‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 103 sur 156 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

TEXTE NÉOTESTAMENTAIRE DES IIe-IIIe SIECLES.

Dans ces premiers siècles se formèrent les divers textes que l'on a groupés en familles : occidentale, neutre, alexandrine, syrienne; nous étudierons les trois dernières lorsque nous exposerons le système de Westcott-Hort, mais il nous faut examiner dès maintenant la question du texte occidental, à cause des problèmes nombreux qu'il soulève.

.1. — Documents qui reproduisent le texte occidental.

Nous ne donnons tout d'abord qu'un aperçu général, lequel sera complété plus loin sur divers points.

Évangiles. — Le codex de Bèze, grec-latin, en est le; représentant principal, mais il n'en est probablement pas le plus ancien; les versions vieilles latines du type Africain présentent des variantes qui paraissent plus primitives. On trouve aussi dans les manuscrits majuscules, n ACL3, des leçons de ce texte. Le minuscule 473 est un bon représentant du texte occidental et, à oôté '!<■ lui. "ii peul citer les minuscules 235 431 604 Kiti e1 I Bvangéliaire 259. Lee manuscrit! du groupe

Ferrar ont aussi des variantes occidentales. Cependant, on retrouve ce texte surtout dans les vieilles versions latines, principalement dans celles de type africain, 2c e, et pour un bon nombre de variantes, dans celles de type européen, abd etc. Celles de type italien, t g-, en contiennent moins. Les vieilles versions syriaques, Sinaïtique et Curetonienne, ont, avec des leçons qui leur sont particulières, un grand nombre de variantes occidentales. La version égyptienne sahidique, la syriaque harkléenne, l'arménienne en ont aussi, mais avec un fort appoint de leçons de type neutre et syrien. Parmi les écrivains ecclésiastiques qui représentent le texte occidental, à des degrés divers, nous citerons saint Justin, Marcion, saint Irénée, Tertullien, saint Cyprien, Tyconius, en Occident; Clément d'Alexandrie, quelquefois Origène, en Egypte ; Tatien, Aphraates et, à un certain degré, saint Ephrem, en Syrie.

Actes des apôtres. — Le codex de Bèze est encore le plus important témoin du texte occidental ; à lui se joignent le majuscule E > et les minuscules 31 137 180 184 221. Les versions vieilles latines des Actes sont moins nombreuses que celles des évangiles ; les plus remarquables se trouvent dans les codex Laudianus, Gigas Holmensis, Bobiensis, Perpinianus et le Palimpseste de Fleury . Il ne nous reste aucun manuscrit d'une vieille version syriaque des Actes ; nous pouvons cependant présumer qu'il en a existé une. On trouve des variantes occidentales dans les écrivains ecclésiastiques que nous avons cités plus haut.

Èpîtres catholiques. — Les témoins du texte occidental de ces épîtres sont très rares ; on trouve des fragments d'une version latine de type africain dans le codexm. Le Corbeiensis paraît représenter une version locale, antérieure à la Vulgate et dérivée de la vieille latine. Le texte latin del'épître de saint Jacques repré-

sente une classe de manuscrits grecs, dans le même sens que le Codex de Bèze*.

Êpîtres de saint Paul. — Le texte occidental se trouve dans les manuscrits majuscules, D2E3F2G3, qui, d'après Corssen, dérivent du même archétype, et ont été transcrits probablement en Italie. Il y a des traces de ce texte dans le Vaticanus et le Sinaiticus, Ne. Parmi les vieilles latines, nous citerons la version latine des précédents manuscrits, det g et, en outre, j:3, Codex Bodleianus, dont le texte est apparenté à celui de d. La version gothique est aussi de type occidental avec addition de leçons syriennes. Nous n'avons pas la vieille version syriaque des épîtres pauliniennes; on en trouve des traces dans les commentaires, en arménien, d'Aphraates et de saint Ephrem. Les homélies d'Aphraates contiennent, en effet, de nombreuses citations des épîtres pauliniennes, qui diffèrent profondément du texte de la Peschitto, ce qui nous invite à croire qu'Aphraates avait sous les yeux une vieille version syriaque2. Les mêmes écrivains que précédemment représentent le texte occidental des épîtres de saint Paul.

Apocalypse. — Nous n'avons que les vieilles versions latines, codex ghm, les citations de Tyconius et les commentaires de Primasius.

Certaines leçons du texte occidental se sont glissées aussi dans le texte syrien, ainsi que dans le texte neutre-alexandrin. On en trouve aussi quelques-unes dans les papyrus 3, 4, 6, 7, 13. Seuls, les évangiles du codex Vaticanus en sont presque totalement exempts. Noua appuyant principalement sur le codex de Bèzc,

i. cf. Sfudii Bibliea, i, The Corbey si. Jeune» !>y J. \y»»hi>swoktii, p.ii.MMi, Oxford,

i. A. Hobinson, lùit/iulnuui, p si, r,.iml)ii<lK< .

TEXTE DES Il"-HTe SIÈCLES. 347

les vieilles versions latines et syriaques, nous étudierons les questions suivantes.

g 2. — Caractères distinctifs du texte occidental.

Il est caractérisé surtout, par rapport aux autres familles de textes, par un grand nombre d'additions, petites et grandes, par quelques omissions remarquables, par une multitude de variations de termes ou de transpositions de mots, par l'incorporation dans un évangile de sentences appartenant à un autre évangile, par des paraphrases et des interpolations.

