Ta pSijJiaTa à èyîo Xéyw ufxïv et le reste du verset
Jn, XIV, 11 : IltffTEÛexé |aoi oti ifà) iv tw rca-rpi xa\ ô IlaTYjp iv l(xoi. — Jn, XVI, 3 : Kai Tauxa Ttonrçaouauv on otix lyvaxTav
TOV IlaTE'pa OltâÈ £(Jl£.
Ces très nombreuses omissions, non seulement de mots détachés, de particules, mais même de phrases entières ou de détails importants, peuvent être expliquées de deux manières différentes, suivant que l'on croira la Sinaïtique postérieure ou antérieure au Diatessaron. Il est impossible de supposer que ces omissions sont dues à la négligence des copistes : elles sont en trop grand nombre. On remarquera que les omissions les plus importantes dans les évangiles portent d'ordinaire, sauf dans le IVe évangile, sur des passages parallèles dans les évangiles ; les phrases ou membres de phrase qui sont absents d'un évangile se retrouvent dans un autre. Ne peut-on pas supposer que la version Sinaïtique a été influencée dans ces «unissions par le Diatess;iron ou une autre harmonie évangélique, dans laquelle ces passages parallèles n'étaient consignés qu'une fois? Pour les omissions qui s»; rcnconinuii dans le IV'' évangile, ce sont presque toujours des sentences, que l'on trouve en d'autres
passages de l'évangile, et qui peuvent s'expliquer par le fait du copiste qui n'a pas voulu répéter deux fois la même sentence. Cette hypothèse expliquerait par là même les nombreuses additions que nous avons relevées aussi dans la Sinaïtique.
Il resterait à expliquer les cas très nombreux où les vieilles versions syriaques sont en accord avec les autres témoins occidentaux, ce que nous essayerons plus loin. Le scribe n'a pas toujours su distinguer, dans le cas où il utilisait une Harmonie, ce qui appartenait à l'un ou à l'autre des évangélistes. D'ailleurs, sauf pour quelques-unes qui sont importantes, et doivent s'expliquer d'une autre façon, ces additions sont de style ou de correction grammaticale.
Si la Sinaïtique est antérieure à toute Harmonie évangélique, il faut expliquer autrement les faits. On suppose alors, comme A. Smith Lewis, que la Sinaïtique représente le texte original; ses omissions n'étaient pas dans ce texte. Dans cette hypothèse, ce sont les textes grecs, qui ont subsisté, qui auraient eu des additions, et voici comment on les explique. Lorsqu'un scribe était chargé par une famille ou une église de faire une copie d'un évangile, de saint Marc par exemple, et qu'il savait qu'on ne voulait qu'un exemplaire de la biographie du Seigneur, il était fortement tenté d'ajouter dans sa copie de saint Marc quelques détails pittoresques ou quelques paroles du Seigneur qu'il trouvait dans saint Matthieu et dans saint Luc et on ne peut lui reprocher d'avoir manqué son but, qui était tout d'édification. Cela expliquerait bien certaines omissions du texte primitif, mais non pas toutes. D'où serait venue au copiste grec la sentence du Seigneur si caractéristique : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font, Le, XXIII, 34? Cette parole est certainement authentique, car on la trouve dans les
codex neutres, x* AC, dans les syriens, LQX etc., dans les occidentaux, c e fft2, Vulgate, Curetonienne, chez les écrivains ecclésiastiques, Irénée, Origène, Eusèbe, etc. Mais comment a-t-elle pu être omise par la Sinaïtique, le codex de Bèze, ab, témoins occidentaux, et les codex neutres, Ka B? Quant aux transpositions de textes, elles s'expliquent facilement. Un premier copiste avait omis un membre de phrase ; pour ne pas le perdre, il l'a transcrit à la marge et a marqué sa place dans le texte par un petit signe, le repérant à la marge par un même signe. Le copiste suivant n'a pas compris ces signes, et a placé dans le texte le membre de phrase à une place qui n'était pas la sienne. Cette hypothèse ne nous paraît pas appelée à être acceptée par les spécialistes, car elle ne s'appuie que sur des conjectures.
Nous pouvons maintenant dégager nos conclusions sur l'homogénéité du texte occidental.
