‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 13 sur 156 · Op. cit. p · texte numérisé non relu

Op. cit. p

t. Voir des spécimens dans Maunde Thompson, op. cit., p. 133.

3. U semble plus probable à Oom Chapinan que les Livres saints étaient presque toujours écrits par un professionnel, les chrétiens grecs étant très nombreux, il y avait évidemment en vente des » éditions » delà Bible. Et même une copie faite isolement pour un particulier aurait été écrite par un esclave ou libertus • professionnel >.

des lettres ou des livres destinés à la lecture publique. Cela nous induit à croire que l'écriture non littéraire devait se rapprocher beaucoup de la littéraire. Kenyon croit que le papyrus 135 du British Muséum, du dernier quart du Ier siècle, contenant le discours De Pace d'Isocrate et le papyrus 131 de la même collection, écrit en 90-100, et contenant le traité d'Aristote 'A8rr vai'tov IIoXiTEia, nous offrent des exemplaires de l'écriture des livres du Nouveau Testament. Quant aux copies, s'il y en a eu d'exécutées par des scribes pour l'usage des églises, il y en eut beaucoup plus de faites par des particuliers, qui les transcrivaient dans la forme non littéraire. Ne pourrait-on pas expliquer certaines variantes des écrits néotestamentaires par les caractères de cette écriture? Ce travail sera probablement exécuté quand nous posséderons un plus grand nombre de papyrus néotestamentaires, datant des quatre premiers siècles.

L'emploi du parchemin au lieu du papyrus a produit certains changements dans les caractères de l'écriture : le tracé est plus formé, les caractères plus nets et moins grêles. De plus, l'emploi du codex au lieu du rouleau permettait de moins serrer les lettres et de les faire plus grandes et plus belles que sur le papyrus. Le scribe d'un manuscrit en parchemin était un professionnel qui écrivait en lettres majuscules d'après le meilleur type littéraire des papyrus. Les plus anciens manuscrits en parchemin montrent une dépendance étroite avec les papyrus de la belle époque, ior siècle. L'écriture est petite, quoique plus grande que celle des meilleurs papyrus ; elle est disposée en colonnes étroites, trois ou quatre à la page et elle n'a aucune ornementation. 11 n'y a ni lettres capitales, ni accents.

Au v siècle, les caractères deviennent plus grands et les colonnes plus larges; il n'y en a plus que deux

ou même une à la page. Le commencement des paragraphes est marqué par des initiales élargies.

Au vie siècle, l'écriture est généralement plus lourde et plus épaisse, et aussi plus grande. Au vu* siècle, au lieu d'être droite et d'aplomb, elle a une tendance à pencher vers la droite, et aussi à être resserrée dans une forme plus ovale et en pointe. Cette tendance s'accroît aux vme et ixe siècles pour aboutir à des formes lourdes et angulaires. Au xc siècle, les lettres, de leur position à droite, reprennent la position verticale et plus tard sont plus arrondies. Après le m lieole, la période des manuscrits majuscules est close ',

La forme des lettres elle-même est différente suivant les époques. On trouvera dans Scrivener - une étude détaillée des différentes formes de lettres, très importante pour fixer la date des manuscrits. Voici quelques-uns des changements que signale Prat :i dans la forme des lettres. Dans les plus anciens manuscrits, ive siècle, les lettres élégantes et uniformes pourraient être presque toutes enfermées dans un carré. Au ve siècle, l'écriture reste belle et d'aspect agréable. La forme des lettres subit quelques modifications : G et C allongent les extrémités de leur segment de cercle et se terminent par des traits renforcés; la barre horizontale du M et du A dépasse de beaucoup les montants. Auvic siècle, les traits horizontaux du 1 1 et du A s'exagèrent. Au vnc siècle, les cercles des lettres £, 0, o> C se changent en ovales; d'autres lettres sont comprimées et allongées.

La période des manuscrits majuscules s'étend jusqu'au xe siècle, bien qu'on trouve des majuscules plus

1. Cf. Mainde Thompson, op. cit. p. 119-l.iS, avec de nombreux spéeiiuens de ces diverses écritures.

-2. Op. cit. t. I, p. .{3-40.

3. Manuscrits bibliques dans le Dictionnaire de la Bible de ftCOt ROUX, t. IV, col. 111, l'aris, 1908.

récents, surtout des lectionnaires. Mais, dès le ixe siècle, on trouve des manuscrits écrits en lettres minuscules. Ce n'est pas que déjà auparavant, en particulier pendant la période des papyrus, on n'ait pas des textes non littéraires, écrits dans une forme de lettres qu'on peut qualifier aussi de minuscules. L'emploi de ces minuscules a dû continuer pour les documents d'affaires, les lettres privées. Lorsque les Livres saints se répandirent davantage dans le peuple chrétien, on sentit la nécessité de les transcrire dans une écriture plus rapide et surtout exigeant moins d'espace que la majuscule. On adopta donc pour la transcription de ces livres l'écriture courante, mais en soignant davantage la forme de la copie. Quelques lettres, (3, e, 6, t, x, X, p, t, cp, ^, +> w* gardèrent à peu près dans cette écriture les formes de la majuscule. D'autres, y, o, Ç, [a, Ç, <r, u, sont différentes. En outre, les lettres sont unies par des ligatures de sorte que les mots peuvent être écrits sans relever la plume, ce qui a fait donner quelquefois à cette écriture le nom de cursive : mauvaise dénomination, puisque toute écriture minuscule n'est pas cursive et que l'écriture majuscule admettait aussi des ligatures, faits qu'on peut relever dans les papyrus.

