Canon, p
:. Cr>ÈEr, Hist. eccl. V, -28, 13.
pour l'usage qui y est fait des Écritures sacrées. On y trouve cités les évangiles de saint Matthieu, saint Luc et saint Jean, les épîtres aux Romains, V^ aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, I" aux Thessaloniciens, les deux à Timotliée, la I" de saint Pierre, la 1'" de saint Jean et l'Apocalypse. Les citations sont introduites parles formules : Dominas dicit in Evangelio, — Apostolns Paulus, — Johannes dicit, — Dicit scriptura. Mais tous les textes, qu'ils soient de l'Ancien ou du Nouveau Testament, sont cités avec une assez grande liberté, ce qui ne peut s'expliquer que si l'on admet que le De Aleatorihus est une véritable homélie et non, comme on l'a supposé, une encyclique pontificale, écrite à tête reposée. Le prédicateur attribue aux écrits du Nouveau Testament la môme autorité qu'à ceux de l'Ancien ; il cite les uns et les autres pêle-mêle, et, dans tous, c'est, d'après lui, le Seigneur qui parle. Remarquons que pour lui le Pasteur d'Hermas est Ecriture divine ; il est cité mélangé avec des passages des épîtres pauliniennes. lien est de même de la Didachè.
L,Q%iTQS du clerg-é de 'Rotclq à S3tmt Cyprien. — Novatien. — Vers la fin de la période que nous étudions, nous relevons encore à Rome les deux lettres écrites par le clergé de Rome à saint Cyprien, lettres où l'on trouve des passages de l'évangile de saint Matthieu, de l'cpître aux Romains et de l'Apocalypse, et les écrits de Novatien. Dans le traité de celui-ci: De Trinitate, écrit vers 250, nous relevons des citations de tous les livres du Nouveau Testament, sauf des épîtres aux Thessaloniciens, àTite et à Jude. Il ne cite aucun écrit apocryphe. Novatien appuie d'ordinaire ses arguments sur l'Écriture, et il la cite d'après un texte vieux latin que nous n'avons pas identifié. Il présente des variantes importantes avec le texte de la Vulgate.
On peut croire que le passage suivant' : [Christus] melior et major et antiquior ipsis quoque angeîis invenitui', a été inspiré par Héb. I, 4. Ce rapprochement assez vague ne prouverait pas que îs'ovatien, contrairement à l'opinion régnant à Rome, à son époque, ait tenu cette épître pour Ecriture divine. Les autres passages cités : De Trin. XXVI = Héb. I, 3; ib. XXXI = Héb. V, 8; ib. XVI = Apoc. XXIL 18-19, sont aussi de ressemblance peu marquée.
S 4. — Église d'Afrique.
Tertullien. — Le représentant le plus autorisé de l'église d'Afrique vers la fin du ii" siècle a été Tertullien. Né vers l'an 150-lGO, il mourut à une date inconnue, probablement vers 220-240. Ses ouvrages très nombreux s'échelonnent de l'année 197 à Tannée 212-222. A partir de son traité De Virginibus velandis (206), il inclina vers le Montanisme pour devenir, après 213, montaniste déclaré dans ses traités : De fuga in persecutione, Adi^ersus Praxeam^ etc.
Nous pouvons utiliser pour notre étude tous les écrits de Tertullien, car, même dans ceux qui sont montanistes, il reste néanmoins, au point de vuescripturaire, le représentant de la tradition de l'église de Carthage. 11 était déjà entaché de montanisme, quand il a écrit ses traités contre Marcion.
Sous le nom à' Instrumentum evangelicum Tertullien a rangé nos quatre évangiles canoniques, qui viennent des apôtres, ainsi que l'atteste la tradition de l'Eglise : » In summa, dit-il dans son traité contre Marcion, IV, 5, si constat id verius quod prius, id prius quod et ab initio, id ab initio, quod