I. Cf. WMTCOTT-HORT, op. cit. II, p
«. ci. Sbdi ut», i d. in kmiii, p 17-.!. Yioiinae, 188;;.
■i 1 1.. u . tiUnU uhrii, ,ui criiin .Vît. p. x. -1766. 4. Acta apo$toL ail eo&iciê Vanlabrigiensis /idem ita recensuit liormiiKinn, ui nunc iemum ditini Kftri ptimorëia «luotant, F
l 'union, 1H*8.
Actes. Cette hypothèse a été établie à l'aide de preuves nouvelles par Blass. 11 a donné une double édition des Actes et a restitué le texte occidental à l'aide non seulement du codex de Bèze, mais aussi des autres autorités de ce texte que nous allons citer. Il suppose qu'étant à Rome saint Luc écrivit, vers la fin de la captivité de saint Paul dans cette ville, le livre des Actes, tel que nous le possédons dans sa forme occidentale; plus tard, il le corrigea, retrancha tout ce qui était inutile et l'envoya à Théophile; ce second texte est celui que nous possédons dans les manuscrits de type neutre.
Cette hypothèse a été adoptée par des critiques de valeur : Driiseke, Zôckler, Nestlé, Belser. Haussleiter, Grafe, Zahn, Vogel, Weber, Salmon, Conybeare et rejetée par d'autres de non moindre valeur : Chase, Harris, Ramsay, Bousset, B. Weiss, Wendt, liarnack,' Schmiedel, H. Holtzmann, Gregory, Jiilicher, Corssen, von Dobschiitz, von Soden, Preuschen, Clemen, Coppieters, Pott, Ernst.
Avant d'aborder la discussion de l'hypothèse de Blass, rappelons quelle est la distribution des autorités en faveur de l'un ou de l'autre texte. Afin de faciliter l'exposition, nous appelons texte B le texte occidental et texte A le texte oriental, en ce sens qu'il est représenté par des témoins orientaux.
1° Forme occidentale ou Texte B. — a. Manuscrits grecs: Codex de Bèze, gréco-latin, du vie siècle, incomplet; manquent les passages : VIII, 59-X 14"- XXI, 3-10; XXI, 16-18; XXII, 11-20; XXII, 29 à la fin. Les lacunes sont pour la plupart comblées par le texte latin; le codex E, Laudianus, grec-latin du vie siècle ; les codex minuscules 137, xi« siècle, 58. Il est probable qu'on retrouvera encore des traces de ce texte dans les minuscules non collationnés.
b. Versions : le texte latin du codex de Bèze, où manquent : VIII, 10-X 4 ; XX, 31-XXI, 2, 7-10 ; XXII, 2-10, 20, jusqu'à la fin; le codex vieux latin, Floriacensis, palimpseste de Fleury, qui contient les parties suivantes des Actes : III, 2-IV, 18; V, 23-VII, 2; VII, 42-V1II, 2; IX, 42-VIII, 2; IX, 4-14; XIV, 523; XVII, 34-XVIII, 19 ; XXIII, 8-24; XXVII, 1-13 ; les codex de la Vulgate qui donnent le texte hiéronymien dans les autres livres du Nouveau Testament et le texte occidental dans les Actes : le Codex Gigas ; le codex Latin, 321, Paris, spécialement pour les ch. I-XIII; le codex Wernigerodensis, Za, 81; le codex latin, Paris, b et un Nouveau Testament provençal, édité par Clédat, Paris, 1887 ; la version égyptienne Sahidique ; la version syriaque Harkléenne, quelquefois dans le texte, d'autres fois à la marge. D'après Zahn, la version syriaque ancienne s'accorderait en plusieurs passages décisifs avec le codex de Bèze ; il en serait de même pour la syriaque Peschitto.
c. Ecrivains ecclésiastiques : Irénée, Tertullien, Cyprien, Pionius, Augustin, dans ses traités : Acta cuin Felice Manichaeo, I, 45 ; Liber contra epistolam Manichaeiy ch. IX; les commentaires dEphrem; la Catena arménienne; Jean Chrysostome.