Le texte occidental est beaucoup plus différent des textes neutres ou syriens dans les évangiles et ]<s Actes, que dans les autres livres du Nouveau Testament, ce qui provient peut-être du fait que ces derniers ont été moins souvent copiés, et n'ont pas eu à subir toutes les causes d'altérations qui ont agi sur le texte des évangiles, assimilations, influence de la tradition orale, etc.

Additions. — Dans Le, IX, 55, les codex e, Cyprien, a b, les syriaques Curetonienne, Peschitto, Harkléenne, la Vulgate et les codex majuscules récents, K M V A II, qui ont adopté cette addition, nous avons : Kaî eLrsv Oôx oïâotTS 7co(ou TcvaufiotToç iart &[xeï; ; 6 yàp uicx; tou àvôpioTrou oùx ^Xtts ^uj^ètç àvôpwTrwv aTroXéaai, dXXà atonal. Le codex de Bèze a seulement : Kal eÏ7«v Oùx oi&xte tcoi'ou im^ua-roç

!<7T£ ufxeïç.

Dans le codex de Bèze, et dans d>, dans les codex vieux latins, a b e d e ff,a g* h m n — avec diverses variantes — dans quelques codex moins bons de la Vulgate, dans les syriaques Curetonienne et Harkléenne, dans Hilaire et d'autres Pères latins, nous avons après le f 28 du chapitre XX de Mt, une sen-

tence du Seigneur, inconnue par ailleurs : 'ÏVeïç Se Çtjxeïxe ex fuxpoù ai>çîj<7ai xai ex jjlei'Çovo? iXaxxov eïvai; Vos autem quaeritis de pusillo erescere et de minore majores esse (Vercellensis), et ensuite les paroles du Seigneur sur ceux qui choisissent les meilleures places, qu'on lit dans Le, XIV, 7-11, mais en termes absolument différents : Eî<j£pyo[ji.Évoi Se xal TCapaxXr,6s'vxsç SEnrv55<jai* u^j àvaxXEtvEffôat Etç xouç ÈiJE^ovxaç tottouç \i.r, ttote ÈvSocjdxEpô'ç erou iTTÉXôr, xai 7rpoff£X8wv ô SEiTrvoxXTqxwp Eitry] goiexi xaxcu j£a>pEi xal xaxaiff^uvôr^ffT) sàv SE àvaTrÉari; eIç xôv ^XTOva xottov xal

ETtÉXÔT) (JOU 7$XX(OV EpEÎ (TOI Ô SEfJTVOxX^XOJp- V\iVO.yZ EU OVO), XCtl

Eo-xat xoùxo ^pr^cripiov ; Intrantes autem et rogati ad coenam nolite recumbere in locis eminentioribus ne forte clarior te superveniat et adeedens qui ad coenam vocavit te dicattibi : adhuc deorsum accède et confundaris, si autem in loco inferiori recubucris et supervenerit lmmilior te dicet tibi qui ad coenam vocavit te : accède adhuc sursum et erit hoc tibi utilius (Veronensis).

Une addition singulière qu'on ne trouve que dans le codex de Bèze, après Le, VI, 4, est la suivante : T9j aùxr, f,u.Épa ÔEaaâfjLEvôi; xiva IpYaÇôfxevov xw o-aêêâxco Elirev aù-rioavôparrcE, Et |xèv olSa; xî tcgieîç, (jiaxapioçEt- eI Se (xr, oTSa;, ^Trixaxàpaxoçxal 7iapa6axr)<; eT xoîî vdtxou. Bien que llesch* tienne ce logion pour authentique, nous ne pensons pas qu'il ait jamais fait partie du texte original de Luc. C'est peut-être une de ces sentences du Seigneur, transmises oralement, que le scribe du codex de Bèze ou plutôt celui qui a écrit l'archétype de ce codex a insérer dans le texte évangélique.

Aux paroles qui introduisent la prière dominicale dans Le, XI, 2, le codex de Bèze ajoute : M>, paxxoXoyeï-s w< ol Xoi7to(* Soxoûatv Y«p xtveç ôxt i\ xîj 7roXuÀo"|f(a aùxSv e<<ïaxouoGïiaovxai, àXXà 7rpooïu"/ôu.Evoi.

i. Agraplut, Leipzig 1900, |

TEXTE DES IlMIl" SIÈCLES. 3V..

Après Jn, VI, 56, le codex de Bèze a les paroles suivantes du Seigneur, qui paraissent un conglomérat de paroles dites ailleurs : Kaôw; h èjxoî ô w«T»ip xàyw èv tw warept' à^v à[^v Xs'yw ufitv làv (x^i Xdêy)Te to oojfxa toù uioï toïï àvÔpwTrou wç xov aptov t^;U^ç, oOx ex«T£ Çw^jv iv aÙTÔi. Dans les Actes des apôtres, les additions sont nombreuses. Ch. XVIII, 8, le codex de Bèze, après ttoXXoI twv KopivOi'wv... !6ctirrfeôr,ff«v, ajoute : TtiffTEuovTe; tw &uâ Btà tou âvôperrocTbu Kupiou *)(xwv 'lïiffooXpifftoô. Ch. VI, 1, après «l x^P0" a^Ttov, le codex de Bèze ajoute : iv ttj Staxovîa tSv 'ESpat'wv, et le Palimpseste de Fleury : Quod in êotidiano ministerio viduae Graecorum a ministris Hebraeorum despicerentur. Dans le décret du concile de Jérusalem, XV,' 29, après l'interdiction des idoloth\ et de la fornication, le codex de Bèze, Irénée, Tertullien ajoutent : Kaï oaa ^ OéXste éauToï; yiveaftat, fripa u.-/; Tioieîv. Ch. XVIIf, 21, après <xXXà dnoTaÇafAevOs xai eïîcev, le codex de Bèze, H L P, le codex Gigas ajoutent :

Aeï (Xc TietVTtoç t^,v iopxYjv d)v ipxofxÉvyjv Troi^aai et; 'IeposdXufJia.

