Reiss, op. cit. p. 30i
même titre que les autres pour la constitution du dogme.
L. Osiander' (1534-1604) le déclare nettement : « Qui sequuntur libri non prorsus in pari sunt cum prioribus auctoritate, propterea quod de autoribus eorum subdubitatur. Itaque in dijudicandis religionis controversiis non eamdem vim probationis cum prioribus obtinent. »
M. Hafenrefïer (f 1619) fait la même déclaration.
La Faculté de Théologie de Wittemberg reprochait aux Sociniens d'effacer la différence entre les livres canoniques et les livres apocryphes du Nouveau Testament.
Bientôt cependant on revint à l'opinion traditionnelle. Tout d'abord, on accorda une plus grande autorité aux apocryphes du Nouveau Testament qu'à ceux de l'Ancien. C'est ce que professe Hafenreffer : « Si apocryphes librosinter se conferimus illi qui in Novo quam qui in Yetere Testamento comprchenduntur, majorem habent auctoritatem. »
C. Dieterich dit qu'on doute de leurs auteurs et non de leur doctrine.
yEgidius Hunnius (f 1603), bien que sacrifiant les épîtres de Jacques et de Jude et en disant que les sept antilégomènes extra canonem sunt etapocnjphis accensentuî', reconnaît que les anciens Pères tenaient pour canoniques tous les livres du Nouveau Testament.
Balthasar Mentzer (-|- 1627) accorde aux apocryphes du Nouveau Testament la pleine autorité canonique.
Leonhard Hutter(-j- 1616) est du même avis.
Schnoeder remarque que quelques-uns ont appelé ces livres a apocryphes», mais à tort. En effet, dit-il : « Ut liber pro canonico habeatur, non requiritur necessario ut constet de auctore secundario s. scriptore, satis est
\. Instit. theol. christ. 1582, p. 37,
si constet de primo autore qui est Spiritus Sanctus * . »
Johann Gerhard (f 1637) est du même avis, mais il établit la distinction des livres canoniques du premier et du second rang, « canonici Novi Testamenti primi et secundi ordinis ». « Canonici libri primi ordinis sunt quorum aucto ri bus vel auctoritate nunquam fuit in ecclesia dubitatum, sed, consenliente omnium sufTragio pro canonici et divinis semper fuerunt habiti... Canonici libri secundi ordinis sunt de quorum auctoribus a quibusdam in ecclesia aliquando fuit dubitatum. Non tam de auctoritate canonica quam de auctore librorum istorum secundario in primitiva ecclesia luit dubitatum 2. »
D'après Abr. Colovius : « Nonnulli ex orthodoxis ep. ad Hebraeos, etc. deuterocanonicos libros vocant quid in ecclesia iis aliquando contradictum fuerit^. »
A. Quenstedt (f 1688) et Baier (f 1695j déclarent que cette distinction ne porte pas sur la valeur dogmatique de ces livres, mais sur le fait qu'ils ont été autrefois discutés.
En outre, Quenstedt affirme que : « Disceptatum fuit de his libris non ab omnibus sed a paucis, non semper sed aliquando, non de divinaeorum auctoritate sed de auctoribus secondariis. Sunt aequalis auctoritatis cum reliquis, non autem aequalis cognitionis apud homines"*. »
Hollatz (f 1713) fait remarquer que cette distinction entre les livres du Nouveau Testament est inutile. « Cum hodie evangelici doctores omnes deuterocanonicis istis divinam auctoritatem assignent, distinctiono isthac minime opus videtur. »
\. De princip. fldei, c. I, p. 1*6, IGOo. 3. Loci theol. t. II, p. 186.
3. Syst. loc. theol. ICoS, L I, p. M3. ♦. Theol. did. pol. c. IV, Q. i3, p. 235.
Waltiier, Kortholt, Raith. — Auxvn" siècle, Michael Walther, dans son traité Officina biblica (1636), défendit l'authenticitc de l'épître aux Hébreux, de la deuxième de saint Pierre, de la seconde et troisième de saint Jean, de celles de saint Jacques et de saint Jude et de l'Apocalypse. Cependant Kortholt (•]• 1694) et Raith émettent encore des doutes à ce sujet ^ ,
La controverse sur l'autorité des livres deutérocanoniques du Nouveau Testament est donc apaisée au commencement du xvm'' siècle, ainsi qu'il appert de la correspondance entre Bossuet et Leibniz. « Nous convenons tous ensemble, écrivait Bossuet^, protestants et catholiques, également des mêmes livres du Nouveau Testament; car je ne crois pas que personne voulût suivre encore les emportements de Luther contre l'épître de saint Jacques. Passons donc une même canonicité à tous ces livres, contestés autrefois ou non contestés : après cela, Monsieur, permettezmoi de vous demander si vous voulez affaiblir l'autorité ou de l'épître aux Hébreux, si haute, si théologique, si divine, ou celle de l'Apocalypse, où reluit l'esprit prophétique avec autant de magnificence que dans Isaïe et dans Daniel. »
Leibniz répondit à Bossuet^ : « Il y a bien de la différence aussi entre la doctrine constante de l'Eglise ancienne, contraire à la pleine autorité des livres de l'Ancien Testament qui sont hors du canon des Hébreux et entre les doutes particuliers que quelques-uns ont formés contre l'épître aux Hébreux ou contre l'Apocalypse ; outre qu'on peut nier qu'elles sont de saint Paul ou de saint Jean, sans nier qu'elles sont divines. » Bibles allemandes. — Ainsi donc, les théologiens lu-
i. Voir Leipoldt, op. cit. p. i3'»-13G.