‹ Le Nouveau Testament dans l'Église Chrétienne (volume 3)Chapitre 130 sur 239 · M. G. I, xra, col · texte numérisé non relu

M. G. I, xra, col

Eusèbe nous a rapporté le jugement critique qu'Origène portait sur l'épître aux Hébreux : « Comme caractéristique, le style de l'épître aux Hébreux n'a pas la vulgarité de parole de celui de l'apôtre, qui reconnaît lui-même qu'il est vulgaire dans son langage, c'est-à-dire dans sa phrase; la diction de l'épître est dun grec plus pur, et quiconque a le pouvoir de discerner la phraséologie d'un auteurle reconnaîtra. En outre, queles pensées en soient admirables et qu'elles ne soient inférieures en rien aux écrits reconnus comme apostoliques, c'est ce que croira tout homme qui examine soigneusement les écrits apostoliques. Si je donnais mon opinion, je dirais que les pensées, vor'fxaTa, sont de l'apôtre, mais que la langue et la disposition des pensées sont de quelqu'un qui s'est souvenu des enseignements apostoliques. Par conséquent, si quelque église regarde cette épître comme de saint Paul, qu'elle soit approuvée même pour cela. Car ce n'est pas sans raison que les anciens nous l'ont transmise comme étant de Paul. Mais quel est celui qui a écrit l'épître ? Dieu sait la vérité ^ , »

Malgré cette incertitude sur l'auteur, Origène se sert très souvent de cette épître pour établir des raisonnements dogmatiques; il en résulte qu'elle était acceptée comme canonique dans l'église d'Alexandrie et dans d'autres églises, ainsi qu'il appert de la citation précédente.

Après avoir parlé des épîtres de saint Paul, Origène ajoute : « Et Pierre sur lequel l'Église du Christ est bâtie... a laissé une épître reconnue, [Ai'av ^TriatoX^v ô;aoXoYou[AévTrivxaTaXsXonTev ; peut-être aussi une seconde, car cela est douteux, ia-zo) Ss xai Seutepav, àfxcptêàXXeTat yip. »

11 parle ensuite des écrits de saint Jean : « Pour-

i. ErsÈBE, Hist. eccl. VI, 25, id.

quoi faut-il mentionner celui qui reposa sur la poitrine de Jésus, qui nous a laissé un évangile? Et il a écrit aussi l'Apocalypse... 11 a laissé aussi une épître de très peu de lignes, peut-être aussi une seconde et une troisième, IcrroiSixai Scu-répav xai xpi-rriv, puisque tous ne disent pas qu'elles sont authentiques, tnt\ où TrâvTE;

11 semble qu'Origène n'a pas eu des doutes analogues sur la seconde épître de saint Pierre. Dans son Commentaire sur saint Matthieu, 15, il parle d'une première I pitre de saint Pierre , ce qui fait supposer qu'il en connaît une seconde. 11 est vrai que ce texte nest pas certain. On a lu TrpojTYjç l'abréviation ijpoû, qui pourrait être lue nérpou et alors il ne serait pas question d'une première épître. Mais remarquons qu'Origène a cité plusieurs fois la seconde épître en l'attribuant à saint Pierre : « Et Petrus in epistola sua dicit : Gratia vobis et pax multiplicetur in recognitione Dei ». UPr. I, 2*. Cependant, il appelle la I" épître : catholique, xapà tw Ilé- Tpw Iv T^ xaôoÀixî) imaiolr^'^ . Est-ce pour indiquer que celle-ci seulement était acceptée par tous, ou bien qu'elle s'adressait à toute l'Eglise? Mais la seconde épître, si la deuxième explication est juste, était t<,nf aussi catholique que la première.

Origène appelle aussi la première épître de saint Jean : la catholique, 6 'Iwavvyi; iv tÎ) xaôoXix^ imtt-zoïr, xaZra Xjywv^. Nous n'avons aucune citation de la seconde et de la troisième épître de saint Jean, ce qui s'explique par leur brièveté et leur peu d'importance dogmatique.