Au commencement du ch. XIX, le codex de Bèze ajoute : 0ÉXovto<; Se tou IlaûXou xaxà -d)v tètav pouXf.v wop£Û£ffOai eîç 'lepoaôXufxa itggv ccutw to irveî5|xot ûitosTpé^eiv et; ttjv 'Aatav.

Comme addition occidentale, signalons enfin celle que l'on trouve dans le codex Laudianus, les minuscules 4 15 27 29 etc., le Gigas, Irénée, Cyprien. Bède, la Vulgate clémentine, la syriaque Harldéenne, etc., au ch. VIII, 37 : ET™ 8à «ù™ ô *U«ciroç- 'Eiv Trumuei; 15 SXyjç TÎjç xotpMac <rou, aœ^dï]. 'Awoxpi8«tç os lllWV TIktteuw tov uîèv toû 0sou elvai 'Iyjaobv XpiaTÔv. Ce

verset est omis par * B A C H L P 13 61, le codex Amiatinus et d'autres manuscrits de la Vulgate, parles versions Peschitto, Sahidique, Bohaïrique, par'jean Chrysostome.

Il serait possible de citer encore d'autres additions,

surtout de mots ; on pourra consulter à ce sujet le travail de Nestlé * .

Omissions. — Les omissions sont moins nombreuses et surtout moins importantes que les additions, car le texte occidental ajoute plutôt qu'il n'omet. Il en est cependant quelques-unes de remarquables. Dans le récit de l'institution de l'eucharistie, le codex de Bèze, après la parole du Seigneur : toïïto !<mv to <rw{/.a jxou, omet les paroles suivantes, Le, XXII, 19, 20 : to urcèp

UfAWV StûO[AEVOV* TOÛTO ITOietTE EIÇ Tï)V g (/.-)) V âvd((AV7]GlV. K«t TO TOT^ptOV COffCrUTGJÇ [KEIOL TO SsilCVyjaai, \éyw TOUTO TO TCOT^ptOV ^

xccivr, SiaOï^xv) iv tw aVpaxt fxou, xô ù-jrèp ujjuov èxjfuvvoixevov.

Les syriaques Curetonienne et Sinaïtique suppriment la première bénédiction de la coupe, et reportent à la seconde bénédiction quelques-unes des paroles du Seigneur prononcées pendant la première. Les manuscrits vieux latins ad ff2 ï I, avec des variantes entre eux2, omettent au f 19 : Quod pro vobis datur, hoc facite in meam commemorationem et tout le f 20. Voici une traduction de ce texte dans les versions Curetonienne et Sinaïtique d'après Burkitt et Lewis; les variantes des deux versions sont marquées : Car je vous dis qu'à partir de ce moment (la Pàque) jusqu'à ce qu'elle soit accomplie dans le royaume de Dieu ; Curetonienne), jusqu'à ce que le royaume de Dieu soit accompli (Sinaïtique). Et il prit du pain et rendit grâces sur lui et il le rompit et le leur donna et dit : Ceci est mon corps, qui est pour vous (Cur.), que je donne pour vous (Sin.); faites ceci en mémoire de moi. Et iprèg qu'ils eurent soupe (Sin.) il prit une coupe et il rendit grâces sur elle et dit : Prenez ceci; partagez-le

il Ttitamtnii gremi Supplemenlum editionibua de-Gebhnrdt- ■ tndorflanit, Llpsiae, 1896.

WORMWORTfl Wiiiii, Nouum TetUunrntum lutine, OXOIlii, 189U,

m le * *).

entre vous. — Ceci est mon sang, l'alliance nouvelle (Sin.). — Je vous dis qu'à partir de maintenant je no boirai plus de ce fruit — de la vigne (Cur.) — jusqu'à ce que vienne le royaume de Dieu.

Le texte de la Peschitto est à peu près identique, sauf que, d'après elle, sur la coupe Jésus aurait dit : Cette coupe [est la] nouvelle alliance versée pour vous, et que les f 17 et 18 sont supprimés totalement. Le texte de Marcion est encore plus court. Le voici tel que Ta rétabli Goguel V d'après Zahn2 : Koù efrrev rpô; aùxoûr ÈTCtôuijua £7re0ufjiY](ja touto to Tziaya. tpaytiv uleô' Guwv irpô toC im 7raôeîv. Asya) yàp upâv où [at, ititù iizb toïï vuvotoco xcû yevrçii.a'toç ttjç àpnrsXou èa>ç o& i\ jîao-iXEta xoîi Oeoïï ÈX69). Kai Xa6wv ap-rov EÙ^apto-T^da; ExXaaev xal iScoxev aÙTOÎ; Xe'yiov toîJtô eotiv tô cwfxà jjiou.

