I. Adv. Haer. IV, 3î
ÉGLISES D'OCCIDENT {170-22<r. 189
d inaire à ce que saint Irénée ait tenu Tépître de saint Clément Romain pour Ecriture, puisque, ainsi que nous le verrons, Clément d'Alexandrie l'a citée comme telle et qu'au témoignage dEusèbe ', elle était lue publiquement dans les réunions de la communauté chrétienne. Les canons apostoliques regardent aussi cette épître < omme partie intégrante du Nouveau Testament.
S 3. — Église de Rome.
Le Fragment de Mur atori. — Nous avons à étudier un document de la plus haute importance pour l'histoire du canon du Nouveau Testament, le canon de Muratori, comme on l'appelle d'ordinaire. Nous préférons l'appeler le Muratorianum ou le fragment de Muratori, comme le nomment quelques critiques, parce que, en fait, il n'est pas réellement un canon dans le sens propre donné à ce terme. Il serait plutôt, comme nous le montrerons, une espèce de brève histoire des écrits néotestamenlaires, peut-être une épître, ainsi que le conjecture BatifTol. Nous le plaçons ici, comme témoignage de la foi de l'église romaine sur les livres du Nouveau Testament, quoiqu'il ne soit pas certain, mais seulement très probable, ainsi que nous allons le voir, qu'il ait été rédigé à Rome.
Ce document a été découvert dans la bibliothèque ambrosienne de Milan par Muratori, qui l'a publié en 1740 dans ses Antiquitates Italicae medii aevi, t. III, col. 851. Le manuscrit cité I, 101 sup. est formé de 76 feuilles de vélin, 27'^'" sur 17'™; il contient divers traités Ihéologiques et cinq Credo anciens, entre autres le symbole de Nicée et celui de saint Athanase. Il pro-