2° Forme orientale ou Texte A. — a. Manuscrits grecs : Sinaiticus, Vaticanus, Alexandrinus, Ephraemi rescriptus, Mutinensis, Angelicus Romanus, Porphyrianus Chiovensis et le plus grand nombre des manuscrits minuscules.
b. Vêrsiottê : la Vulgate, la syriaque Philoxéuiciiiir. .-nitant du moins qu'on peut la dégager de l'Harkléenne, la version égyptienne Bohaïrique.
c, Eci ivains ecclitiastiqueê : Clément d'Alexandrie,
De, etc. Cette forme orientale des Actes est
celle que nous avons dans nos éditions du Nouveau Testament.
Nous avons déjà cité quelques-unes des particularités du texte occidental des Actes, p. 349, 351, 355^ nous en relèverons d'autres dans le cours delà discussion. Les différences textuelles entre les deux formes du texte des Actes sont trop nombreuses pour qu'on puisse les citer toutes; on compte pour le codex de Bèze plus de 400 additions au codex Vaticanus.
Citons les textes suivants afin qu'on puisse se rendre compte des différences qui existent entre les deux formes du texte des Actes. Nous citons le texte B, tel qu'il a été restitué par Blass.
A.i4c/es,III,ll:Kpatoûv- B. 'Exwopeuofu'vou 8È xou toç 8s «ôxo3 xov néxpov xal xov Iléxpou x«i 'Iwxvou, <rov6$S7to- 'Iwavr,v, cuvÉSpa^sv itaç ô Xaoç peuexo xpaxûv aùxoûç, oî c* Oajx- Trpoç «Cxou; fat x?) <txo5 xîj xa- Grflirnç êVr*]aav h (eVt) tîj axoa Xou(xe'vv) 2oXof*t5vToç *xô«{*6oi. xîj jMtXoupfcj 2oXofiSvo«.
IV, 15 : KsXeuaavxsç Si Tôt» auXXaXifcavxsç ixe'Xsucmv «ÔToùç^wToûffuviSpfouàiMXesTv IÇw xoù auveSpi'ou àTta^ÔTivai ffuvï'êaXXov TTpô; àXXvftou;. xôv IIsxpov xal'Ictfavip xal cuvs-
êaXXov îrpôç àXX^Xouç.
V, 39 : Eï 81 ex ©eou laxivoù Ei SE auxrj -f) gPoudfa éx 9eoiï Sovv^aôexaxaXîIffai aùxoû4-,p^ ÔeXifoiaxoç laxivoù SuvyjcreaOs TTOxe xa\ OeofActyoi e&peÔyjxe. xaxaXuaai «ùxouç, ouxe u(ueï;
00x6 paaiXeiç ouxe (xal) xupavvor <X7ré£i<j0e ouv (xtco xwv <xv0panrwv XOUXWV, {j^TTOXe xal 6sof*d/oi e&peôîjxe.
XlX,6:'EXaXouvxeYXwff<jai; 'EXaXouv xt Y^aaatçsxepai;, xal STrpo^xeuov. xal ijreYiWxov e'v Éauxo?; <$j<m
xal ipu.ï)vgu£iv aÙTà; sauToïç- xivèç os xal è7tpo«pi]xiuov.
Étant donnés ces faits et ceux que nous avons exposés plus haut à propos des évangiles, trois hypothèses sont possibles. 1° Le texte B est une modification du texte A par des altérations diverses, qu'elles soient le fait d'un ou de plusieurs interpolateurs. Nous reviendrons plus tard sur cette hypothèse. 2° Le texte B au contraire est le texte original qui aurait été corrigé, amélioré, abrégé surtout pour retrancher ce qui était inutile, par des recenseurs plus ou moins habiles. Le résultat de leur travail aurait été le texte A, lequel paraissant plus correct, d'une meilleure tenue littéraire, aurail été adopté et aurait peu à peu remplacé le texte B. 3° Ce travail de revision aurait été fait par saint Luc lui-même; c'est l'hypothèse de Blass qu'il appuie sur les observations suivantes.
