I. Adv. Tryph
temps de saint Justin; de plus, ont-ils eu une extension suffisante pour que celui-ci les ait connus? Quant à l'évangile araméen selon les Hébreux, saint Justin n'a pu le lire, car, étant grec de naissance, il n'en connaissait probablement pas la langue, et nous ne voyons pas qu'avant saint Jérôme on en ait donné une traduction grecque.
En résumé, saint Justin a pu d'abord connaître par la tradition orale les faits et paroles du Seigneur que les évangiles ne rapportent pas ; en second lieu, il en est plusieurs qu'il a déduits des prophéties de l'Ancien Testament: l'ânon de Béthanie, attaché à un cep de vigne, Gen. XLlX,li; la naissance de Jésus dans une grotte, Isaïe^ XXXIIl, 16; la parole : Je t'ai engendré aujourd'hui,/**. II, 7, et d'autres faits et paroles, qu'il a tirés par induction du texte des évangiles canoniques. Justin interprète le texte de Matthieu, II, 1, sur les mages d'Orient, lorsqu'il donne à ceux-ci pour patrie l'Arabie, qu'indiquait d'ailleurs la nature desprésents offerts. Jésus le charpentier, Marc, VI, 3, le fils du charpentier, Matth. XIII, 55, a dû fabriquer des jougs et des charrues. Saint Justin a pu conjecturer que Jean-Baptiste prêchait étant assis, puisque c'était l'usage à cette époque. La sentence attribuée à Jésus : 'Eaovxai <j;/i<rji.aTa xat atpsaei;, doit être authentique et provenir de la tradition orale. Saint Paul semble déjà y faire allusion quand il dit aux Corinthiens, I, XI, 19 : AeT yàp x«l aîpéffeiç Iv ûuiv Eivai. Cette parole de Jésus est bien établie par la tradition, Ilom. Clèm. XII, 21 ; Didasc. VI, 5. Tertullien ' est très affirmatif sur sa provenance : « Memores simus tam dominicarum pronuntiationum quam apostolicarum litterarum quae nobis et futuras haereses praenuntiaverunt et fugien-