‹ Le Nouveau Testament dans l'Église ChrétienneChapitre 130 sur 156 · I. "/'• cit. p · texte numérisé non relu

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Additions occidentales

Texte-occidental ,0 çle

Kon interpolations occidentales

Texte alexandrin .C L

Texte syrien EGHKTI <■ te ,

Ce système de critique textuelle a été vivement attaqué par Burgon, Scrivcner, Cook, Salmon et Miller en Angleterre et par Paulin Martin, en France. Miller, se basant sur les recherches de Burgon, a édifié tout un système en opposition à celui de Westcott-Hort.

Système de Burgon-Miller. — Pour éviter tout malentendu, disons tout d'abord que le texte que Burgon-Miller opposent au texte de Westcott-Hort, qu'ils appellent « the neologian », par opposition à celui qu'ils soutiennent et qu'ils nomment « the traditional ». n'est pas simplement le Texte reçu, basé, on l'a vu. sur les éditions d'Érasme, de Robert Estienne et des Elzevier, et établi d'après des manuscrits minuscules récents. Ce texte traditionnel, qui n'a pas encore été édité d'une façon critique, est celui qui aurait les qualités que nous signalerons bientôt. Miller avait

promis de donner une édition critique des évangiles, établie d'après le texte traditionnel. Il a publié en 1899 un premier volume contenant le commentaire textuel des quatorze premiers chapitres de saint Matthieu, puis il est mort. 11 y a écrit en lettres espacées les mots qu'il a adoptés contre le Texte reçu. En fait, ils sont assez peu nombreux. L'intérêt principal de cette publication est la mise en œuvre des très nombreuses citations des écrivains ecclésiastiques qu'avait rassemblées Burgon pour étayer le texte traditionnel. Les portefeuilles de ce savant critique pourront être utilisés avec fruit quand on aura des éditions critiques des écrivains qu'il a cités.

Voici en résumé le système qu'ont présenté Burgon et Miller dans les deux volumes : Le Texte traditionnel des saints évangiles et Les causes de la corruption du texte traditionnel des saints évangiles* .

Le but de la critique textuelle étant de retrouver le texte original du Nouveau Testament, on atteindra ce but si l'on établit un texte qui aura pour lui : 1° d'être fondé sur le témoignage de la majorité des manuscrits, de famille diverse et d'origine différente et, à leur défaut, sur celui des versions anciennes ou des écrivains ecclésiastiques; 2° d'avoir la plus haute antiquité possible et d'y remonter sans solution de continuité : 3° de présenter des leçons conformes à la doctrine traditionnelle de l'Église.

( )r, 1° le texte neutre qu'ont adopté Westcott-Hort dans la majorité des cas pour l'établissement de leur texte du Nouveau Testament, n'a pas ces qualités. Il ne repose pas sur la variété des témoignages, puisqu'il n < si fourni que par un petit nombre do manuscrits, et quelquefois par deux seulement, ou même par un, le

i. Vuir p. v»<i la mention <!<■ mi <i«'u\ voliunni

Vaticanus. Il ne représente qu'une famille, puisque N Bdérivent d'un même archétype, etne remontent que jusqu'à l'école de Césarée, par conséquent ne représentent qu'une région limitée, l'Egypte et la Palestine. En outre, il lui manque la continuité entre l'origine et le ive siècle, date de son représentant autorisé, le Vaticanus. Enfin, ce texte a de nombreuses omissions et trahit en certains passages des tendances hérétiques. Une trop grande valeur a été attribuée au codex Vaticanus, soit parce qu'il venait du Vatican, soit à cause de son ancienneté. C'est, en réalité, un manuscrit très mauvais, à cause de ses fautes de copie et de ses omissions. Le même jugement est à porter sur le Sinaiticus, qui marche ordinairement de concert avec lui. C'estdans ces deux manuscrits qu'on trouve surtout des tendances ariennes, qui rappellent le temps où ils ont été écrits. Ainsi, dans//*, I, 18, les manuscrits s B ont [6] fjiovoYEvfo 0£o'ç, tandis que AC3 X etc. ont ô fxovoyevYic uWç. Dans Me, 1, 1, le Sinaiticus a supprimé «tau toù &ioZ; dans Jn, VI, 69, Pierre, répondant à Jésus, au lieu de : cù Cl 6 Xpis-rôçô uîo; toû 0eou Çwvto;, lui aurait dit : au eï ô (Slyio; toîî 0eoîî, d'après les manuscrits xBCDL. Miller ' cite encore d'autres exemples, où se montrent les tendances hérétiques et sceptiques de ces deux manuscrits.

