Op. cit. p
xoçivov xo7rp(wv. Il serait possible de citer d'autres passages où le codex de Bèze et les autres témoins du texte occidental paraissent donner un texte plus primitif.
De ces diverses constatations il résulte qu'au commencement du ive siècle les copies du Nouveau Testament, qui circulaient dans l'Église chrétienne, étaient assez différentes les unes des autres. Outre celles qui étaient pour ainsi dire officielles, à Antioche, en Egypte, en Occident, il y avait encore les copies exécutées hâtivement et sans soin par les particuliers, à la suite de la persécution de Dioclétien, qui avait ordonné la destruction des Livres saints.
L'empereur Constantin se préoccupa de cet état de choses et demanda à Eusèbe de faire exécuter cinquante exemplaires des saintes Écritures pour les églises de Constantinople. Il est à croire qu'Eusèbe a dû se servir pour ces copies des manuscrits de Pamphile de Césarée, qui avaient appartenu à Origène. Y a-t-il introduit des variantes? C'est ce qu'on ne peut affirmer. Si, comme on l'a dit, les manuscrits Sinaiticus et Vaticanus faisaient partie de ces manuscrits, copiés sous la surveillance d'Euscbe, on ne peut s'étonner qu'ils aient omis la finale de saint Marc, qu'Eusèbe déclarait non authentique. En tout cas, c'est à cette époque qu'ils ont été copiés. Ils paraissent avoir été connus de saint Jérôme.
Lorsqu'il revisa le texte latin du Nouveau Testament, saint Jérôme se servit des meilleurs manuscrits grecs, des antiqua exemplaria, comme il l'affirme. Mais est-ce seulement des exemplaires latins du Nouveau Testament qu'il a dit : « Magnus siquidem hic in nostris codicibus error inolevit, dum quod in eadem re iilius evangelista plus dixit, in alio, quam minus pntaverint, addiderant. Vol dum eumdcm sensum
alius aliter expressit, ille qui unum e quatuor primum legerat, ad ejus exemplum ceteros quique existimaverit emendandos. Unde accidit ut apud nos mixta sint omnia*. » Saint Jérôme, en divers passages, rejette des leçons parce qu'elles ne sont pas dans les exemplaires d'Adamantius (Origène) et de Pierius, ainsi que nous l'avons vu dans un texte cité précédemment; c'est donc que, de son temps, il existait des manuscrits grecs qui contenaient des leçons fautives.
D'autres écrivains ecclésiastiques ont eu, eux aussi, dans leurs discussions exégétiques à en appeler aux exemplaires corrects du Nouveau Testament. Saint Epiphane distingue dans une note sur Le, XIX, 41 ou XXII, 44, entre les copies non correctes, àotopôw-coi;, et celles dont se servent les orthodoxes. Il serait possible de citer d'autres textes analogues.
A partir du ve siècle l'histoire du texte du Nouveau Testament se prolonge par celle des manuscrits qui le contiennent. Nous avons déjà donné les dates des plus importants d'entre eux et en parlant des divers systèmes de critique textuelle nous dirons ce qu'en pensent les critiques, en particulier von Soden.
\. Praefrad Damasum.
DEUXIEME SECTION