‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 124 sur 156 · DE MILL A LA.CHMANN · texte numérisé non relu

DE MILL A LA.CHMANN

puis à donner un texte revisé du Nouveau Testament; enfin, il se décida à publier le texte des Elzevier, avec un apparat critique considérable, comportant les leçons de ses manuscrits, qu'il jugeait meilleures que celles du texte. En outre, il y joignait celles des autres manuscrits, des Pères, des versions anciennes et des éditions précédemment publiées. Au-dessous, sur deux colonnes, il rassembla tous les passages des auteurs classiques, chrétiens, juifs, qui se rapportaient plus ou moins au texte du Nouveau Testament.

Le premier, Wettstein cita les manuscrits, majuscules par des lettres, minuscules par des chiffre* Sa liste comprenait les lettres A-0 et les chiffres 1-112 pour les évangiles; A-G, 1-58 pour les Actes; A-Il. 1-60 pour Paul; AG, 1-28 pour l'Apocalypse; 1-24, Evangéliaires ; 1-4, Apôtre.

Wettstein corrigea le texte des Elzevier en cinq cents passages, presque tous de l'Apocalypse, tteuss n'a trouvé que neuf leçons qui soient particulières à Wettstein. Son hypothèse sur la valeur critique des manuscrits n'avait aucune valeur. Il soutenait que tous les anciens manuscrits avaient été corrompus par la version latine et que, par conséquent, les manuscrits récents, d'après lesquels on avait formé le Textus receptus, représentaient la tradition la plus authentique.

Johann Salomon Semler édita à nouveau, 1764, les Prolégomènes que Wettstein avait placés en tête de son édition du Nouveau Testament. Il avait adopté tout d'abord pour les manuscrits la classification de Bengel, dont il changeait seulement les titres : famille orientale, Asiatique de Bengel, issue de la recension de Lucien; famille occidentale, égypto-palestinienne, Africaine de Bengel, recension d'Origène Plus tard, 1767, il établit trois familles de textes :

1° alexandrins, dérivés d'Origène et qui se retrouvent dans les versions syriaques, coptes et éthiopiennes; 2° orientaux, en usage à Antioche et à Constantinople ; 3° Occidentaux qu'on trouve dans les versions latines et dans les Pères d'Occident.

En 1774-1775, J. J. Griesbach, 1745-1812, publia sa première édition du Nouveau Testament, mais nous renvoyons à plus tard d'exposer son système de critique textuelle, car il dépend des travaux de ses contemporains, qu'il faut exposer auparavant.

Entre 1782 et 1788, Christian Friedrich Matthaei, 1744-1811, publia un Nouveau Testament grec en douze parties. Son texte est de valeur critique assez infime, car il était basé sur des manuscrits de date récente, mais l'apparat critique est précieux. Matthaei, professeur à Moscou, a collationné des manuscrits de cette ville et d'autres à Pultava, à Dresde, à Leipzig et à Gôttingen. Il a ainsi fait connaître 57 nouveaux manuscrits dont on trouvera les désignations dans Gregory '. Tous ces manuscrits sont en minuscules, sauf V et O. Matthaei a collationné aussi 34 manuscrits des Homélies de saint Jean Chrysostome sur les évangiles et sur les épîtres de saint Paul. Dans une 2e édition de son Nouveau Testament, 1803-1807, Matthaei adonné les variantes d'autres manuscrits : 11 pour les évangiles, 4 pour les Actes, 4 pour les épîtres catholiques, 4 pour les épîtres pauliniennes, 8 pour l'Apocalypse. Il avait préparé une .mire édition pour laquelle il avait rassemblé les leçons de 24 autres manuscrits. Gregory rend à Matthaei ce témoignage que ses collations sur les manuscrits «lu Nouveau Testament et de saint Jean Chrysostome sont très bonnes.

i. pp. 'ii. i

DE MILL A LACHMANN. 433

Le Jésuite Karl Alter, 1749-1804, procéda d'une autre façon dans son édition du Nouveau Testament Il publia intégralement en 1786 le texte d'un manuscrit de la Bibliothèque impériale de Vienne, coté 218 pour les évangiles, 65 pour les Actes, 57 pour Paul. 33 pour l'Apocalypse, von Soden, S300. En appendice, il donna les variantes de 20 manuscrits grecs, dé 2 latins, de 4 slaves et de la version copte.

Trois professeurs danois, Adler, Moldenhauei .1 Birch, furent envoyés par le roi de Danemark pour collationner les variantes des manuscrits d'Italie, d'Allemagne et d'Espagne. Le résultat de ces recherches fut publié en 1788 par Andréas Birch, 1758-18 qui édita à nouveau le Nouveau Testament de Robert Estienne, 1550, en y joignant les leçons de 191 manuscrits des Bibliothèques du Vatican, Barberini, Laurentienne, de Vienne, de l'Escurial, de Venise,' de Florence, etc.', des versions syriaques. Parmi les manuscrits les plus remarquables citons le Vaticanus, les codex S T U pour les évangiles, L pour les Actes et Paul.