Dans Le, V, 26, le Codex de Bèze omet : K«\ txcrTa<nç

eXaêEV Siravrai; xa\ ISo'ijaÇov tov 0êo'v. De même, f 39, il omet : Kai oOoeiç ttiwv imÀatov 6s'Xei ve'ov XsyEi yâ^* 6tt«X«iÔ;

Xp>i(jto'ç Iotiw. Ch. XXI Y. le f 12 est omis entièrement; du f 36, il omet : Kai Xé^ei aô-roi;- eïpr^v»; uuûv ; le y 40 est omis; du verset 51, il omet : Kai àvscpE'pÊTo eî; tov oùpavo'v et du f 52 : npoo-xuvrîo'avTEi; aùxov. 11 est vrai que les critiques hésitent sur l'authenticité de ces versets.

Avec les manuscrits AEFGHKM, etc., les versions latines, syriaques, Bohaïrique, Origène latin, Eusèbe, Jérôme, le codex de Bèze n'a pas, Mt, XXVI1,49 : aXXoç Se Xotêwv Xoyxriv è'vuÇev <xÔtou r))v irXEupav, xal e^Xôev BSwp xal at{Aa, verset que l'on trouve ajouté dans les manuscrits x BCLT, quelques codex de la Vulgate, et qui doit provenir de Jn, XIX, 34.

Dans Actes, XXVII, 11, 12, le récit est abrégé

ainsi : '0 ôs x.uë^vr^c; xal ô vaoxXrjpoi; èêouXEuovxo ttXeîv, eitcwç

1. L'Eucharistie, des origines à Justiii martyr, p. no, Paris, 1910.

2. Gesch. des neutestamentlichen Kanons, Bd II, p. 490, Leipzig, 1888.

ouvocvto xatavxîiffai eiç «frot'vtxa, Xifjtiva tÎ]ç Kp^r/jç, xal ItteiÔeto ixavotç [jiaXXov ô ixaTOVTapy Y|<; ?j toiç icrrà UauXoi» Xsyojxsvoiç ' .

Variations de termes et transpositions de mots. — Il serait fastidieux d'entrer dans le détail ; le plus simple sera de mettre en regard quelques morceaux des évangiles et des Actes, tels qu'ils se présentent dans le texte neutre représenté par le Vaticanus et le texte occidental, représenté parle codex de Bèze.

Mt, XXVI, 23, Vaticanus : ô £tu6otyaç [/.et' Ipioïï Tr,v

— Codex de Bèze : ô £ja6«7tto[A£voç t^v x.Eïpa f*8*'

£EÏpa £V TM TpuêXl'lO.

£[i.oïï sîç to Tpu6à).iov.

Mt, XXII, 13, Vaticanus : SvfaavTEç aÙTOÎi uôSaç xal Codex de Bèze : apaTE aÙTov tcoSwv xal /Eipaç £xêaXeTC aùtov.

^eipwv xal paXExai aÙTo'v.

Me, VI, 7, Vaticanus : xal Trpoo-xaXEtTai touç SioSsxa

— Codex de Bèze : xal TrpocixaXEffau.£Vo; toÙ; SwOExa

xal ^p£otTO aÙToùç (xtto<jt£XX£iv Suo Sùo xal lÊSîSou aÙToTç lijoufftav jjLaÔYitàç âTti'ffTEiXEv aÙToùç àvà Suo, Sou; aùtoîç ^ouat'av

TO)V TrVEUfJLtXTtOV.

TWV TTV£UU.aT<«)V.

/>r, V, 5-11, Vaticanus : xal <X7roxpiÔEl<; ô Stfitov eItcev

Codex de Bèze : ô 8è St'puov [àicoxpei;] 2 eIttev

'ETTiutaTa... yaXaau) Ta Stxxua xal touto ironfaavrE; aiiTÛr AtSadxaXE... où pt,^ Ttapaxoûffoixai xal «ùôùç yaXaffavTEç

ffuvÉxXeiaav lyOuiov TtXîjôo; iroXù StEpp^'yvoTO Se toc Ta S(xTua auv£xXEto"av I/ôùt»)v tcXîjOoç itoXu motte Ta

1. l'ouï lei différence* du texte des Actes entre les textes des types

neutre- et iyrlen et le texte occidental, <>" nmMiitcra l'ouvrage de 1 r.

Icta apoitolorum, <;<>ltingen, MM, cl surtout la petite édition,

l>al>lemcnt ane abréviation pour ànoxpiOel;.

SiXToa aÙTwv ffuXXaêÉaOai aÙTOÎç xal ^Xôov mute

oixxua ^iffsffôai |3oT)0eîv aùxotç èXôôvreç ouv &<szz

puôi'Çeaôai aÔTa- ïSwv Sa Stjxcov ïléxpo; 7rpo<ig7r£(TE toîç Y^vaffi Ttapà ti (3u0(ÇEo-9at. ° $s 2i|/.wv -jrpoaé'irEO-EV aùxou toi;

'Ir,aoû Xeywv... xal -rcavTaç touç uùv aÙTÔi... ôao(w; Sa xal 7rofftv \ifdiv. IlapaxaXh) ^aav Se xoivwvol aÙToS

'Iaxwêov xal 'Iwavïjv utol; ZeêsSatou oî Vjaav xoivwvo\TÔi2i[Ji.tovi 'Iaxwéoç xal 'Iwavyjç uîol Zsêeoaiou

xat eitce 7rpoç tov 2i[/.wva 8 lïiaoïïç... xal xataYaYOVTEç Ta TrXoîa ô Ss «Ïttev aÙTOÎ;. . . oî ôè àxoùaavTEç itâvra

IttI t9)v yï)v àcpsvTE; ét7ravTa ■rçxoXoùôyiaav aÙTw. xaTeXeu|wtv etc! ty]<; yî)? xal TrçxoXouôrjorav aÙTto.

