolecen
sibus licit pro pcorrebtione iteretur ima tamen per omnem orbem terrae ecclesia deffusa esse denoscitur Et lohannis enï In a pocalebsy licet septï eccleseis scribat tamen omnibus dicit uerum ad filemonem unâ et at titû una et ad tymotheû duas pro affec to et dilectione In honore tamen eclesiae ca tholice In ordinatione eclesiastice descepline scificate sunt fertur etiam ad laudicensis alia ad alexandrinos piuli no mine fincte ad hesem marcionis, et alia plu ra quae In chatholicam eclesiam recepi non potest fel enim cum melle misceri non con cruit
Correction du texte, — Epistulae autem Pauli, quae, a quo loco vel qua ex causa directae sint, volentibus intellegere ipsae déclarant. Primum omnium Corinthiis schisma [ta et] haereses (haeresis, W.) interdicens, deinceps(B?) Galatis circumcisionem, Romanis autem ordinem (ordine, W.) scripturarum, sed et principium earum esse Christum intimans, prolixius scripsit; de quibus singulis [non] necesse est a nobis disputari, cum ipse beatus apostolus Paulus, sequens prodecessoris sui Johannis ordinem, nonnisi nominatim septem ecclesiis scribat ordine tali : ad Corinthios primam (prima, W.) ; ad Ephesios secundam (secunda, W.), ad Philippenses tertiam (tertia, W.) — adColossenses quartam (quarta, W.)? ad Galatas quintam (quinta, W.)) sid Thessalonicenses sextam (sexta, W.)» ad Romanos septimam (septima, W.) — verum Corinthiis et Thessalonicensibus, licet pro correptione, iteratur (iteretur, W.) — una tamen per omnem orbem terrae ecclesia diffusa esse dignoscatur (dinoscitur, W.)- Et Johannes enim in apocalypsi, licet septem ecclesiis scribat, tamen omnibus dicit. Verum ad Philemonem una (unam, W.) et ad Titum una (unam, W.) et ad Timotheum duae (duas, W.) pro affectu et dilectione,
in honorem (honore, W.) tamen ecclesiae catholicae, in ordinationem (ordinatione, W.) ecclesiasticae disciplinae significatae sunt. Fertur etiam ad Laudicenses (Laodicenses W.)^ alia ad Alexandrinos, Pauli nomine fînctae ad haeresem (haeresim, W.) Marcionis et alia plura, quae in catholicam ecclesiam recipi non potest, fel enim cum melle misceri non congruit.
L'écrivain passe ensuite aux épîtres pauliniennes, qui sont désignées par leurs destinataires et dont le contenu est quelquefois indiqué. Il parle d'abord de celles qui sont adressées à des communautés, puis de celles qui ont été écrites à des particuliers. « Mais, quant aux épîtres de Paul, ce qu'elles sont, de quel lieu et pour quelle cause elles ont été envoyées, elles le font connaître elles-mêmes à ceux qui veulent comprendre. Il (Paul) a écrit abondamment en premier lieu,/?/7mum omnium^ aux Corinthiens, prohibant, interdicens^ les schismes hérétiques, schisma haeresis (les schismes et les hérésies), ensuite, B, auxGalatesJa circoncision, mais (écrivant) aux Romains sur l'ordre des Écritures, et leur exposant, intimans, que le Christ en était le principe, principium. Sur chacune d'elles il nous est nécessaire de disserter. » Ce membre de phrase indiquerait Murato?nanum avaitété placé en tête d'un commentaire détaillé des livres du Nouveau Testament, ou tout au moins des épîtres pauliniennes. On a supposé, il est vrai, qu'il faudrait lire : de quibus singulis non iiecesse est a nobis dispatariy de chacune desquelles il ne nous est pas nécessaire de discuter, ce qui s'explique dans un exposé rapide, comme celuici, du caractère des épîtres pauliniennes. Mais le texte, tel que nous l'avons, s'accorderait bien avec la suite. Saint Paul n'avait écrit nommément qu'à sept églises, mais il s'adressait en réalité à l'Eglise répan-