Outre la publication intégrale faite par Alter d'un manuscrit du Nouveau Testament, il y en avait eu d'autres : Hearne publia, en 1715, le codex Laudianus, t. ; Knittel, en 1762, les palimpsestes P et Q de Wolfenbûttel ; Woide, en 1786, le Nouveau Testament du codex Alexandrinus, A; Giorgi, en 1789, les fragments graeco-sahidiques, T=>; Matthaei, en 1791 le codex Boernerianus, G 3; Kipling, en 1793,1e codex de Beze, D.

Griesbach avait donc à sa disposition de nombreux matériaux pour élaborer son système de critique textuel, base d ailleurs sur celui de Semler. En 1796,

i. On trouvera la liste dans Grecory, op. cit. ,,. wi

43i HISTOIRE DU TEXTE IMPRIME.

il publia le premier volume d'un Nouveau Testament grec et, en 1806, le deuxième; en 1805, il en donna une editio minor qui, d'après Gregory1, représente son jugement mûri. Il avait utilisé de nombreux manuscrits, majuscules et minuscules, des versions, des écrivains ecclésiastiques, principalement Clément d'Alexandrie et Origène2. Son texte était celui des Elzevier, avec de nombreuses différences. D'après Reuss 3, sur 1000 passages choisis il s'accordait 648 fois avec le texte des Elzevier, 293 fois avec d'autres éditions et 59 fois il avait des leçons particulières. Dans l'editio minor il avait quatre leçons nouvelles. Son apparat critique était celui de Wettstein avec les corrections et les additions, fruit de ses propres collations des manuscrits. Outre l'apparat critique, il donne une liste de passages choisis, accompagnés de symboles, fixant leur plus ou moins grande valeur.

.Marchant à la suite de Bengel et de Semler, Griosbach reconnut que les documents se rangeaient naturellement en familles. Il en avait admis d'abord trois ou quatre, puis il les avait restreintes à deux pour les épîtres pauliniennes : l'Alexandrine et l'Occidentale. En 1777, il rangea les manuscrits des évangiles en trois recensions :

1' L'Alexandrine qu'on retrouve dans les manuscrits C L K, 1 13 33 69 etc., dans les versions égyptiennes, éthiopiennes, arméniennes, syriaques récentes, les écrivains ecclésiastiques, Clément d'Alexandrie, Origène, Eusèbe, etc.;

2" L'Occidentale que nous ont conservée les manuscrits 1), I 13 69, en partie, les manuscrits de la vieille latine et les Pères occidentaux;

op, i ii. p, 6 ',.. cit. p. ru*.

DE MILL A LACHMANN. 435

3° La Byzantine qui engloberait tous les autres manuscrits, en particulier le majuscule A, qui rentrerait dans la famille byzantine pour les évangiles, dans l'Alexandrine pour les épîtres de saint Paul et dans l'occidentale pour les Actes et les épîtres catholiques. La grande majorité des versions et des écrivains ecclésiastiques représenterait aussi la famille byzantine.

Comme principe pour le choix des variantes, Griesbach avait posé cette règle que, caeteris paribus, l'accord de deux familles pour une leçon devait faire accepter cette variante. Mais comme les familles alexandrine et occidentale s'accordent d'ordinaire contre la Byzantine, il s'ensuivait que le témoignage de celle-ci était réduit à néant. Dans le texte qu'il a édité, Griesbach n'a pas poussé son principe à ses dernières conséquences, et cela d'autant moins qu'il reproduisait un texte d'origine byzantine et qu'en outre il a tenu compte des caractères internes des variantes.

Pour rester dans l'ordre chronologique nous devons parler ici de Léonard llug, bien qu'il n'ait publié aucune édition du Nouveau Testament, parce que le premier il a émis une hypothèse sur l'histoire du texte du Nouveau Testament d'où il a déduit une classification des documents.

Hug, 1765-1846, pense que, de l'origine au milieu du me siècle, les textes non surveillés dégénérèrent rapidement et aboutirent aux textes communément nommés occidentaux. Hug appelle cette forme du texte xoiv>i ex&oai;, édition commune. Vers le milieu du 111e siècle, cette édition fut revisée en Palestine par Origène , revision que saint Jérôme adopta; en Egypte, par Hesychius et en Syrie par Lucien, prêtre d'Antioche. revisions que saint Jérôme condamna et auxquelles

fait peut-être allusion le décret de Damase-Gélase cité précédemment.

Voici la classification des documents telle que l'a fixée Hug * .

Page 1