Actes, I, 2-6, Vaticanus : Oôç ilskélmo àvikrni.ybr\.... — Codex de Bèze : Oôç è;eXÉ;ato xal èxéXeuTe

SirravduEvoç aÙTOÎç... xal

XT)pUC(7EtV TOV £ÙaYY£XlOV... 07TTavo'[i.SVO(; aÙTOÎç... xal

auvaXiÇo'fxsvo;... àXXà TtEpijjLÉveivT^v ÈTraYYsXiav toU

ouvaXtaxd[ji.EVo; [/.et' aÙTwv... àXXà irepifiÉvsiv t^v ETCaYYsXîav too

TraTpoç ^v YJxoùo-aTé èuou ... SaTrrtaÔTjareaôe

iraTpôç r,v -fjxousacprifflv S:àToûffTÔ[jLa":ôi;(jiou... SauTiffôïfaEaôat

où (jt-ETa iroXXàç Taù\aç fjfxÉpaç . . .

xal 8 [/.éXXETai Xa^êaveiv où jxexà -jroXXà; xaùxa; ^[xÉpa; ia>ç

TYJÇ TTEVTYJXOffTT];.

Incorporation de passages d'un évangile dans un autre. — Après Mt, XXIV, 31, le codex de Bèze

ajoute : 'Ap-/0|Aévwv Se toutiov Ys'vEaôat àvaê'XÉij/aTE xal E7rapaTE Ta; xscpaXàç u|/.wv Sioxt èyyi&i i\ aTroXÙTpwfft; 6jjlwv, qui est textuellement emprunté à Le, XXI, 28, sauf un mot, <xvaëX<tyaT£ pour àvaxù^aTE. De même, après Mt, XXIV,

41, le codex de Bèze ajoute : Auo lit\ xXivtjç [xiSç- eïç 7rapa>.a{xêàv£Tai xat etç àcptïxai, qui reproduit Le, XVII, 34, avec des différences dans les temps des verbes employés. On peut se demander si ces sentences viennent du IIIe évangile ou de la tradition orale. On remarquera qu'elles ne reproduisent pas littéralement le texte de Luc, tel que le donne le codex de Bèze.

Dans Le, XI, 30, après xr, yevsï xauxr], le codex de Bèze ajoute : Kai xa6w<; 'ltovaç lv tt) xoiXia xou xvyrouç lyéveTO xpeï; f,[iipa; xal xpetç vuxxaç, ouxwç xal ô otoç xoïï àv6pw7tou sv tt] y?, qui vient de Mt, XII, 40.

De même, le passage suivant ajouté, dans le codex de Bèze, à Le, V, 14 : "Iva eîç fjiapxuptov -qv uuïv toïïto* ô 8k p^eXGwv rjp^aro XYjpuffffEiv xal Siacpïj[x(^eiv xov Xdyov w<jxe fAVixéxi Suvaaôat auxov cpavepwç eîç icoXiv sïo-eXQeïv <£XXà eçw yjv èv ip>i|/.oi; T07roiç, xal sov^p^ovto 7rpo<; aixov xal y,X6ev 7caXiv su; Katpapvaoujji, reproduit littéralement Me, I, 45-11, 1, sauf deux variantes de détail.

Après Le, XIX, 27, nous avons aussi dans le codex de Bèze l'addition suivante : Kai tov à^pelov SoîiXov èxêaXsTe eï; xb ffxoxoç xo iijwTEpov Ixeî effxai ô xXauOfxoç xal ô Ppuy^oç T(~,v ôoovxwv, qui vient de Mt, XXV, 30.

Paraphrases et interpolations. — Nous en avons déjà cité; en voici encore quelques-unes. Dans Le, XXIII, 53, le codex de Bèze parle de la pierre placée devant le sépulcre de Jésus, détail qu'il emprunte à Matthieu ou à Luc, et il ajoute que vingt hommes l'auraient roulée avec peine : Kai Qivxo; aùxoti E7ré'9ï|XE tm fxvY)(jLeiw Xi'ôov 6*v (jlo'yi; eixocti IxuXiov.

Le texte de Le, XI, 2, est interpolé à l'aide de celui de Mt, VI, 7. Les mots entre crochets sont des additions au texte de Luc, tel que le donne le codex anus : "Oxav itpoae<i;(Y)<jOe, \y^ (SaxxoXoYeïxE wç o\ Xoittoi* ooxoûatv yâp xive; o'xt èv tyj itoXuXoy(a aùxwv elaraxouffO^aovxai àXXa TrpoffeuYOfxevot I \iytxv Ilaxep [yjjxwv ô èv «tç oùpavoï;]

TEXTE DES ll'-Ul" SIÈCLES. 355

aYiacr6>vcw ovo[Aa <tou [Ècp' fylïç], e'XOe'tw <xou rj [iasiXsîa, [ysvt;ôr^Tw to 6éXï](jt.a <jou a>ç e'v oùpavôi xal eVi y^ç], tov aprov ^{jLÔiv tov iTCiouatov (to xaô' r^pav, Le) oôç f^EÏv <r/)U£pov xal açEç ^[/eTv t« dcpEiXrîfxaTa (à.uapTt'aç, Le) r(ao)v wç xal tjuieî; (xal y»? aiW, Le) à<pio|xsv toî; OfpEiXÉTai; r,uwv (nwtl 6;pEiXavTt tyiv, Le . xal fxv) etffEVEYxri; y^a; eiç 7rEtpaa|xov, [àXXà p^aai rjpiôtç àreô xoZ ïrovr)poïï].

