Makm, Concilia, u, p. m
crus divins, £;^ç IxOc'oOat toc x«vovi^o|JLsva y.a\ irapaSoOévTa, TrKTTEoOÉvTa Té ôaïa sTvai piê)a'a. »
De l'emploi qui est fait de ces termes, « canoniques » et « canonisés », par le synode de Laodicée et par saint Athanase, il ressort qu'au iv^ siècle, ils étaient connus et compris par tous. Ils étaient employés au sens actif et au sens passif. Les Livres saints étaient dits xavovixoî, en ce sens qu'ils étaient la règle de la foi, qu'ils contenaient les principes régulateurs de la foi, ou bien xavovixoi et xavoviîjdfjisvoi, en ce sens qu'ils avaient été reconnus officiellement comme règles de la foi par l'Église et rangés comme tels dans une collection appelée canon des saintes Ecritures.
Le canon des Écritures c'est, au sens où on l'emploie actuellement, la collection ou la liste des livres que l'Église déclare inspirés de Dieu, c'est-à-dire ayant Dieu pour auteur et qui, par conséquent, contiennent sans mélange d'erreur la doctrine révélée par Dieu pour être la règle de la foi et des mœurs. Un livre canonique est donc un livre contenu dans le canon officiel des Écritures ; il est proto-canonique s'il a été accepté de tout temps et par toute l'Église comme Écriture divinement inspirée : tels sont les évangiles, les épîtres de saint Paul, sauf l'épître aux Hébreux, les Actes des apôtres, etc. Les livres deutérocanoniques sont ceux qui n'ont pas été, dès l'origine, universellement acceptés ou dont l'inspiration a été contestée, comme l'épître aux Hébreux, celle de saint Jacques, la deuxième épître de saint Pierre, la deuxième et la troisième épître de saint Jean, celle de saint Jude, l'Apocalypse. II faut ranger aussi parmi les deutéro-canoniques les fragments de livres dont l'authenticité a été discutée : les ^ 9 à 20 du chapitre XVI de saint Marc ; les f 43, 44, du chapitre XXII de saint Luc sur la sueur de sang de Jésus , au jardin
des Oliviers ; la péricope de la femme adultère, Jean, VIII, 2-16; le verset des trois témoins célestes, IJean, V, 7, 8. Ces expressions proto- et deutéro-canoniques datent probablement du xvi* siècle. On les trouve employées pour la première fois par Sixte de Sienne dans sa Bibliotheca sacra, 1566. Nous verrons qu'auparavant on se servait d'autres termes pour marquer si tel livre du Nouveau Testament était accepté dans toute l'étendue de l'Eglise chrétienne ou ne l'était que dans quelques régions.
Par opposition à livre canonique, un livre apocryphe est actuellement, d'après les catholiques, un livre que l'on essaya d'introduire dans le canon, qui même, en certains endroits, a été lu publiquement, mais que, définitivement, l'Eglise n'a pas reconnu officiellement comme inspiré et n'a pas inscrit dans le canon des Écritures, sans cependant rien préjuger au sujet de la valeur de son contenu.
Ce terme « apocryphe » a été employé et l'est encore en des sens divers, qui n'ont pas toujours été péjoratifs. 11 semble même que le terme « apocryphe » a été tout d'abord un terme d'estime. Certains écrits étaient qualifiés d apocryphes, àîrôxputpot, cachés, à cause de la valeur de leur contenu, de leurs doctrines secrètes. Ainsi, les païens gardaient dans les temples des livres cachés, qui contenaient des doctrines ésotériques, et qui n'étaient communiqués qu'aux initiés ; on les appelait Pi6X(» àîtoxpucpaV livres cachés. Ainsi encore, le Siracide enseigne que la tâche du sage est de découvrir les choses cachées, àiroxpu^a, de la sagesse et de Dieu, Ecclés. XIV, 21: XXXIX, 3, 7, et déclare que des choses cachées sont plus grandes que celles que nous voyons, ib. XLIIl. 32. Daniel reçut l'ordre de sceller son livre
i. AkNOBE, Adi\ Gentet, V, 5.
