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Les travaux de Tischendorf sur les autres autorités du Nouveau Testament sont moins considérables. Il a découvert plusieurs manuscrits minuscules : le Codex Lipsiensis, un codex de Matthieu et Marc, un autre des
i. Novum Testamentum graece recensuit C. Tischendorf, vol. II, Prolegomena, p. 31, Leipzig, 1884.
quatre évangiles, tous deux à Saint-Pétersbourg, le codex 61 des Actes au British Muséum II a édité les manuscrits vieux latins d eeT eact guelf Je, le codex Amiatinus de la Vulgate, et a collationné avec soin les variantes des vieilles versions et des écrivains ecclésiastiques.
Tischendorf a publié huit éditions du Nouveau Testament. On ne peut pas dire qu'il a été un éditeur conséquent avec lui-même : le texte qu'il éditait représentait les autorités qu'il venait d'étudier. Il ne suivait pas des principes fixes de critique; aussi ses éditions diffèrent-elles profondément entre elles.
Dans sa première édition du Nouveau Testament grec, publiée à Leipzig, en 1841, sur 1000 passages choisis, il s'accorde, d'après Reuss1, 280 fois avec le Texte reçu, 269 fois avec Griesbach, 735 fois avec Lachmann et donne 35 leçons nouvelles.
La seconde édition, publiée à Paris, en 1842, reproduit à peu près la précédente sauf en quelques passages des évangiles. Sur 1000 passages, Reuss en compte 50 où cette édition diffère de la précédente et 12 qui sont des leçons nouvelles.
Dans la troisième édition, publiée aussi à Paris, en 1842, le texte grec est mis en accord dans la mesure du possible avec le texte de la Vulgate.
La quatrième édition, 1849, Leipzig, a plus de valeur critique que les précédentes. Elle relève de bonnes leçons attestées par les meilleurs manuscrits. Sur 1000 passages Reuss 2 compte qu'en 352 passages elle s'accorde avec les Hlzevier, en 622 avec Griesbach, en 655 avec Lachmann, en 212 avec Lachmann contre les Elzevier et Griesbach. Jl compte neuf leçons
i. op. du ,
J. Op. ni. p
nouvelles. Cette édition diffère de la première en 183 passages et de la seconde en 201 passages.
La cinquième édition, Leipzig, 1850, fut une édition stéréotypée, conforme à la précédente. Elle a été rééditée plusieurs fois. La sixième, Leipzig, 1854, fut une édition triglotte, grec-latin-allemand.
En 1859, Tischendorf publia à Leipzig une septième édition dans laquelle le texte se rapproche beaucoup du Texte reçu. Elle est en deux formats, major et minor; la première contient un riche apparat critique. Sur 1000 passages, lieuss * compte 395 passages où Tischendorf s'accorde avec les Elzevier, 071 avec Griesbach, 662 avec Lachmann. Il ne donne aucune leçon nouvelle. D'après Scrivener, si Ton compare cette édition avec celle de 1849, il y aurait 1.296 passages différents parmi lesquels 595 reproduisent le Texte reçu. On constatera donc que Tischendorf se rapprochait de plus en plus du Texte reçu.
La découverte que fit Tischendorf du codex Sinaiticus va changer les choses de fond en comble. 11 crut possible de rétablir, à laide du Sinaiticus et d'autres témoins anciens, le texte du n8 siècle. La nouvelle édition, la huitième, Leipzig, 1869, 1872, différa de la septième en 3.369 passages d'après Scrivener, en 3.572 d'après Gregory. Tischendorf adopte les leçons du Sinaiticus seul en 145 passages; il l'abandonne dans 120. Il accepte les leçons du Vaticanus seul en 14, et l'abandonne en 956 passages.
Voici, d'après Gregory2, les autorités sur lesquelles Tischendorf s'appuie de préférence : pour les évangiles, dans Matthieu, il combine n* B, n B D, n D, n B L, m, N B C, x B D L; dans Marc, xBLd, m, m B L, M D,
t. Op. cil. p. 283.
2. Prolegomena, vol. III du Novum Testamentum graecc de Tix w.n dohf, éd. oclava major, p. 28C.
n B, n B C L ; dans Luc, a B L, K B.nBD L, m D, x B D, s B L S et souvent nBLDS; dans Jean, n D, x, n B, k B L.
Cette huitième édition du Nouveau Testament grec' était accompagnée d'un riche apparat critique, dans lequel ïischendorf avait rassemblé toutes les variantes que lui ou ses prédécesseurs avaient relevées dans les manuscrits, les versions et les écrivains ecclésiastiques. Gregory y ajouta un volume de Prolégomènes, qui est un véritable traité de critique textuelle.