Dans les Actes, V, 29, au lieu de la réponse directe des apôtres aux membres du Sanhédrin : 'ATcoxpiOelç gè ô IIe'^oç xal o\ (XTrôdToXoi eTttov 7tei0xp^etv Qti 0eû> jjlîXXov r, av- 6pw7roi(;, nous avons le développement suivant : 'Arroxpiôeiç ôè lïÉTpoç eitcev irpo; otÙTÔvn'vi 7T£iôap^etv SsX, Oeo> yj àvôpw7toiç; 6 Se «I7tev Hew. L'entrevue de l'apôtre Pierre avec le centurion Corneille est présentée de la façon suivante : npoffEYyiÇovToç 8k xoîi IlÉTpou etç Kotiaapeiav, irpoopa^wv eï; tûv ooûXtov SiEaacprjffEv irapaYEYQVE'vai aùtdv ô os Kopvv-Xtoî £XTtY]ôy|<ja<; xal auvavxïjffaç aÛTw,7r£Cja>v... eittev Se aùtui ô Utratc Tî iroieïç ;

TOV ©EOV TtpOffXÛffEf èyùi Y«P avôptOTTOÇ Etfi.1 Û)Ç Xal <JU.

Voici comment le codex de Bèze paraphrase le passage des Actes, XI, 2, où il est dit simplement que lorsque Pierre monta à Jérusalem, ceux de la circoncision discutaient contre lui. 'O ixèv o3v Ilerpoc oià txavoû Xpôvou 7j8£'Xr|<TSV TropEuô^vai el; 'I. xal irpodçwvYi'ffaç touç àSeXipoùç xal ETCiffxripfija; aÙToùç I^XOev, îroXûv te Xo'yov Ttoioufxevoç

ÈltOpEUETO Slà TtoV }(0}pâiv OlÔaffXWV aÙTOUÇ. "OtE $S XaTrjvTTjffEV EÏs

I. xal a7t>iYY£iXEv aÙToTç ttjv /apiv toû 8eou, ol ex 7teptTO{x^c aosXcpol StExptvovTO irpoç auTov.

On trouverait d'autres développements ou paraphrases dans Actes, XIV, 2-5; XVI, 35-39; XVII, 15; XVIII. 27; XIX, 1, 9; XX, 15, etc. Le codex de Bèze nous dit même que Mnason, le disciple ancien, habitait un village entre Césarée et Jérusalem, tandis que, d'après le texte neutre, il paraît avoir habité Jérusalem, Actes, XXI, 16. Ces constatations faites, nous devons examiner la question suivante.

§ 3. — Époque à laquelle nous trouvons les premières traces du texte occidental.

L'ancienne littérature chrétienne est très peu abondante; c'est à peine si, jusqu'à saint Justin, nous avons une vingtaine d'écrits, et tous très courts. De plus, les citations du Nouveau Testament y sont assez rares et peu littérales; il est même possible qu'un certain nombre d'entre elles proviennent non de nos évangiles écrits, mais de la tradition orale. Les citations des autres écrits du Nouveau Testament sont très peu nombreuses, presque absentes. Avec saint Justin et les écrivains qui l'ont suivi nous abordons un terrain plus solide et la moisson devient plus abondante, sans être encore très fournie. Passons donc en revue les témoignages que nous trouvons dans la littérature chrétienne, depuis la fin du ier siècle jusqu'au premier quart du 111e, afin d'y retrouver des traces du texte occidental.

La Didachè des douze apôtres est probablement le plus ancien écrit chrétien et date de l'an 70-80 après J.-C. Nous y trouvons plusieurs citations du Nouveau Testament qui ont des ressemblances étroites surtout avec des passages de l'évangile de saint Matthieu. Ch. 1, 3, la Didachè reproduit un passage du Sermon sur la montagne : Iiù^oYeïre touç xaTapiouÉvouç ujaïv xoù xpocEu- /EffOe U7rïp twv éyOpwv Ct/ôiv, VY)<mu6ï£ Si u7rÈp xcov Siioxovtcov ô(/.S<;. A première vue ce passage semble reproduire le texte occidental, tel que le donne le codex de Bèze, lequel est r.miplètement différent du texte de Matthieu donné dans nos éditions; il est interpolé en partie d'après celui de Luc. En fait, il paraît provenir d'un texte qui est an mélange de Matthieu et de Luc et pourrait bien être d'origine occidentale. Resterait à expliquer

le précepte de jeûner pour les persécuteurs qu'on ne retrouve nulle part ailleurs. Mais ce texte n'aurait-il pas été influencé par celui qu'on trouve dans le texte occidental de Me, IX, 29 : Toûto to y^vo; Iv oùSevi Sôvaxat sfcXOsïv v. [xr, Iv 7rpoaeu/9i x«l vr,(iTEta, codex de Bèze, nisi in oratione et jejunio, Vulgate, versions Curetonienne, Sinaïtique ; donc leçon occidentale.