Les corrections que ces deux manuscrits contiennent, sont d'ordre privé; leur texte a été corrigé d'après celui d'Origène. Or, si l'on en croit P. Martin, Origène ne se préoccupait pas de citer exactement les textes; citant de mémoire, il combinait les textes, ajoutait ou retranchait. Il en est résulté que jamais ces manuscrits ne sont entrés dans l'usage public et qu'étant défectueux, on les a laissés de côté et oubliés

i. The traditional Text of theUol y Gospels, p. 287.

dans quelque coin, ce qui explique comment ils ont été conservés.

Le texte neutre, concluent Burgon-Miller, est donc irrecevable, ou plutôt il n'existe pas.

Avant de continuer l'exposé du système de ces deux critiques, il est bon d'examiner le bien-fondé de leurs observations sur la valeur du texte neutre. Et d'abord, il serait peu critique de poser en principe que l'on doit toujours adopter la variante qui a pour elle des témoins différents, et rejeter celle qui n'est donnée que par un seul témoin. Ces témoins différents peuvent être mauvais et le témoin unique être bon. C'est sur cette valeur des témoins que Westcott-Hort et Burgon-Miller ne s'accordent pas. Observons que si Westcott-Hort ont attribué une valeur prépondérante au Vaticanus et Tischendorf au Sinaiticus, les critiques, sauf peut-être von Soden, dont nous verrons plus loin l'opinion, reconnaissent la bonté des leçons de ces deux manuscrits et les placent au premier rang, comme témoins du texte du Nouveau Testament. « La recevabilité intrinsèque de leurs leçons, dit le P. Durand ', suffirait à révéler leur excellence, indépendamment de toute considération d'ordre généalogique. »

Il est inexact de dire que le Vaticanus et le Sinaiticus ne forment qu'un seul témoin, car ils offrent souvent des leçons divergentes. On reconnaît qu'ils remontent à un archétype commun, mais leurs divergences prouvent qu'ils en sont séparés par de nombreuses copies. « Si leur conformité habituelle résultait dune assimilation méthodique, comment se fait-il qu'il ne soit pas venu à la pensée du correcteur d'harmoniser des passages qui étaient matière à controverse

l. A. bniANn, Le t ttamtnt, Êtudu, H nul UM1,

entre les catholiques et les hétérodoxes : Montanis; Ariens, Macédoniens? Je me borne ici à un exemple. Dans Jn, Vil, 39, B a irveu^oc à'yiov Seôojxs'vov, tandis que N porte seulement tv/sZ^v. La divergence n'est pas de celles qui s'expliquent par un accident *. »

En outre, le manuscrit Vaticanus n'est pas aussi isolé que le disent Burgon-Miller. Murray- adressé l'appareil critique d'un passage de Me, 1, 1-28, et il a constaté que dans ce passage le Vaticanus est soutenu 1!) l'ois par le Sinaiticus, 18 fois par L, 12 fois par le minuscule 33, 9 fois par D, 3 fois par C, 16 fois par les vieilles versions latines, 13 fois par la Bohaïriqut'. 2 fois par la syriaque Sinaïtique, 8 fois par Origène (lequel, il est vrai, soutient aussi la leçon opposée), 2 fois par I renée.

Observons aussi qu'il n'est nullement certain que le Vaticanus et le Sinaiticus soient originaires de l'Egypte ou de la Palestine. Hort croyait qu'ils avaient été écrits à Rome, et Ceriani dans la Grande-Grèce. Qu'il manque au texte neutre la continuité entre l'origine et le ive siècle, cela n'est pas démontré, et dépendra surtout de la question de savoir lequel des deux textes, le traditionnel ou le neutre, est appuyé par les écrivains ecclésiastiques anténicéens, ce que nous examinerons plus loin.