L'épître de saint Jacques a été citée plusieurs fois par Origène, mais dans les passages grecs où elle est citée, elle l'est avec cette restriction : 'ûç iv -cf,

i. Ad Rom. VllI. Cf. De Recta fide, sect. «. i. In Joan. VI, 18. — In Ptal. III, 3, 7. 3. /n Joan. XIX, 1.

çepofxÉvT) 'laxtoêoy èmsxokr^ àvsYvwfxev * , Cette épître passerait donc seulement pour être de Jacques, Une citation de l'épître de saint Jacques, III, 20, est introduite par ces mots : 'Yiro twv TrapaoeyoïJisvwv to, ce qui ferait supposer qu'Origène lui-même ne recevait pas cette épître. Dans les passages latins elle est nettement attribuée à Jacques, l'apôtre, frère du Seigneur, et elle est appelée Scriptura dWina ^.

Origène affirme nettement que saint Jude a écrit une épître de peu de lignes, mais remplie de sentences puissantes en charité divine^. Il la cite plusieurs fois et l'appelle catholique : «Judas apostolusinepistola catholica dicit^*. » Cependant, elle ne jouissait pas d'une autorité indiscutable, puisqu'il en introduit une citation par cette restriction : Si on reçoit l'épître de Jude,

El Sé xai 'looSa Ttpo'ffOlTO TlÇ eTTtffToXvjv^.

Origène a cité souvent l'Apocalypse en l'attribuant à Jean, le fils deZébédée, à l'apôtre, l'évangéliste, le prophète. Il ne fait aucune restriction sur sa réception dans l'Église chrétienne, ce qui prouve que les doutes, émis trente ans plus tard par Denys d'Alexandrie, n'étaient pas encore nés dans cette église.

Dans son Commentaire sur Josué, Vil, 2, Origène a donné d'une façon oratoire son canon des livres du Nouveau Testament : « Veniensvero Dominus noster Jésus Christus... mittit sacerdotes apostolos suos portantes tubas ductiles... Sacerdotali tuba primus in Evangelio suo Matthaeus increpuit, Marcus quoque, Lucas et Joannes, suis singulis tubis sacerdotalibus cecinerunt. Petrus etiam duabus epistolarum suarum personat tubis. Jacobus quoque et Judas. Addit nihilominus

\. InJoan.Xlx, 61.

-2. In Exod. Hom. VIII, 4.

3, In Matt. X, 17.

4, Ad Rom. IV.

5, In Matth. XVIl.

adhucetJohannestubacanereperepistolas suas et Apocalypsim et Lucas apostolorum gesta describens. Novissime autem ille veniens qui dixit : Puto autem nos Deus novissimos apostolos ostendit, I Cor. IV, 9, et in quatuordecim epistolarum suarum fulminans tubis, muros Jéricho et omnes idololatriae machinas et philosophorum dogmata usque ad fundamenta dejecit. »

Outre ces livres néotestamentaires qui pour lui étaient d'une autorité indiscutable, Origène en a cité d'autres, auxquels il attribuait une certaine autorité. D'après lui, le Pasteur d'Hermas était très utile et, à son jugement, divinement inspiré : a Quae scriptura mihi valde utilis videtur et ut puto divinitus inspirata'. » 11 le cite conjointement avec des passages des Ecritures 2. Il reconnaît cependant qu'il n'est pas regardé par tous comme Ecriture divine : 'Aicô ttvo; ^epofjiévy,; èv t^ èxxXeoia Ypdtpriç, où irapàt TtSai Se 6(ioXoYOU{JtÉvr,; eîvai ôeîotç', 11 en est même qui le méprisent : « Qui a nonnullis contemni videtur'. »

A la suite de passages des Ecritures il cite le Pasteur d'Hermas et l'épître de saint Barnabe^. 11 introduit un passage de cette épître, qu'il appelle catholique, par la formule scripturaire : réYpxitTai 0^ èv rî) Bapvâêa

XOtOoXlXT) tTtldToXîj®.

L'épître de saint Clément Romain fournit à Origène des arguments qu'il mélange à ceux de saint PauP. C'est un disciple des apôtres ^ ; Paul a rendu témoignage de sa fidélité".

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