Maunde Thoinpon a divisé les manuscrits minuscules en quatre classes : 1° les codices vetustissimi. qui vont du ixe siècle au milieu du \e ; 2° les codices vetusti, du milieu du xe siècle au milieu du xrue ; 3° les codices recenliores, du milieu du xme siècle au milieu du xvn; 4° les codices novelli qui embrassent tous 1rs manuscrits de date postérieure. Il donne les caractère paléographiques et des spécimens de chacune de ces classes '.

i.Op. Cit. i>. IM IM.

Manuscrits latins. — D'après Prou ' le type de l'écriture majuscule est la capitale dont il distingue deux espèces : la capitale carrée et la capitale rustique. On possède plusieurs manuscrits d'oeuvres classiques écrits dans ces formes d'écriture. Comme codex biblique on cite seulement le Psautier d'Utrecht écrit en capitales rustiques mêlées d'onciales. La lettre capitale resta employée dans les titres.

Concurremment à l'écriture capitale des livres, il y avait pour les lettres, les actes et les documents une capitale cursive, caractérisée par des formes particulières, déterminées par le désir d'écrire vite. L'écriture majuscule tendait à la minuscule.

L'écriture, que les paléographes ont appelée <>noiale, se distingue de la capitale par la forme des lettres, dont les hastes se courbent et les angles s'arrondissent; elle dérive de la capitale cursive. Nous en avons de beaux spécimens dans le codex Vercellensis, le Fuldensis, dans l'Amiatinus et dans les codex gréco-latins de Bèze, Claromontanus , Laudianus.

L'écriture semi-onciale ou demi-onciale diffère de la précédente par la présence de quelques lettres minuscules, b, d, c, m, surtout r, s, parmi les onciales. Elle fut employée, principalement, parles moines irlandais, pour la transcription des Livres saints, sous deux formes : une grosse semi-onciale ronde, aux traits épais et aux hastes courtes, et une écriture pointue plus petite et plus cursive, laquelle n'est qu'une modification de la précédente. La semi-onciale ronde disparut au cours du ix* siècle, tandis que l'écriture pointue persista plus longtemps. Nous avons un grand nombre de codex bibliques de cette écriture; un fragment des

l. Manuel de paléographie latine et française, p. 4t.

évangiles à la bibliothèque de Trinity Collège, Dublin ; la copie des évangiles dénommés « Book of Kells » , les évangiles de Macregol, etc.

Des lettres minuscules s'étaient introduites dans la capitale cursive ; ces formes minuscules se multiplièrent et donnèrent naissance à une minuscule cursive. Elle est différente suivant les régions. On distingue l'écriture lombardique, mérovingienne, wisigothique, irlandaise et anglo-saxonne. De toutes ces écritures nous avons de beaux manuscrits bibliques : le Cavensis, en écriture lombardique, le Complutensis, le Legionensis, le Toletanus, en wisigothique.

Au ixe siècle, dans l'école de Tours, sous l'influence d'Alcuin, on employa la demi-onciale, mais surtout on rénova l'écriture minuscule ; on abandonna la minuscule mérovingienne d'un aspect désagréable et d'une lecture difficile, et l'on adopta une nouvelle, écriture, élégante et simple, que l'on appelle la minuscule Caroline. Cette écriture, dit Prat, supplanta graduellement les écritures nationales dans les divers pays de l'Europe. Elle ne cessa pas d'évoluer jusqu'à devenir, après une transformation complète, cette écriture gothique, serrée, compacte, remplie de liaisons et d'abréviations que nous présentent les manuscrits du xiii" siècle *.

On trouvera dans Prou2, dans Châtelain ;> et dans Maunde Thompson4 une description et des spécimens de ces diverses écritures. Les caractères de l'écriture sont très importants pour la fixation de la date des manuscrits.

i. Diction, d$ lu BibU, i. iv, col. <m.

Parti, HK)i.

i. Op. cit. i

$ 5. — Formes du texte des manuscrits.

Texte continu. — Le texte des anciens manuscrits majuscules était écrit sans séparation des mots ; il en fut ainsi jusqu'au ixe siècle. Et même quand les scribes commencèrent à séparer les mots, ils continuèrent à unir les mots courts au mot suivant, comme par exemple les prépositions au mot qu'elles commandaient. C'est à peine avant le xie siècle, qu'on sépara les mots dans les manuscrits latins. Dans les manuscrits grecs, on n'arriva jamais à séparer exactement les mots '.

Dans les manuscrits minuscules on sépara dès l'abord quelques mots, puis presque tous, sauf poulies prépositions qui restèrent attachées aux mots qui les suivaient.

Pour gagner de la place et pour éviter la division d'un mot, les dernières lettres de la ligne étaient écrites en plus petits caractères. Lorsqu'on coupait un mot à la iin de la ligne, on écrivait une syllabe complète, excepté pour les mots composés ou pour les préposit ions . où la consonne du préfixe était reportée à la ligne suivante : xa-teïSov, xa-T6(xou. La barre de liaison à la fin de la ligne ou hyphen était inconnue aux premiers siècles; elle était remplacée par un point. Au xie siècle, elle apparaît sur quelques manuscrits; au xu°, elle devient l'usage ordinaire et elle est môme répétée au commencement de la ligne suivante.

$6. —Signes divers dans les manuscrits.

Paragraphes. — Dès l'antiquité, on employa une barre de séparation, TcapaYpatpo;, pour indiquer la fin d'un paragraphe ; il y eut d'autres signes de séparation :

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