La majorité des critiques ne partagent pas l'opinion de Burgon-Miller sur la moindre valeur intrinsèque du Vaticanus. Si l'on y relève des omissions, c'est par rapport aux manuscrits récents, dont ces passages, omis par le Vaticanus, sont peut-être des additions. Un cas cependant où l'omission d'un passage serait intentionnelle est celui de la finale de Me, XVI, 9-20.

i. A. DlJKAND, ÎOC. cit. p. 309.

2. Textual criticism of N. T. dans Hastings, Dictionary of the Bible, Extra-Volume, p. 216, Edinburgh, 1904.

« La lacune du Vaticanus à la fin de saint Marc, dit le P. Durand1, se présente dans des conditions significatives, non seulement parce que ce codex est, avec le Sinaiticus,le seul des manuscrits onciaux à omettre ce passage, mais surtout parce que l'omission est certainement voulue. On a dit (Westcott-Hort, Swete) que le copiste du Vaticanus a reproduit exactement son exemplaire et qu'il a laissé un espace en blanc, capable de recevoir la péricope contestée, parce qu'il savait qu'elle figurait dans d' autres copies. Mais, dans ce cas, pourquoi a-t-il lui-même fait disparaître ce même passage du Sinaiticus? La précaution qu'il prend ici d'espacer les lettres à partir du verset 8, de manière que la transcription des deux derniers versets lui permette d'entamer la seconde colonne du codex, ne prouve pas quïl ait cherché à dissimuler son intervention ; le désir de ne pas laisser en blanc toute une colonne (car il ne voulait pas bouleverser la distribution des colonnes suivantes) suffît à expliquer cet expédient. Mais il y a là, tout au moins, une preuve tangible que l'omission a été délibérée. D'où il suit que H et n» ne reproduisent pas intégralement leur exemplaire, et cela, en vertu d'un calcul. Du reste, je ne prétends pas qu'en agissant de la sorte, le correcteur n'ait pas cru ramener sa copie à la teneur du texte original. Il ne faut pas perdre de vue qu'au témoignage d'Eusèbe2, son contemporain, la finale de saint Marc se lisait alors dans quelques manuscrits seulement, les exemplaires critiques, <xxptê9î,ne la portaient pas. » B. Wciss, qui aétudié avec soin le Vaticanus, conclut, comme nous le dirons plus loin, à son excellence. Murray3 porte le même jugement. Quant aux ten-

i. Art. cit. •'. mal I8ii,p. 806,

■irstiours ail Mmtnum, MAI, XovaPatrumBibliotficca, IV, p.48B. ■A. Art. ett, |>. tH.

(lances hérétiques du Vaticanus et du Sinaiticus, elles ne paraissent pas très fondées, puisque la plupart des textes allégués ont pour eux des écrivains ecclésiastiques hors de soupçon. Ainsi, 6 povoyev^c 0sôç, In, I, 18, est la leçon donnée par Basile, Grégoire de Nazianze, Cyrille d'Alexandrie, Épiphane et même, antérieurement à H B, par Irénée et Clément d'Alexandrie. Quant à la leçon ah d ô cfyoç toîî e«oÏÏ, au lieu de où il ô zp«ttÔ< 6 u'to; toS Beou, Jn, VI, 69, elle est si fortement appuyée par des manuscrits de type différent que Knabenbauer a déclaré quelle devait être proférée*.

On reconnaît que le texte neutre était le texte suivi à Alexandrie, vers le commencement du ine siècle, et Barnard * déclare qu'il est probable que ce texte est le résultat d'une revision du texte exécutée par les scholiastes alexandrins. Il ajoute que leurs conclusions méritaient toute confiance, étant donnée la valeur personnelle de ces hommes et le fait qu'à cette époque ils pouvaient connaître les leçons originales du texte. En tout cas, il n'est nullement prouvé que le texte du Vaticanus et du Sinaiticus ait été conformé à celui d'Origène. Dans un tableau qu'a dressé Hautsch3 des citations évangéliques d'Origène et de leurs rapports avec les manuscrits les plus importants du Nouveau Testament, nABD, les vieilles versions latines et syriaques, il résulte que n B s'accordent 33 fois avec Origène, mais en diffèrent 34 fois; 13 fois ils se séparent marchant l'un avec Origène, l'autre contre. Remarquons en passant qu'outre les leçons d'Origène soutenues parle codex D et d'autres manuscrits, il y a

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