jusqu'à la fin des temps, XII, 4, 9. Son livre serait donc le premier livre caché. Bientôt s'éleva chez les Juifs toute une littérature dont les écrits portaient en tête les noms des anciens patriarches ou des prophètes et se donnaient comme des livres cachés de ceux-ci. Tels furent les livres d'Hénoch, l'Assomption de Moïse, les Testaments des douze patriarches, etc. Josèphe nous apprend que les Esséniens possédaient des livres, Ta te ttîç «IpédEoiî «ùtwv pi6X(a, que les adeptes s'engageaient par serment à ne pas faire connaître ^ . Tout en n'acceptant comme officiels que vingt-deux livres, les Juifs prétendaient avoir une loi orale qui, donnée à Moïse, fut transmise par les prophètes, par les hommes de la grande synagogue aux docteurs de la loi, et fut écrite plus tard dans la Mischna et le Talmud.
Nous ne savons par quel terme on désignait chez les Juifs les livres qui n'étaient pas dans la collection officielle. Dans le Talmud, les livres appelés genouzim ou (XTroxpucpoi, cachés, étaient d'abord les rouleaux trop usés de la Loi, que les autorités de la synagogue ordonnaient de cacher dans la genizah des synagogues parce qu'ils ne pouvaient plus servir à l'usage public. Mais on se demandait aussi si, pour diverses raisons, certains livres : le Cantique, l'Ecclésiaste, Esther ne devaient pas être genouzim, c'est-à-dire cachés. Quant aux livres qu'on pourrait appeler profanes ou hérétiques comme ceux des Samaritains, des Sadducéens, des chrétiens, les Juifs les appelaient sepharim hiçonim, livres extérieurs, en dehors.
Au premier et second siècle du christianisme parurent des écrits divers, évangiles, épîtres apostoliques. Actes des apôtres, épîtres d'auteurs post-apostoliques, Apocalypses, etc.
i. Guerre juive, II, 8, 7.
Quelques-uns de ces écrits furent déclarés Ecriture sainte; ce sont nos livres canoniques. D'autres, tenus pour inspirés en certains lieux, ne furent pas définitivement inscrits dans les listes générales officielles; d'autres furent neutres ; d'autres enfin, œuvres des sectes hérétiques du ii® siècle, furent rejetés par l'Eglise comme entachés d'hérésie. Nous distinguerons, par conséquent, trois classes d'apocryphes. Dans l'une se rangent les écrits qui ont été en instance de canonicité comme l'évangile des Hébreux, l'évangile de Pierre, la Didachè ainsi que d'autres écrits de tenue orthodoxe, mais qui n'ont pas été définitivement inscrits dans le canon. Dans la seconde, nous placerons les écrits de caractère neutre, tels que le Protévangile de Jacques, les évangiles de Thomas, etc. Dans la troisième seront placés les livres des sectes gnostiques et marcionites. Les gnostiques prétendaient posséder des livres secrets, où se trouvait, disaient-ils, une doctrine qui ne devait être communiquée qu'aux initiés et qui était la vraie doctrine des apôtres de qui elle venait directement. Aussi, l'Église commença-t-elle à se défier des livres secrets, cachés, et cela d'autant plus que les livres approuvés par elle, étaient ceux qui étaient lus publiquement, qui étaient acceptés par tous et qui s'adressaient à tous. Bientôt !onc, le terme fut pris en mauvaise part et livre apocryphe signifia livre hérétique, faussé, altéré.
Nous retrouvons le terme apocryphe employé dans les deux sens de livres non canoniques et de livres hérétiques dans la littérature chrétienne, principalement dans Origène et dans saint Irénée. Origène parle d'un livre apocryphe qui relatait la tradition qu'Isaïe avait été scié'. C'est aussi dans les livres apocryphes qu'est