Les principes de critique textuelle do Tischendorf n'avaient donc rien de stable. Il n'avait aucune confiance dans les classifications des manuscrits, dressées par les critiques ses prédécesseurs et professait que leur histoire du texte et leurs hypothèses sur l'origine des manuscrits étaient plutôt une vue de l'esprit qu'un résultat des documents primitifs. Il tenait cependant pour possible la classification des autorités en alexandrine et latine d'une part et en asiatique et byzantine de l'autre. Cependant, la valeur d'un manuscrit ne dépendait pas de la classe dans laquelle on le rangeait, mais était constituée par la bonté et l'antiquité du texte que reproduisait ce manuscrit.
Voici comment il avait classé les manuscrits majuscules 2 :
A. — Forme la plus ancienne du texte, la plupart du temps de couleur alexandrine, mais avec des différences nombreuses.
B. — Forme récente du texte, de couleur la plupart du temps asiatique.
•um Tettamentum prosesad antlqnisslmos testes denuo reeensuit. apparatum critlcum apposait Constantinai Hschmoorf, Leipzig, », 18--2. Prolegomma scripsll C. it. OstoonT, Lelpxif, ix^'..
Evangiles.
A. — De premier ordre : n B C D nb L PQR Tsbc X Z A (surtout dans Marc) 0f« 2.
De second ordre : Fa N O Wa"<= [Wde] Y eal)Cf [2J.
B. — De premier ordre : E K M Y A II 9h. De second ordre : F G H S U V.
Actes des apôtres etépîtres catholiques.
A. — k A B C D I E G et P dans les ép. cath. sauf I Pierre.
B. — H K L et X dans les Actes et I Pierre.
Epîtres pauliniennes.
A. — x A B C II 1 O Q D F G M P.
Apocalypse.
A. — nACPB.
A la même époque que Tischendorf, Samuel Prideaux Tregelles travaillait aussi à l'établissement d'un texte du Nouveau Testament qui, dans sa pensée, devait remplacer le Texte reçu. Il voulait le constituer d'après les plus anciens et les meilleurs manuscrits. Pour rassembler ses matériaux, il visita les bibliothèques de Londres, Leicester, Dublin, Rome, Florence, Venise, Paris, Dresde, Leipzig, etc. Son travail a été considérable. Il a collationné pour les évangiles les manuscrits E G H 1° K M R U X Z T A, 1 33 69, la syriaque Curetonienne ; pour les Actes, H L, 13 13 61 ; pour les épîtres de saint Paul, D F L M, 17 37 47 ; pour l'Apocalypse, 1 14. Il vit à Rome le Vaticanus, mais il ne put obtenir la permission de le collationner. Il publia
le manuscrit 2, codex Zacynthius. et le fragment O.
Tregelles publia son édition du Nouveau Testament en six fascicules, de 1857 à 1872 *. Il y avait joint la version de saint Jérôme d'après le codex Amiatinus et l'avait accompagnée des variantes dues à ses collations ou à celles des critiques précédents. Outre les variantes des manuscrits grecs, il avait donné celles des versions syriaques, égyptiennes, éthiopiennes, arméniennes et des citations des écrivains grecs jusqu'à Eusèbe, principalement Origène et Eusèbe, des écrivains latins. Tertullien, Cyprien, Hilaire, Lucifer, Primasius. Son texte se rapprochait assez sensiblement de celui de Lachmann et de Tischendorf. Cependant, il avait publié ses évangiles avant que Tischendorf n'eût édité le Sinaiticus et avant ses collations sur le Vaticanus, de sorte que, probablement, s'il avait connu ces publications, son texte se rapprocherait davantage de celui de la huitième édition de Tischendorf.
Tregelles2 a raconté en détail les discussions sur l'histoire des recensions anciennes des textes. Il a nié qu'on pût distinguer nettement les familles de textes. Il pense cependant que Ton peut, d'une manière générale, les classer en deux familles, l'alexandrine et la constantinopolitaine, et aussi séparer de la première les manuscrits occidentaux. Ainsi, pour les épîtres de saint Paul il distingue les alexandrins ABC des occidentaux D G. Pour les évangiles il groupe ainsi les manuscrits :
1. TA p Tettatltent, »'«1 i i <•<! lYmn aOClnl aulhorllics; with
|hl \ ai k>U ri àdlOgl "i ;ill ancii'iil MSS. tlic .uicicnl \cimoiis, aiid othcr
cccieilastirai writen to Eiuebim Inclusive) ; together with tire Latin i <>i Jérôme, from the codex Amtathraa of lire *i\tii Gentnry,
i, Londoo;t* édition, coaieoaal seul en( ie i>'\i<\ Loadon,1884.
introduction to tht Uatual eritieinn <>/' tht New resta ment,
i ondoo
Oecidentaux Alexandrins Constantinopolitains
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