On ne voit pas pourquoi un correcteur, autre que l'auteur lui-même, qui désirait améliorer son œuvre, aurait modifié le texte B pour en retrancher des faits qui en soi n'étaient pas tels qu'il était nécessaire de les supprimer. En second lieu, et cela est le plus important, les variantes du texte B offrent les mêmes caractères linguistiques que l'on relève dans la langue et le style de saint Luc et proviennent d'un témoin oculaire. Ainsi, XI, après le f 27, le codex D ajoute : ^v5IttoXX-)i &yaXki>x<Jiç' ffuvs<XTpatjit/.ÉvMv8s f|fAcov. Or, àyaMiacriç est un mot que, seul des évangélistes, Luc a employé. Il ne se trouve que cinq fois dans le Nouveau Testament : trois fois dans Hébreux et une fois dans Jude. Ch. XII, 3, le texte B présente une forme trop particulière pour n'être pas originale ; après ces mots : 'ISwv ( 'IlptôSri;) 8x\ àpe<TTÔv Iœtiv toï; 'looSafon;, le codex de Bète ajoute : ^ ÉTn^eipyjaiç atù-rou Ik\ touç 7rtffToôç, qui explique Faction dllérode. De plus, êuij(ï(pï)<n; ne se trouve 1 1 1 1 1 1 * ■ part dans lo Nouveau Testament, mais Le verbe i7«/itpéo), d'où dérive ce mot, a été employé
TEXTE DES IlMIIe SIÈCLES. S99
trois fois par saint Luc : Actes, IX, 29; XIX, 13; Le, I, 1.
Comme preuve de l'originalité du texte B, on peut citer aussi les passages où le texte A a abrégé le texte B : III, 1; IV, 1, 3, 24, 32; VII, 29; IX, 5-8; X, 23; XL 2; XIV, 2, 5, 8; XVI, 19; XVII, 12, 15; XXI, 39; XX11, 26 ; ceux où B contient des indications de temps, qui manquent dans A : XV, 30; XVI, 1; XVII, 9, Il XVIII, 19; XIX, 9; XX, 18; XXVII, 1 ; ceux qui dans B déterminent exactement des lieux, des circonstances ou des personnages dont il n'est pas parlé dans A : XI, 28; XII, 1, 10; XVI, 35; XVIII, 18, 27: XIX. 14; XX, 15; XXI, XXIV, 27; XXVIII, 16, 19, toutes corrections qui ont dû être faites par l'auteur pour perfectionner son travail.
Les preuves qu'a fournies Blass pour étayer son hypothèse ne paraissent pas suffisantes ; la principale objection est que l'on ne peut pas établir avec certitude le texte B. Blass4 et Hilgenfeld2 ont essayé de le restituer d'après les témoins que nous en avons; mais leur texte diffère sur un grand nombre de points et cela devait être, car les témoins ne s'accordent pas et présentent quelquefois des variantes différentes. Blass et Hilgenfeld ont adopté celles qui leur paraissaient les meilleures, et leur jugement n'a pas toujours été en accord. Certaines leçons du texte grec semblent être une traduction du texte latin. Contre l'identité d'expressions dans les textes A et B, qui prouveraient l'identité d'auteur, on remarque que B contient 64 mots dans les Actes et le IIIe évangile que ne connaît pas le texte A. Ce qui surtout ne permet pas de supposer que Luc est l'auteur de la recension B, c'est que celle-ci trahit
1. Acta Apostolorum secundum formant, quae videtur rom p. 1-95, Lipsiae, 1896.
•2. Acta Apostolorum, graece et latine, p. HKJ, Berlin, 1899.
