‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 115 sur 156 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

TEXTE NÉOTESTAMENTAIRE DES IIIe-IVe SIECLES.

Dans Tétude précédente nous avons conduit l'histoire du texte du Nouveau Testament jusqu'à Origène. Nous avons même vu qu'en plusieurs passages de ses écrits il cite le texte occidental, mais que, d'ordinaire, il reproduit un texte de type neutre. Étant données ces constatations, nous pouvons établir la situation de la façon suivante. Au commencement du m'' siècle, le texte occidental était le texte cité dans toute l'étendue de l'Eglise chrétienne; cependant nous trouvons déjà dans Clément d'Alexandrie, mais surtout dans Origèhe de nombreuses citations du texte neutre. Un dilemme se pose. Est-ce que ce texte était un texte ancien, conservé à Alexandrie, et représentant le texte original dans sa pureté primitive, ou bien est-ce un texte provenant d'une revision des textes altérés, exécutée par Origène?

Noua savons qu'Origène avait fait sur l'Ancien Testament un travail de critique textuelle et l'on a cru, Hug en particulier, qu'une revision du texte néotestamentaire aurait <;t('! faite à Césarée par Pamphile et Buaèbe d'après les travaux d'Origène. Les critiques, Griesbach, Eichhorn, Hort, Martin, Nestlo, ont nié

qu'Origène ait fait une revision du Nouveau Testament. Origène d'ailleurs nous l'affirme lui-même. Parlant des mauvaises leçons que les copistes ont introduites dans le Nouveau Testament, et rappelant ses travaux sur le texte de l'Ancien Testament il ajoute : « In exemplaribus autem Novi Testamenti hoc ipsum me posse facere sine periculo non putavi * . »

Quelques indices feraient croire cependant qu'Origène avait exécuté un certain travail de revision sur le texte du Nouveau Testament. « Il circulait en Palestine dit le P. Durand 2, tout au moins depuis le milieu du iv« siècle, des copies du Nouveau Testament dites « exemplaires d'Origène ». Onpeutcroire qu'ils avaient été exécutés dans l'école deCésarée, représentée alors par saint Pamphile et Eusèbe, d'après un texte que le maître suivait dans ses commentaires. » En supposant que le fait soit exact, cela ne prouve pas qu'Origène ait eu un texte qui lui soit particulier, car, ainsi que nous l'avons déjà dit, ses citations sont loin d'être littérales; elles ne s'accordent pas entre elles et, enfin, les leçons discutées dans ses commentaires ne sont pas toujours en accord avec celles des manuscrits. Il y aurait lieu, en outre, de faire concorder les diverses leçons d'Origène, qui nous ont été conservées. Écrivant sur Mt, XXIV, 36, saint Jérôme affirme : « Inquibusdam latinisexemplaribusadditum est «nequefilius» quum in Graecis et maxime Adamantii (Origène) et Pierii exemplaribus hoc non habeatur additum, sed quia in nonnullis legitur, disserendum videtur. » Or. dans le commentaire latin d'Origène, ce passage est discuté longuement, ce qui prouve qu'il était dans son manuscrit et qu'il n'a pas dû l'omettre dans les autres

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