due sur toute la terre. « Vu que le bienheureux apôtre Paul lui-même, suivant l'ordre (la manière de faire), ordinem^de son prédécesseur Jean, n'a écrit nominativement qu'à sept églises dans l'ordre suivant : aux Corinthiens, la première, aux Ephésiens, la seconde, aux Philippiens, la troisième, aux Colossiens, la quatrième, aux Galates, la cinquième, aux Thessaloniciens, la sixième, aux Romains, la septième, mais quoique, pour leur correction, il ait réitéré (écrit deux fois) aux Corinthiens et aux Thessaloniciens, (il a écrit) cependant afin qu'il soit reconnu que l'Eglise répandue par toute la terre est une. Car Jean aussi dans l'Apocalypse, bien qu'il écrive à sept églises, parle cependant à toutes. »
En remarquant que saint Paul, en écrivant à sept égHses, avait imité saint Jean son prédécesseur qui, lui aussi, avait écrit dans l'Apocalypse à sept églises, il n'a pas voulu dire que l'Apocalypse avait été écrite avant les épîtres pauliniennes, mais que Jean avait précédé Paul dans l'apostolat. Quant à l'ordre dans lequel les épîtres sont rangées, il n'est pas chronologique, mais il dépend des idées que se faisait l'écrivain sur le but des épîtres.
L'auteur énumère ensuite les épîtres qui ont été écrites à des particuliers. La restitution du terme scificatae est douteuse. Faut-il lire sanctlficatae avec Westcott ou significatae avec Zahn? Si nous adoptons sanctificatae y il faut traduire : « Mais (ont été écrites) à Philémon une (lettre) et à Tite une et à Timothée deux, par affection et amitié, (mais elles) ont été consacrées dans l'estime de toute l'Église, pour l'organisation delà discipline ecclésiastique. » Si l'on \\i significatae, le sens serait que les lettres, rédigées par affection, l'ont été dans l'estime de toute l'Église pour l'organisation de la discipline ecclésiastique.
Le fragment parle ensuite d'épîtres hérétiques qui ont été attribuées à saint Paul. « Il circule, fertur^ même une (épître) aux Laodicéens, une autre aux Alexandrins, forgées sous le nom de Paul pour (soutenir ) rhérésie de Marcion et plusieurs autres qui ne peuvent être reçues dans l'Église catholique, car le fiel ne doit pas être mélangé avec le miel. »
Quelle est cette épître aux Laodicéens, composée sous le nom de Paul, pour soutenir l'hérésie de Marcion ? Le fragment fait peut-être allusion à Tépître aux Laodicéens, qui se trouvait parmi les épîtres pauliniennes acceptées par Marcion. Mais cette épître n'était autre chose que l'épître aux Éphésiens. Il est possible que Fauteur Tait crue marcionite, parce qu'elle était dans le recueil de Marcion. Cette explication se heurte à ce fait qu'il aurait dû déclarer marcionites d'autres épîtres pauliniennes, qui étaient aussi dans le recueil de Marcion.
Fait-il allusion à cette épître aux Laodicéens que l'on trouve dans plusieurs manuscrits de la Vulgate et dont nous n'avons que le texte latin? C'est peu probable, car cette épître ne paraît pas ancienne. Rappelons que saint Jérôme connaissait aussi une épître aux Laodicéens, qui était rejetée par tous ^ La conclusion est que l'écrivain du fragment a fait une confusion que nous ne nous expliquons pas.
On ne sait pas non plus quelle était l'épître aux Alexandrins dont il parle. On n'en trouve nulle part ailleurs la mention. On a supposé qu'il s'agissait là de l'épître aux Hébreux. Mais d'abord, cette épître n'a rien de marcionite ; de plus, elle était connue à cette époque dans l'Église sous le nom d'épître aux Hébreux. Jamais elle n'a été regardée comme une lettre apocry-