Si nous jetons un coup d'œil d'ensemble sur les constatations que nous avons relevées chez les divers témoins du texte occidental, nous remarquons qu'il n'y a pas accord entre ces témoins, même pour les variantes les plus importantes et, à plus forte raison, pour celles qui le sont moins ; les uns les acceptent, les autres les rejettent. Nous en devons conclure que ce texte n'est pas homogène ; le texte occidental n'est pas un. Ce sont des types de textes différents, qui ont été ruines sous une même appellation. Aucun d'entre eux ne peut être regardé comme le texte original, qu'on l'examine au point de vue interne ou externe. Il y a tout à la fois des additions et des omissions inexplicables; d'autre part, si Ton veut regarder la version Sinaïtique comme le représentant du texte original, il t'.iui supposer que les textes grecs, et môme les autres i «x tes occidentaux, oui été interpolés à un degré
inadmissible et, de plus, que si elle est appuyée quelquefois par les textes africains, elle ne l'est pas même toujours par la version congénère, la syriaque Curetonienne et encore moins par les autres versions syriaques; elle reste à peu près seule, ce qui au point de vue critique est une mauvaise position.
En réponse à la question posée nous devons donc affirmer qu'il existe au moins deux couches du texte occidental, séparées par des caractères tout à la fois communs et différents, et représentées d'un côté par les textes latins, de l'autre par les textes syriaques. S'il en est ainsi, nous sommes ramenés à la question primitive : quelle est l'origine du texte occidental?
§ 5. — Origine du texte occidental.
Nous ne pouvons admettre, avons-nous dit, que le texte occidental, dans son ensemble ou dans toute son étendue, soit primitif; cependant, il est possible que certaines de ses additions soient des paroles authentiques du Seigneur. Ainsi pourrait-il en être do la sentence qui lui est attribuée dans Le, VI, 4 : Homme (celui qui travaillait le jour du Sabbat), si tu sais ce que tu fais, tu es heureux; mais si tu ne le sais pas, tu es un maudit et un transgresseur de la loi; ou de celle-ci, Mt, XX, 28 : Cherchez de petit à devenir grand.
Pour les omissions du texte occidental, quelquesunes d'entre elles ont été reconnues primitives. Dans cette catégorie rentreraient toutes celles que Westcott- Hort tiennent pour des non-interpolations occidentales. Elles se trouvent principalement dans les derniers chapitres de Luc, sauf une dans Mt, XXVII, 49 : *AXXo; 8k Xocëwv Xov^t)v... a!j/.a; Luc. XXIV, 6 : Oox sstiv &8e àXkk ^Y^P®Y1? XXIV, 12 : 'O 8k IIsTpo; àvaaTaç... to ytyovôi;;
XXIV, 36 : Ka\ Xiy" aôxoiç- Elpiiv»| &txîv ; XXIV, 40 : Kai toûto e?7rwv eoeiçev oiÙtoîç -rà; y^eipaç xai toùç iroSa;; XXIV, 51 : Ka\ àv£cpsp£TO etç tov oôpavôv; XXIV, 52 : npoffxuwfaavTe; aù-cov. D'autres passages des évangiles pourraient aussi être tenus pour des non-interpolations occidentales : MtJX, 34; XXI, 44; Me, II, 22; XIV, 39; Le, V, 30; X, 41 sa.; Jn, III, 32; IV, 9, etc.1.
Malgré ces textes peut-être authentiques, il est difficile d'admettre que le texte des évangiles, tel que le donnent les textes occidentaux, soit le texte original. Mais ne pourrait-on pas admettre avec Blass que le texte occidental et le texte neutre des Actes et du IIIe évangile sont tous les deux authentiques, en ce sens qu'ils sont tous les deux l'œuvre de saint Luc? Son hypothèse mérite d'être exposée soigneusement, car elle n'est pas impossible en soi, puisqu'on connaît d'autres exemples d'ouvrages anciens, édités deux fois : la IIIe Philippique de Démosthène, la Chronique d'Apollodore. le Contra Marcionem de Tertullien, le De Martyriis Palest. d'Eusèbe, etc. Origène aurait même édité trois fois certaines de ses œuvres a.
Les premiers éditeurs du texte des Actes s'étaient déjà préoccupés des variantes qu'offrait le codex de Bèze. Un Hollandais, Jean Leclerc, avait émis cette idée que saint Luc avait donné deux éditions des Actes (ïtllcmsterhuis avait proposé une opinion analogue pour d'autres écrits du Nouveau Testament 3. Bornemann * soutint que le codex de Bèze fournissait le texte original. Hort, Lightfoot, Scrivener, Zahn se demandèrent aussi si Luc n'avait pas donné deux éditions des