sur certains points une origine tardive, vers 100-140. Gamaliel dit au Sanhédrin, V, 39 : Vous ne pourrez les détruire ni vous {ni les rois, ni les tyrans, B). Ces derniers mots ont été écrits après un temps de persécution. Enfin, on a déjà remarqué que les témoins du texte B ne présentent pas tous les mêmes variantes et ne les possèdent pas toutes non plus. Ne pourrait-on pas supposer que les recenseurs de ce texte ont été multiples? Toutes ces raisons excluentrhypothèse de Blass. Celle qu'il a émise sur le IIIe évangile, à savoir que saint Luc aurait écrit son évangile à Césarée et qu'il en aurait ensuite donné une seconde édition à Rome, ne paraît guère plausible. Le texte occidental du IIIe évangile est intimement lié avec celui de Matthieu et de Marc, avec lesquels il a des rapports d'influence ; tous ces textes réagissent les uns sur les autres, ce qui nous oblige à supposer qu'ils dépendent d'une même tradition textuelle.
Revenons aux Actes des apôtres. Que les variantes de B proviennent d'un témoin oculaire, cela pourrait s'expliquer par l'hypothèse de Pott {. Le recenseur de B se serait servi pour son travail des Acta Pauli, qui ont fourni le journal de voyage à l'éditeur du texte A . lequel avait abrégé ou modifié sa source. Cette hypothèse explique bien les modifications des derniers chapitres, mais ne rend pas compte de celles des douze premiers chapitres, qui sont aussi nombreuses et aussi importantes : I, 32; II, 45; III, 8, 11; IV, 18. 32; V, 22, 27, 39, etc.
Les observations qu'ont présentées Uamsay et Coppieters sur ce double texte des Actes paraissent avoir £onné de bonnes indications pour la solution du pro-
i. Dm QtondlàndUch* Texlder Apostelgesch. untl die Wir-QwilU,
blême. Si elles n'expliquent pas tous les faits, elles donnent la raison d'être de nombre d'entre eux.
Kamsay1 admet tout d'abord qu'en certains passages des Actes, XI, 20; XII, 25; XX, 4-6, le codex deBèze donne le texte authentique, mais il soutient qu'il adoucit le texte plutôt rude, qui est caractéristique de la langue de Luc2. Il est le travail d'un reviseur d'origine orientale, écrivant au n° siècle, lequel a corrigé les Actes pour les mettre en accord avec les circonstances de son temps ; il a introduit dans le texte des données exactes, mais étrangères à l'œuvre primitive*. Ainsi, Actes, XXI, 16, le texte n'est pas suffisamment explicite, et, de ce fait, il reste obscur; il est parlé de disciples de Césarée qui conduisirent Paul chez un certain Mnason, chez qui lui et ses compagnons devaient loger. Il semble que ce Mnason habitait Jérusalem, et que le voyage, par conséquent, eut lieu de Césarée à Jérusalem en un jour. Or, il y a 103 kilomètres de la première ville à la seconde, distance qui exigeait au moins deux jours de voyage. Le codex de Bèze décrit ce qui a dû se passer : (Les disciples de Césarée) nous conduisirent chez celui qui devait nous donner l'hospitalité, et arrivés dans une cité, nous fûmes chez Nason et, étant sortis de là, nous vînmes à Jérusalem4.
Ramsay cite encore d'autres passages qui prouvent que le correcteur connaissait bien l'Asie Mineure ; il n'en était pas de même pour l'Europe. Ch. XVI. 12, il affirme que la ville de Philippes était la tête, xty*\rt, de la Macédoine, ce qui est inexact : Philippes est la première de (son) district de la Macédoine, 7rpwT>] t9j< |ap£o<
i. St. Paul the Traveller and the roman Citizen, houdon, Wo, p. M.