Si nous examinons l'ensemble de ce passage de la Didachè, I, 3, 4, nous constatons qu'il a des analogies frappantes avec le Diatessaron de Tatien. Le texte de la Didachè se retrouve presque littéralement dans le Diatessaron et, ce qui est le plus remarquable, l'ordre des sentences est le môme, différent dans les deux documents de celui de Matthieu et de Luc. Quelle que soit la conclusion que l'on tire de cette identité de fond et de forme, que l'un ait copié l'autre, ou qu'ils dépendent d'une source commune, on est obligé d'admettre que l'ensemble de ce passage de la Didachè est de provenance occidentale, puisque analogue avec le Diatessaron de Tatien.

Ch. I, 2, la Didachè présente sous la forme négative : IlavTa Se &ra sàv OeX^cty); [x^i Y'veaôai aoi, xa\ <rù àXXw [x^ irotEt, le précepte que le Seigneur avait donné sous sa forme positive, Mt, VII, 12 : IlàvTaouv&ja iàv ôs'Xtite ?va uotûiaiv &[j.îv oî avôpcown, outwç xai uixeîç iroieÏTS aÔTOÏ;. On retrouve ce précepte sous sa forme négative dans le codex de Bèze, au livre des Actes, XV, 20, 29 : Kotî Sa<x ^ ôéXyite lautoTç Y^vEoôat, £tspto ^ 7touîv. Saint Irénée et saint Cyprien le donnent aussi sous cette forme, ce qui permet de conclure que la Didachè a reproduit ici un texte occidental, à moins de supposer que les divers écrivains ont été influencés par la Didachè, ce qui nous paraît improbable.

Dans la Didachè, IX, remarquons que dans la liturgie eucharistique la bénédiction sur la coupe précède

celle qui est donnée sur le pain; c'est l'ordre des bénédictions tel qu'on le trouve dans le codex de Bèze, les versions syriaques Guretonienne et Sinaïtique. La Didachè a donc peut-être subi ici l'influence des sources occidentales. Son texte n'est pas cependant purement occidental, puisque nous retrouvons dans cet écrit, mais dans une forme plus brève, la Doxologie du Pater, qui est caractéristique des textes syriens.

Nous ne trouvons aucune trace bien marquée des textes occidentaux dans les écrits des Pères apostoliques, et cela s'explique par le fait que leurs citations, d'ordinaire courtes et rares, sont probablement faites de mémoire K .

Dans les œuvres de saint Justin, écrites entre 150- 160, les citations sont plus nombreuses, et plusieurs sont apparentées au texte occidental. Dans la première Apologie, 15, saint Justin cite des enseignements de Jésus, Mt, XVIII, 9, avec une variante occidentale en

e f seuls : eïç xo ccîioviov Trïïp au lieu de eïç xrjv yésvvav xoîî TCupôç. La malédiction que prononce le Seigneur, Mt, XXV, 41, est formulée ainsi dans le Dialogue avec Tryphon, 116 : 'TTrayete et; xo nxoxoç, xo eSjorcepov ô ^xoi,uaff£v ô iraxyip tw oraxava xa\ xoTç àyYéXoiç aùxoû. C'est la forme de Ce texte dans le codex de Bèze, dans Clément d'Alexandrie, saint Irénée, Tertullien, saint Cyprien, Homélies clémentines, dans les minuscules 1 22, dans les vieux latinsabc ff Vi hrr 2, avec quelques légères variantes. Dans I Apol. 15, saint Justin cite Le, V, 32, dans la forme que lui donne le codex de Bèze : Oùx vjXôov, — au lieudeÂiftudct — xctXe'aai Sixatouç, àXXà àpuxpxwXoù; eïç ptexavotov. Dans I Apol. 63, le texte de Le, X, 16 : O *><£ ixoûtov, «xouet xoîl àTroffxefXavxôç pie est cité comme dans Le

i. cf. poor lei i Itatlom dei Pfcrei apottollqaei ■■ Le Nouveau Testa ntntâan l'ÉgUte chrétienne, i. 1,8948, Ptrift, LW1.

codex de Bèze, au lieu de lu forme ordinaire : O os fcii aôcTtov àôeTsï xàv à7ioaTEtXavTa [ie. Dans le Dialogue avec Tryphon, 103, 6, la voix, venue du ciel au baptême de Jésus, disait : Tîdç jxot» si <j<j, iyw tri^epov ytyévvqx.â. ers, selon qu'il est écrit dans les Mémoires des apôtres, dit saint Justin. Or, cette parole rapportée par les trois synoptiques, n'est pas conforme à celle-ci, laquelle se retrouve dans le codex de Bèze, Le, 111, 22, dans les. vieux latins abc ff2 i, dans plusieurs écrivains ecclésiastiques, Clément d'Alexandrie, Lactance, saint Augustin. Dans la première Apol. 16, saint Justin cite de la façon suivante les paroles du Seigneur, Mt, Vil, 22 : rioÀÀoî Ss spoùdi [xoi' Kùpis,Kôpt6,oÙTÔi ffâi ovdfjtotTi ècpayoïxsv xat iit(oy.tt xaiSuvctfisiç ÈTtotviffa(xev ; qui ne reproduisent pas le texte de nos éditions, mais celui de la syriaque Curetonienne.

Il serait possible de citer encore d'autres passages des écrits de saint Justin, où son désaccord avec 1. m éditions de nos évangiles s explique par ce fait qu'il rapporte des leçons occidentales.

Après saint Justin nous rencontrons son disciple Tatien, qui composa son Diatessaron vers 170-175. Les critiques s'accordent à signaler dans cette œuvre des traces du texte occidental. Outre les rencontres minimes avec le texte occidental, mots, expressions, nous signalerons les suivantes : Me, XXV, 41 : Pour qui mon Père l'a préparé (le feu éternel). — Me, XXVI, 43 : Leurs yeux étaient alourdis de chagrin et d'anxiétr. — Le, II, 48 : Voici que moi et ton père, affligés et chagrins, nous allions de ci, de là et cherchions. — Le, XI, 52 : Vous avez caché (au lieu de enlevé) les clefs.

Un problème important a été posé, à savoir si les textes vieux latins et le codex de Bèze ne dépendraient pas du Diatessaron de Tatien. Nous aurons à l'étudier dans le détail quand nous analyserons le système

de von Soden. Signalons seulement le fait suivant.

Dans le codex de Bèze, au commencement de certaines péricopes , il y a un petit résumé des faits qui doit provenir d'une Harmonie tvangélique, que ce soit celle de Tatien ou celle d'un autre. Le fait se produit surtout dans Le, V, 17, 27; VII, 1, 18; IX, 37; X, 1, 25; XI, 14; XII, 1, mais on en retrouve des exemples dans Ut, XVII, 22, 24 ; XX, 29; dans Me, III, 19; IV, 1; VI, 7, etc.

Avant saint Justin et Tatien nous aurions dû citer Marcion. qui écrivit un peu avant eux, vers 150. Son texte était occidental, si nous en jugeons par les extraits que nous en ont laissés Tertullien et saint Epiphane. Mais ces écrivains et surtout le premier n'ont-ils pas cité les passages de Marcion dans la forme dont ils se servaient eux-mêmes? Or, Tertullien est, comme nous le verrons, un des témoins du texte occidental. Cependant, vivant à Rome, il est probable que Marcion a édité son texte du Nouveau . estament dans la forme occidentale et, par conséquent, que ce qui nous en reste a été fidèlement cité. Pour un certain nombre de textes, Marcion est d'ailleurs en accord avec plusieurs bons manuscrits, et c'est une question de savoir si ce n'est pas lui qui a parfois gardé le texte original. Il faut reconnaître cependant qu'il l'a quelquefois altéré pour le conformer à sa doctrine sur l'Ancien Testament et sur la justice de Dieu. Il supprime les citations de l'Ancien Testament et les allusions à Abraham, sauf dans Galates, IV, 22 ; il change, Iiom,X,3 : <xyvooïïvt£<; t^v toù 0eoî> Stxaioaûvïjv en dtyvoouvTeç tôv 6e<5v; il rejette, Gai. IV, 4, les expressions : yï vô(xevov èx fMwonxô^y Yev(\uievov "7t° v°nov- D'une façon raie, il abrège son texte pour le rendre plus clair.

Dans lis passages du texte de Marcion que Zalm a

rassemblés ', nous trouvons quelques traces du texte occidental. Et d'abord, il faut remarquer que, dans son évangile de Luc, il y a divers éléments empruntés à Matthieu et à Marc et qwe ce mélange de textes se retrouve précisément dans les témoins du texte occidental a.

Ainsi, il est en accord avec le codex de Bèze et les vieilles latines dans les passages suivants : Le, V, 14 34, 39; VI, 25s., 31, 37; VIII, 45; IX, 6, 16, 22;X, 22,' 25; XI, 20, 41; XII, 14, 31, 58 s.; XVI, 12; XVIII, 35; XX, 36; XXI, 27, 30; XXIV, 6, 26-27, 37. Dans Le, IX, 26, nous retrouvons la leçon syriacisante déjà signalée : tukô^o^ I»' aûtouç. Marcion omet, Le, XXIII, 43, la promesse du Seigneur au bon larron : Tu seras aujourd'hui avec moi dans le paradis. C'est dans la forme occidentale qu'il rapporte les accusations des sanhédrites contre Jésus, Le, XXII l. 2 :

ToîÎTOV gAg 7.6V St*(JTpECpOVTa TO ÉÔVOÇ X31 XaxaXÛOVT* TOV VOfAOV

xal Toùç7rpc^'iTa<;(xat?)xeX£ÛovTa (pdpo-jç (Kaîaapt?) ^ otodvai xai <XTro<JTp£<povT<x xà; yuvaïxaç xai Ta Ts'xva... Dans quelques passages cependant, Le, VI, 22, 29 ; XI, 4, Marcion n'est plus en accord avec les représentants du texte occidental. Il présente la seconde demande du Pater, Le, XI, 2, sous la forme assez singulière qu'on ne retrouve que dans le minuscule 604 : *EXeira> to élytov 7rv£Îi[X(x cou sep' Yjfxôfç xai xa8apicra-co %aç.

Pour les épîtres pauliniennes, Marcion s'accorde avec le codex Claromontanus D2 et le Boernerianus G3, tousdeux de type occidental, dans les passages suivants : Gai. II, 5; III, 14b; V, 1, 14, 24; I Cor. I, 1S; II Cor. V, 4; I Thess. IV, 16; Eph. I, 9, 13; III, 10; IV, 6; V, 28 ss.

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